Archives du blog

Viol en Côte d’Ivoire : la situation toujours inquiétante

Seule l’application de la loi pourrait aider à prévenir les viols

Seule l’application de la loi pourrait aider à prévenir les viols

Le rapport sur les viols et leurs répressions en Côte d’Ivoire a été présenté ce 11 juillet au siège de l’ONUCI (Abidjan-Sébroko). Il a été produit par la Division des droits de l’homme de l’ONUCI qui a documenté quelques 1129 cas de viol entre janvier 2012 et décembre 2015.

Le rapport présenté conjointement par le Haut-commissariat des Nations Unies pour les droits de l’homme souligne la nécessité de mettre en œuvre les textes et les lois en Côte d’Ivoire afin de mieux lutter contre ce fléau qui touche majoritairement les femmes, les petites filles et les enfants. Concernant les chiffres clés de ce rapport, la directrice par intérim de la division des droits de l’homme de l’ONUCI, Juliette de Rivero, indique que les cas de viol documentés « affectent plus de 1000 victimes ». Lire la suite

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La Côte d’Ivoire réitère son engagement contre l’exploitation des enfants

Euphrasie Yao met en garde les voleurs d’enfance

Euphrasie Yao met en garde les voleurs d’enfance

La Côte d’Ivoire continue de faire la une de l’actualité lorsque la question de la traite des enfants est évoquée. Conscient de cette mauvaise publicité, le Gouvernement ivoirien veut maintenir l’élan de la sensibilisation et de la répression.

Le 21 juin 2016, six enfants de nationalité togolaise dont l’âge varie entre 6 et 16 ans ont été intercepté au poste frontière de Noé (frontière ivoiro-ghanéenne). En compagnie de trafiquants, ces mineurs devaient rallier Abidjan pour servir de petites mains dans plusieurs secteurs d’activité. Des enfants victimes du trafic d’êtres humains mais qui heureusement ne finiront pas entre les mains de leurs « acheteurs ». Ils pourront bientôt regagner leurs familles et c’est la promesse faite par la Ministre de la Promotion de la femme, de la Famille et de la Protection de l’enfant. Euphrasie Yao a rendu visite aux enfants recueillis par le centre Padré Pio dans la commune de Bonoua. Elle était accompagnée par l’Ambassadrice de l’Union Africaine, SEM Mayuma Joséphine, des membres du cabinet de la Première Dame de Côte d’Ivoire et des émissaires du consulat du Togo. Lire la suite

La Côte d’Ivoire présente sa stratégie nationale de lutte contre les VBG

Les peines prévues par la loi seront désormais appliquées

Les peines prévues par la loi seront désormais appliquées

La stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) a été présentée ce vendredi 5 septembre 2014 par le ministère en charge de la famille. L’objectif de cette stratégie consignée dans un document est de permettre au Comité National de lutte contre les VBG d’être opérationnel et de mettre en œuvre son plan d’action.

La mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre qui s’étendra jusqu’en 2016 va coûter plus de 4 milliards de f CFA. Avec cette stratégie l’Etat ivoirien entend réduire ces violences qui ont pris une proportion inquiétante et les chiffres avancés par Suzane Konaté Maïga, représentante pays de l’UNFPA le démontre. Lire la suite

Trop petite pour le maquis…

« Un maquis n’est pas un lieu pour les enfants »

« Un maquis n’est pas un lieu pour les enfants »

En Côte d’Ivoire, les enfants sont toujours exploités en violation des lois nationales. Ils ont souvent même la charge de tâches réservées aux adultes. C’est le cas des filles mineures utilisées comme serveuses dans les maquis d’Abidjan.

De passage dans la capitale économique ivoirienne, faites très attention au petit corps tout frêle qui viendra vous servir votre poisson braisé accompagné d’attiéké dans un maquis. Il s’agit généralement de mineures dont l’âge varie entre 9 et 16 ans. Parmi celles-ci figure Marie-Chantal, une gamine employée comme serveuse dans un maquis de nuit à Yopougon. Ses journées de travail commencent généralement à partir de 15 heures. Elle doit écailler le poisson frais, laver les légumes et veiller à la cuisson des accompagnements. Lire la suite

