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Micro-finance : le FAFCI désormais opérationnel

Une vue des bénéficiaires

Une vue des bénéficiaires

Le Fonds d’Appui aux femmes de Côte d’Ivoire (FAFCI), une initiative impulsée par la Première Dame Dominique Ouattara et présentée aux Ivoiriens le 14 décembre 2012 est dans sa phase pratique d’exécution. Celle-ci s’est matérialisée ce 11 mai par une cérémonie de remise de chèques aux femmes des communes de Yopougon et d’Abobo.

L’objectif clairement affiché par le FAFCI est d’aider ces femmes à lutter contre la pauvreté par la promotion d’activité génératrice de revenues. Le FAFCI est doté d’une enveloppe d’un milliard de f CFA et pour cette première opération de remise de chèques, se sont 1.100 femmes qui se sont « partagées » 113 millions de franc. Les chèques remis par Mme Dominique Ouattara (Première Dame) ont une valeur qui oscille entre 50 000 et 300 000 FCFA. Les bénéficiaires n’ont pas manqué de saluer l’initiative de la Première Dame et de la remercier pour ce geste qui marque un nouveau départ pour de nombreuses femmes. En retour Mme Dominique Ouattara s’est voulue claire :

« N’oubliez pas que la longévité du FAFCI dépend de vous, de votre capacité à faire prospérer votre activité et de votre capacité à rembourser vos prêts ; c’est en remboursant un peu un peu que vous pourrez avoir un prêt plus important , et que vos sœurs en situation difficile pourront elles aussi recevoir l’argent du FAFCI », a-t-elle indiqué.

La cérémonie qui se tenait à la Mairie d’Abobo a été rehaussée par la présence du Ministre Adama Tounkara, Maire de la commune d’Abobo et de Mme Kandia Camara, Ministre de l’éducation nationale et de la formation professionnelle. Lors de cette première cérémonie de remise de chèques dans le cadre du FAFCI, la Première Dame a aussi offert aux femmes des dons  en nature, notamment des congélateurs, des machines à coudre électrique sur pied, des casques de coiffure, ainsi que des vivres. Ces dons destinés aux femmes d’Abobo ont une valeur de 40 millions de francs CFA.

QUEEN Yelnamidjo

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Il n’y a pas de honte à apprendre et les femmes le savent

Les femmes sont les plus nombreuses dans les centres d’alphabétisation

Les femmes sont les plus nombreuses dans les centres d’alphabétisation

Il m’a été donné de constater que la plupart des auditeurs des centres d’alphabétisation de la capitale Ivoirienne étaient des femmes. La moyennes d’âge de ces apprenantes était pratiquement de 25 à 30 ans avec par endroit des femmes qui avaient déjà passé la quarantaine ! C’est avec une certaine passion et du respect que je les admirais répéter avec joie des syllabes les unes après les autres comme au cours élémentaire première année. Leur courage m’a permis de me poser une question : contrairement aux hommes pourquoi ont-elles décidé de revenir sur les bancs pour apprendre ? Quel sentiment peut bien pousser une femme malgré son âge avancé à accepter de renouer avec la lecture et l’écriture comme une gamine ? J’ai compris à la fin de mon périple que les femmes ont résolument donné un sens à l’expression il n’y a pas d’âge pour apprendre !

Sortir de l’obscurité à tout prix !

L’ambiance est plutôt bonne enfant dans ce centre d’alphabétisation de la coordination de Yopougon I (Abidjan). Dans cette salle de classe d’un autre style la plus jeune apprenante à 17 ans et la plus âgées en a 67 ! C’est vers cette dernière que nous nous tournons en premier : elle est commerçante et mère de huit enfants. Malgré ses charges professionnelles et ménagères elle trouve le temps chaque soir de venir apprendre à lire et écrire. « J’étais très dépendant des autres pour tout ce qui nécessitait la lecture ou l’écriture. Pour remplir un document administratif il fallait que je paye quelqu’un : 100 ou 200 f CFA. C’était difficile parce que vous n’avez plus aucun secret. Aujourd’hui je sais lire, écrire mon nom, remplir certains documents administratifs…Je ne le fais pas encore comme ceux qui ont eu la chance d’aller très jeune à l’école mais je me débrouille assez bien » nous dit Kouassi Claudine tout sourire. La mère de famille pour joindre l’acte à la parole se propose de nous faire une lecture. La voix de la femme âgée se métamorphose comme celle d’une petite en classe de CP. Le rythme de la lecture est lent et Kouassi Claudine suis du doigt chaque mot de son livre qu’elle prononce. Comme elle Patricia qui est aussi une commerçante a décidé de venir apprendre à lire et à parle correctement le français à la suite de nombreuses bourdes lexicales qui lui ont valu des moqueries inoubliable. « J’étais souvent ridicule quand je parlais avec des amies : je faisais trop de fautes. Un jour lors d’une discussion très sérieuse je me suis amusez à dire ‘’mettre de l’eau dans son verre’’ au lien de ‘’mettre de l’eau dans son vin’’ ! Chaque fois que quelqu’un prononçait cet expression je n’attendais que ‘’mettre de l’eau dans son verre’’.  Une camarade qui avait fait l’école s’est terriblement moquée de moi. La nuit dans le secret de ma chambre je me suis jurée que plus personne ne se moquerait de moi à cause de mon niveau de langue ». Patricia retrouve le centre d’alphabétisation avec la rage d’apprendre et cette ambition de combler son retard l’encourage à apprendre plus vite. Pour Akissi Pauline l’obscurité dans laquelle elle vivait devenait insupportable. Elle évitait même de parler en public de peur d’être ridicule. « J’avais peur de parler aux gens car chaque fois que faisais une faute autour de moi il n’y avait que des rires ! En Côte d’Ivoire quand vous faites une erreur en parlant votre entourage se moque de vous pendant plusieurs jours. Même quand un homme m’aimait je le fuyais ou je me montrais désagréable envers lui pour ne pas qu’il se rende compte que je suis une analphabète ! Tout ça c’est du passé » nous dit fièrement Pauline avant de conclure « celles qui hier se moquaient de moi sont admiratifs devant mes progrès et je n’ai plus honte ».