Elections locales : des campagnes civilisées pour les femmes

Les femmes ont leur mot à dire dans le processus électoral

Les femmes ont leur mot à dire dans le processus électoral

Il est bon de rendre à César ce qui appartient à César et ce n’est pas peu de le dire quand on parle de démocratie en Côte d’Ivoire. Les femmes Ivoiriennes ont toujours clamé leur maturité politique et elles le montrent encore. En effet le mérite des campagnes électorales apaisées revient largement aux Ivoiriennes qui pendant les deux semaines de débat pour convaincre n’ont pas fait preuve de violence envers leurs concurrents. Contrairement aux hommes qui se distingués par les casses, la violence verbale, le sabotage et les agressions, les femmes ont mis leur temps à profit pour mener une campagne pacifique. Pour Nathalie Koné, directrice du CEFCI (Centre Féminin pour la Démocratie et les Droits Humains en Côte d’Ivoire) « il ne s’agit pas de sanctifier les femmes en leur reconnaissant cet esprit de non violence mais c’est tout simplement admettre que les femmes ont plus le sens de la responsabilité que les hommes ». Une pensée populaire ivoirienne justifie cette position : « lorsqu’un homme se regarde dans un miroir il se voit tout seul ! Or une femme en se regardant dans un miroir voit également les personnes qui l’accompagnent ».

Les femmes ont essayé de se faire entendre durant ces campagnes mais le manque de moyens et l’absence de soutient de la part des partis politiques a limité leurs actions. Elles étaient donc fragilisées face aux hommes mais elles sont à féliciter pour leur courage et leur engagement. Les chiffres le montrent les partis politiques ont refusé de faire confiance aux femmes. Sur 659 têtes de listes il n’y a que 36 femmes pour les élections municipales. Au régional, sur 84 têtes de liste il n’y a que 2 femmes ! Les notions de parité ne semblent pas émouvoir les décideurs des partis politiques qui préfèrent reléguer les femmes aux cuisines des meetings et à la distribution des tee-shirts. Il y a certes très peu de femmes candidates mais les femmes qui représentent 52% de la population Ivoirienne sont une masse électorale à ne pas négliger. Si les politiciens le savent, très peu de candidats pensent à elles dans leur programme de société. « Lors des tournées dans les quartiers, les hommes sont invités à exposer leurs problèmes. Que fait-on des aspirations des femmes ? » se demande Bamba SINDOU le coordonateur général du Regroupement des Acteurs Ivoiriens des Droits de l’Homme (RAIDH). Pour le militant des droits de l’homme il est temps que les futurs maires et présidents des conseils régionaux mettent la femme au cœur du processus de développement des communes et des régions.

Notons que les activités de monitoring des campagnes électorales n’ont signalé aucun cas de violences basées sur le genre.

SUY Kahofi

L’OFACI vulgarise les instruments de protection des droits de la femme

Les femmes se forment à la maîtrise des Instruments qui protègent leurs droits

Les femmes se forment à la maîtrise des Instruments qui protègent leurs droits

Les instruments qui protègent les droits de la femme existent mais nombreuses sont celles qui n’en n’ont pas connaissance. C’est donc pour aider les femmes Ivoiriennes à mieux les connaitre que l’OFACI, l’Organisation des Femmes Actives de Côte d’Ivoire a décidé d’initier un séminaire de formation régionale du 03 au 05 avril au siège du CERAP (Centre de Recherche et d’Action pour la Paix). Selon Namizata Sangaré la Présidente de l’OFACI, tous les textes de loi au plan National et International qui protègent les femmes seront revisités dans une approche pédagogique pour permettre à chaque participante de pouvoir les vulgariser à son tour. Au compteur des textes de loi inscrits à l’ordre du  chronogramme de la formation figurent en pôle position les résolutions des Nations Unies, la CEDEF (Convention sur l’Elimination de toutes les Formes de Discrimination à l’Egard de la Femme), les chartes africaines et leurs protocoles additionnels sans oublier les instruments nationaux comme la déclaration solennelle de la Côte d’Ivoire sur l’égalité des chances, l’équité et le genre. Au-delà des femmes, ce séminaire de formation régional intègre également dans son approche pédagogique les agents des forces de l’ordre. Cette présence des hommes en arme est indispensable dans la mesure où ils sont les premiers interlocuteurs des femmes en cas de violence basées sur le genre. Le présent séminaire de formation de 72 heures s’inscrit dans le cadre d’un vaste projet de l’OFACI intitulé « Projet de formation de leaders féminins sur les mécanismes nationaux et internationaux pour une protection effective des droits de la femme en Côte d’Ivoire ». Le projet sera exécuté dans 82 localités sélectionnées dans les cinq grandes régions du pays.

Deux modules ont meublé le premier jour de formation. Une initiation aux notions de droits de l’homme, droits humanitaires et principes fondamentaux suivi d’une revue des instruments nationaux de protection des droits de la femme. Au terme des échanges, les femmes n’ont pas manqué de souligner leur satisfaction face aux efforts de l’Organisation des Nations Unies, de l’Union Africaine et des ONG dans leur politique de protection des droits de la femme. Pour Coulibaly Bintou de l’ONG Tabita d’Adiaké « il est impératif que les femmes sachent dans chaque recoin du pays qu’elles ont des droits et qui sont ceux qui doivent les protéger ». Elle estime avoir avancé dans sa compréhension des droits de la femme et pense déjà à un programme de vulgarisation de ses acquis auprès de ses sœurs dès son retour dans sa localité. Le son de cloche n’est pas différent pour Assoua Akissi Marie Florence de la section OFACI Akoupé. Elle soutient que son approche de formation inclura une pédagogie basée sur les langues locales. « Nombreuses sont nos sœurs qui n’ont pas eu la chance d’aller à l’école. Pour elles nous prévoyons des séances de sensibilisation dans les langues locales pour mieux les instruire sur la portée des textes de loi qui les protège » conclu-t-elle. Le séminaire de formation régional s’achève ce vendredi 05 avril avec une formation à l’endroit des forces de l’ordre.

SUY Kahofi

Femmes Ivoiriennes et prise de décision

Piliers de nos Nations, les femmes méritent de diriger les instances de prise de décision

Piliers de nos Nations, les femmes méritent de diriger les instances de prise de décision

Il y a eu certes des avancées pour la promotion de leurs droits mais les femmes ivoiriennes sont conscientes que des batailles encore plus importantes sont à remporter. Les femmes savent que leur présence au sein des instances de prise de décision peut faire bouger les lignes. Mais comment parvenir à intégrer ces instances de prise de décision quand rares sont les femmes qui sont choisies par les hommes ? La question mérite d’être posée ! Avec une présence estimée à 12% au parlement, 5 ministres dans un gouvernement de 26 membres, aucune femme présidente de conseil régional ni même membre du conseil constitutionnel, les femmes Ivoiriennes reconnaissons-le sont très peu présentes ou même pas du tout dans les organes de prise décision. Cette sous-représentation est l’origine d’un retard immense dans l’application des textes de loi pour la promotion des droits de la femme ratifié par le pays au plan international et continental. Les nombreuses politiques pour « genrer » la fonction public, le parlement et les instances de prise de décision politique, économique et social n’ont pas encore porté de fruits.

Pour Nathalie Koné la Directrice Exécutive du CEFCI, (le Centre Féminin pour la Démocratie et les Droits Humains en Côte d’Ivoire), « le poids de la tradition ivoirienne qui veut que les femmes soient toujours dans l’ombre des hommes » explique en grande partie cette situation. Ce machisme quasi institutionnalisé a fini par confiner les femmes dans un véritable complexe d’infériorité. Dans les partis politiques ou les entreprises, rares sont les femmes ivoiriennes qui osent s’engager pour briser ce tabou. Namizata Sangaré est la Présidente de l’OFACI, (l’organisation des femmes actives de Côte d’Ivoire, la Côte d’Ivoire) et elle estime que les autorités Ivoiriennes doivent s’engager dans une autre forme de promotion de la gente féminine. « Cette promotion passe par une application pure et simple des textes contraignants de la CEDEF » soutient la Présidente de l’OFACI. Il s’agit d’une convention sur l’élimination de toutes les discriminations à l’égard des femmes. Un instrument spécifiquement lié aux droits des femmes qui a été adopté par l’Assemblée Générale des Nations Unies en 1979 et dont la Côte d’Ivoire est devenue Etat-partie le 18 décembre 1995. A défaut d’avoir des hommes disposés d’eux-mêmes à promouvoir le genre dans les instances de prise de décision, les femmes ivoiriennes estiment que les textes de lois plus strictes doivent être appliqués par l’instauration du quota homme-femme à tous les niveaux. Ce point de vue est également celui d’Aminata Kassé Faye, Directrice du NDI (National Democratic Institut) pour le Burkina Faso. « Il faut une réelle volonté politique pour que les choses changent. Les femmes ne doivent plus être considérées comme un bétail électoral ou celles qui sont bonne à chanter lors des meetings. Il faut que des lois sur la parité soient adoptées par nos Assemblées Nationales pour que l’équilibre des genres soit respecté ».