Apprendre ça change la vie !

Dans un centre d’alphabétisation les méthodes utilisées pour l’apprentissage à la lecture et à l’écriture sont différentes de celles du cursus classiques. Il s’agit essentiellement de symboles bien adaptés aux réalités Ivoiriennes. Il y a au total neuf (9) symboles propres aux centres d’alphabétisation et c’est Madame Koffi le chef d’antenne de la coordination d’alphabétisation de Yopougon 1 qui nous fait découvrir l’univers de ces symboles. « Nous avons le pilon débout [ǀ], le pilon penché à droite [/], le pilon penché à gauche [\], le pilon couché [_], les citrons [O], la calebasse ouverte à droite [Ɔ], la calebasse ouverte à gauche [C], la calebasse posée [U] et la calebasse renversée [∩] ». Il y a de véritables avantages à savoir lire et écrire. Quelque soit l’âge, les moniteurs des centres d’alphabétisation ne cessent d’inviter les Ivoiriens à apprendre pour sortir de l’obscurité. Ne pas savoir lire et écrire c’est comme si vous étiez dans le monde mais à l’écart de ce monde : tout est symboles et signes étranges sur des façades, des bouts de papier et dans des gros livres qui n’ont pas de sens. Dodo Mélanie est une autre coordinatrice en alphabétisation et c’est elle qui nous montre de quelle manière les apprenantes des centres arrivent à changer radicalement dans leur vie une fois qu’elles savent lire et écrire. « Lorsque les apprenants arrivent au début de la campagne d’alphabétisation* ils ne savent même pas former une seule lettre mais à la fin c’est un miracle ! Ils savent lire et écrire mais au-delà leurs activités génératrices de revenus changent radicalement au plan organisationnel. Les commerçantes savent désormais faire la différence entre le capital et le bénéfice. Ceux qu’on devaient accompagner partout deviennent autonomes et plus respectés ».

« Il n’y pas de honte à apprendre quelque soit son âge » voici le message que les apprenantes du centre d’alphabétisation m’ont laissé et qu’elles laissent à toutes les personnes qui hésitent à retourner sur les bancs d’une salle de classe !

SUY Kahofi

*la campagne d’alphabétisation est l’équivalent de l’année scolaire

Une femme de conviction engagée contre le SIDA

Yapi Rolande Présidente de l'ONG Ruban Rouge

Chaque année qui passe permet au SIDA, le mal du siècle de gagner du terrain si bien qu’à ce jour un nombre important de personnes sont infectées à travers le monde. Au cœur de cette triste vie qu’est celle des malades, des bonnes volontés se sont regroupées au sein d’Organisation Non Gouvernementale pour apporter un peu de lumière et de bien être à ces malades. Elles se sont aussi données pour mission de porter l’information de la prévention contre la maladie aux personnes saines afin de les aider à ce protéger.

En Côte d’Ivoire, l’ONG Ruban Rouge Côte d’Ivoire est l’une des plus anciennes ONG de lutte contre le SIDA. Une jeune dame de cœur dirige cette organisation qui est très active. Mlle Yapi Rolande est la Directrice Exécutive de ruban rouge côte d’ivoire. L’ONG qu’elle dirige existe depuis le 1 juin 1994 et compte un peu plus de 150 bénévoles répartis sur toute l’étendu du territoire national. Ces personnes qui abattent un travail de sensibilisation sont sélectionnées sur la base d’un principe fondamental selon Mlle Yapi. « Il faut avant tout avoir de l’amour pour son prochain et surtout pour les malades car le plus grand problème avec le SIDA s’est la stigmatisation. Il faut savoir donner du réconfort à ces personnes qui sont rejetées par leurs familles ». Dans son hôpital de jour, l’ONG assure la répartition des ARV aux malades, réalise des séances de massage pour les soulager et s’occupe du suivi des mères infectées mais porteuse d’une grossesse. L’ONG distribue aussi des préservatifs, seul moyen de se protéger lors des rapports sexuels. Il est vrai que le SIDA se soigne mais ne se guérir pas hélas et pour Mlle Yapi, l’action la plus importante reste la sensibilisation. « Le SIDA est une réalité voici pourquoi l’ONG mène en priorité des actions de sensibilisation. Dans les entreprises, les lycées et collèges, les villages et les villes, Ruban Rouge ne perd pas une seule occasion de sensibiliser les masses sur le danger qui les guette ».

Plusieurs partenaires soutiennent Mlle Yapi et son équipe dans leurs actions : Geneva Global, la Banque Mondiale par le PUMLS, Equilibre et population pour être court. La bibliothèque de l’ONG offre aussi une documentation de qualité à tous ceux qui la fréquentent. « La bibliothèque reçoit des élèves pour leurs exposés, des étudiants pour leurs thèses, des journalistes pour leurs émissions…Elle joue un rôle important car par ces livres, chacun s’informe et se forme pour se protéger du SIDA ». La lutte se poursuit car il faut l’engagement de tous pour faire reculer la maladie. Aux amis et parents, il faut savoir que la stigmatisation tue. Il faut soutenir les malades en leur apportant amour et réconfort. Que chacun soit informé de son statu sérologique pour se protéger et protéger les autres.

Suy Kahofi