Cet équilibre dans les instances de prise de décision pourra mettre un point à des fléaux comme les violences sexuelles et physiques à l’égard des femmes Ivoiriennes, violences qui ont pris une ascension assez inquiétante.

SUY Kahofi

Le Couteau brûlant : un brulot contre l’excision !

Le Couteau brûlant

Le Couteau brûlant

Hamitraoré, la romancière Ivoirienne vient de mettre sur le marché une œuvre de très belle facture publiée chez Frat-Mat Edition. A travers cette œuvre, l’auteur dévoile la face hideuse de l’excision un fléau qui, malgré les nombreuses campagnes de sensibilisation, ne cesse de se rependre dans les villes et les hameaux les plus reculés de la Côte d’Ivoire. Pour Hamitraoré qui a été elle-même victime de l’excision, il s’agit à travers chaque page de cet ouvrage « d’apporter une touche particulière à l’éradication totale de cette pratique que je considère comme une atteinte à l’honneur et à l’intégrité de la femme ». Au centre de l’ouvrage une interrogation qui s’adresse à chaque Ivoirien : pourquoi cette pratique abominable continue-t-elle de maintenir certaines communautés sous son fardeau malgré l’évolution des mentalités ? Pour l’auteur, l’excision n’a plus de raison d’être. Il suffit de jeter un regard sur les effets nocifs de la pratique sur la santé de la femme pour en être totalement convaincu. L’œuvre d’Hamitraoré trouvera sans doute un écho favorable auprès des Ivoiriens car l’excision est de nouveau à « la mode ». Ainsi l’Organisation Nationale pour l’Enfant, la Femme et la Famille (ONEF), estime que 42 % de femmes sont excisée en Côte d’Ivoire. Ce chiffre selon l’organisation ne reflète pas les réalités du fléau parce qu’il ne prend pas en compte les enfants âgés de 1 à 14 ans. 42 % est le chiffre à l’échelle nationale mais il excède par endroit. Ainsi la zone de  Danané (ouest-ivoirien) plafonne à 45 %, 88 % au nord, 85 % au nord-ouest, 75% à l’Ouest et 34 % à Abidjan en milieu communautaire. Hamitraoré dénonce par ailleurs la vente du clitoris une fois sectionné et séché. L’auteur nous apprend que le clitoris séché est utilisé à des fins aphrodisiaques au profit des hommes.

L’œuvre

Hamitraoré nous plonge dans l’univers d’une jeune lycéenne victime de l’excision. A la faveur d’un devoir de classe portant sur ce thème, Safiatou, le personnage principale du livre, se retrouve à son corps défendant, aux prises avec son passé. Dans un flash-back, le narrateur nous fait vivre cet épisode douloureux de sa vie où elle a fait connaissance avec « Le couteau brûlant« . Loin de la ville, dans un village piégé par la tradition, elle va être victime de l’excision. Elle rédige le devoir, au risque de revivre ce passé douloureux et de se dévoiler comme une « amputée ». Hamitraoré fait donc découvrir à travers l’histoire de cette jeune lycéenne, l’ampleur du drame de l’excision et de l’excisée avec ses effets abominables que sont la frigidité, la psychose de l’acte sexuel, la stérilité, la fistule vésico-vaginale voir la mort. Extrait : « Nan Safi, tu sais que depuis des générations, toute jeune fille digne de ce nom doit se faire exciser. Tant que tu n’es pas excisée, tu ne peux pas t’intégrer dans la communauté. Tu seras l’objet de railleries de la part de tes camarades. Et le plus grave, c’est qu’aucun homme ne te demandera en mariage. Au-delà de ta personne, c’est la famille qui sera honorée le jour de ta sortie… pense aussi à moi, je n’oserai plus regarder les gens du village en face si tu persistes dans ton refus. On m’écartera de toutes les décisions concernant le village. Je t’en supplie, ne jette pas la honte et l’humiliation sur notre famille » Le Couteau brûlant Page 22. Cet extrait de l’œuvre est généralement le plaidoyer farfelus que certains parents, adeptes de l’excision utilisent pour appâter leurs victimes qui ne sont autres que leurs propres filles. L’auteur ne botte pas en touche pour démonter cet argument sur près de 70 pages !

SUY Kahofi

La concubine privée de tous ses droits !

La violence est le quotidien de nombreuses femmes !

Elles sont nombreuses en Côte d’Ivoire ces femmes à qui des hommes ont fait miroiter monts et merveilles pour les appâter en vue de les attirer dans une vie de couple où il existait déjà une autre relation. Elles vivent depuis plusieurs années en concubinage une forme d’union que les lois Ivoiriennes ne reconnaissent pas. Privées de tous leurs droits elles vivent le calvaire à l’image d’Aïcha une jeune mère. Son homme moins âgé que la première concubine était soumis aux caprices de cette dernière. Résultats : la violence au quotidien malgré que la pauvre Aïcha attendait un enfant ! Par chance elle n’a vécu qu’une seule année de concubinage mais ce moment de sa vie fut marquée par l’angoisse, la tristesse et l’amertume. « Je vivais avec ce dernier qui avait déjà une copine : j’ignorais tout de cette relation. Il m’avait fait croire qu’ils avaient des problèmes et qu’ils envisageaient se séparer. Une fois que je suis arrivée chez lui j’ai constaté que ‘’l’autre’’ était toujours là ! Il me frappait, me maltraitait, il faisait des sorties nocturnes et quand je me plaignais il me battait. Il me demandait tout le temps de retourner chez moi » soutien Aïcha.

Aïcha n’a pas vraiment choisi cette vie. Son père trouvait qu’à 27 ans il était impératif pour elle de se trouver un homme. Enceinte, elle profite de sa grossesse pour s’incruster dans la vie de l’homme qu’elle croyait être le sien. Portant une grossesse presqu’à son terme et malmené par son homme elle décide de se tirer de cet enfer. Elle soutire la somme de 300.000 f CFA à son ‘’conjoint’’ et s’enfuit de la maison. « J’ai pris cet argent parce que je ne supportais plus de vivre sous le poids des coups et des bastonnades au quotidien. Il me demandait de retourner en famille et moi je lui demandais de me donner de l’argent pour que je puisse le quitter. Il n’a jamais voulu me donner quoi que ce soit et si j’ai pris cette somme de 300.000 c’est parce que je voulais surtout avoir quelque chose pour accoucher dans de bonnes conditions ! » nous explique la jeune femme. Aïcha part de la maison de son homme où elle n’avait aucun droit pour trouver refuge chez une amie mais sa cavale ne fut que de courte durée puisse que son homme décide de porter plainte dans un commissariat de Police. La convocation loin d’être au nom d’Aïcha est adressée à sa jeune camarade qui l’héberge : elle est accusée de complicité de vol ! Aïcha refusant de voir son amie payer pour son acte se rend à la Police. « J’ai confirmé à l’officier que j’avais bien pris la somme de 300.000 mais lorsque j’ai pris cet argent je l’ai informé. L’officier m’a tout simplement dit que c’est un vol. Mon ‘’conjoint’’ a aussitôt demandé que je sois mise en prison si je refusais de rendre son argent ! ». Aïcha passera 30 minutes avec sa grossesse de 7 mois derrière les barreaux, une éternité pour elle, le moment le plus triste de sa vie nous dira la jeune maman.

Son homme furieux débarque au poste de Police avec l’autre concubine : il retire sa plainte mais se désengage de la grossesse. Aïcha désormais toute seule utilisera les 300.000 f CFA pour ses soins médicaux jusqu’à l’accouchement. Jusqu’à ce jour sa petite fille n’a pas un extrait d’acte de naissance : le père refusant de s’occuper de sa progéniture. « Lorsque que j’ai accouché il m’a appelé un jour pour connaître le sexe de l’enfant. Depuis qu’il a su qu’il s’agissait d’une fille il ne m’a plus rappelé ! » nous confie Aïcha. Il nous dira par la suite qu’un ami de son ‘’conjoint’’ a tenté une médiation secrète pour que le père puisse reconnaître l’enfant. Aïcha s’oppose et soutient que si tout ce passe en cachette le père pourra tôt ou tard se désengager une nouvelle fois. Aïcha, à moins d’un sursaut d’orgueil de la part de son ex-conjoint ne pourra jamais saisir la justice pour obtenir une pension alimentaire pour sa fille. Sa petite fille n’ayant pas été reconnue par son père, sera aussi privé de tous ces droits. Le père d’Aïcha conscient d’avoir poussé sa fille à l’erreur en l’obligeant à vivre avec un homme a décidé de l’accueillir de nouveau sous son toit !

SUY Kahofi

Duékoué s’engage dans l’éradication des VBG

Femmes en campagne contre les VBG

La localité de Duékoué a été le théâtre de violences inimaginables à l’égard des femmes lors de la récente crise post-électorale que la Côte d’Ivoire a connue. Pour la première fois dans l’histoire de la Côte d’Ivoire, les ONG ont eu le courage d’annoncer que le viol a été utilisé comme arme de guerre contre des femmes mais également des petites filles ! Lorsque ces dernières ont échappé à la mort qui couronne ces viols, elles doivent vivre avec des séquelles psychologiques qui sont difficiles à effacer. C’est pour apporter un soutien aux femmes victimes et surtout aider à leur prise en charge que l’ONG Bonnes Actions a décidé de renforcer les capacités d’une vingtaine de personnes pour une meilleure action contre les Violences Basées sur le Genre (VBG). Il s’agit principalement de leaders communautaires qui ont été formé avec le soutien d’IRC (International Rescue Committee).

Sur les raisons premières de l’organisation de cette formation voici les explications de Toua Bi Kalou Célestin le coordonnateur du projet au sein de l’ONG Bonnes Actions. « Cette formation qui est faite sur les Violences Basées sur le Genre (VBG) est utile car les VBG sont récurrentes dans notre région. N’oublions pas que le viol a été utilisé comme arme de guerre pendant les conflits ! Il nous revenait de droit en temps qu’acteur de la société civile de réunir nos frères et sœurs leaders communautaires pour qu’ensemble nous puissions trouver des solutions pour l’éradication des VBG ». Plusieurs thèmes ont meublé cette formation et ont été le socle d’échange entre les participants. « Nous avons mis un accent particulier sur les généralités parce qu’apparemment les VBG sont encore méconnues des populations locales en particulier les leaders communautaires. Nous avons aussi échangé sur le thème le rôle des leaders communautaires dans la lutte parce que souvent ces derniers constituent un frein dans la prise en charge des VBG. Nous avons donc voulu les sensibiliser surtout sur leur rôle pour qu’ils puissent éviter de faire obstacle lorsque nous nous saisissons de cas de VBG et que nous tentons d’y trouver une solution » nous explique Doukouré Mamadou formateur.

Cette initiative de l’ONG Bonnes Actions et de son partenaire International Rescue Committee est appréciée à sa juste valeur par les apprenants. « Nous avons été instruit sur le danger que constitue les VBG et nous nous engageons à appliquer à la lettre les recommandations de cette formation pour éradiquer les VBG dans nos communautés respectives. Nous insistons auprès des ONG pour que ce type de formation puissent se prolonger dans le temps » affirme Oulaï Gueu Bernard leader communautaire. Méanmin Léa a été victime de VBG et pour elle la mission sera surtout de partager son expérience avec d’autres victimes et de les aider dans la prise en charge psychologique. « Il y a de nombreuses femmes dans les campements et les hameaux qui ont été victimes des VBG comme moi et ma formation pourra les aider. Au-delà, cette formation m’a donnée le courage de vivre de nouveau après le traumatisme que j’ai vécu et c’est aujourd’hui la chose la plus importante pour moi car j’étais réellement abattu et déboussolé ! ».

A la fin de la formation, Bi Kalou Célestin le coordonnateur du projet au sein de l’ONG Bonnes Actions a insisté auprès des leaders communautaires et des victimes pour qu’ils puissent avoir en tout temps le réflexe de dénoncer aux autorités compétentes tous les cas de Violences Basées sur le Genre.

SUY Kahofi