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Viol en Côte d’Ivoire : la situation toujours inquiétante

Seule l’application de la loi pourrait aider à prévenir les viols

Seule l’application de la loi pourrait aider à prévenir les viols

Le rapport sur les viols et leurs répressions en Côte d’Ivoire a été présenté ce 11 juillet au siège de l’ONUCI (Abidjan-Sébroko). Il a été produit par la Division des droits de l’homme de l’ONUCI qui a documenté quelques 1129 cas de viol entre janvier 2012 et décembre 2015.

Le rapport présenté conjointement par le Haut-commissariat des Nations Unies pour les droits de l’homme souligne la nécessité de mettre en œuvre les textes et les lois en Côte d’Ivoire afin de mieux lutter contre ce fléau qui touche majoritairement les femmes, les petites filles et les enfants. Concernant les chiffres clés de ce rapport, la directrice par intérim de la division des droits de l’homme de l’ONUCI, Juliette de Rivero, indique que les cas de viol documentés « affectent plus de 1000 victimes ». Lire la suite

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La Côte d’Ivoire présente sa stratégie nationale de lutte contre les VBG

Les peines prévues par la loi seront désormais appliquées

Les peines prévues par la loi seront désormais appliquées

La stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) a été présentée ce vendredi 5 septembre 2014 par le ministère en charge de la famille. L’objectif de cette stratégie consignée dans un document est de permettre au Comité National de lutte contre les VBG d’être opérationnel et de mettre en œuvre son plan d’action.

La mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre qui s’étendra jusqu’en 2016 va coûter plus de 4 milliards de f CFA. Avec cette stratégie l’Etat ivoirien entend réduire ces violences qui ont pris une proportion inquiétante et les chiffres avancés par Suzane Konaté Maïga, représentante pays de l’UNFPA le démontre. Lire la suite

Violences Basées sur le Genre : l’Observatoire de l’OFACI publie ses résultats

Namizata Sangaré Présidente de l’OFACI

Namizata Sangaré Présidente de l’OFACI

« Le 07 décembre 2013 à 18 h, A.A.E 4 ans et élève en classe de maternelle à Abengourou est en vacances à Kocoumbo. Elle a été victime d’abus sexuel de la part de Y.K.G, se disant orpailleur depuis 6 mois. Le même jour, le mis en cause a été conduit à la Gendarmerie de Djékanou. A la suite de son procès, il a été condamné à 5 ans de prison et à 100.000 f d’amende ! » A l’image de ce cas de viol, de nombreux cas de violences faites aux femmes ont été rapporté aux enquêteurs de l’Observatoire de l’OFACI (Organisation des Femmes Actives de Côte d’Ivoire). Cet observatoire mis sur pied par l’OFACI depuis 2010 était face à la presse ce 22 février pour livrer les résultats de ses enquêtes. La conférence de presse donnée à cet effet a eu lieu au siège de l’OFACI sis à Adjamé 220 logements. L’observatoire de l’OFACI est né suite aux nombreuses sollicitations dont l’organisation faisait l’objet de la part des femmes. Celles-ci constamment victimes de violences de tout genre avaient recours à l’OFACI pour trouver un peu de réconfort et des conseils. L’ampleur et la multiplicité des violences que l’OFACI enregistrait l’a amené à mettre sur pied un Observatoire. Celui-ci a été conçu pour atteindre deux objectifs : documenter efficacement les différentes formes de violences faites aux femmes et fournir les informations utiles pour la mise en œuvre des stratégies de lutte contre les Violences Basées sur le Genre (VBG). Pour atteindre ses objectifs, l’observatoire se fonde sur trois sources de documentation :

1 – la cellule d’écoute et d’orientation

2 – les rapports des sections OFACI à travers le pays

3 – les allégations de violation des droits de la femme relayée par voie de presse

Ces méthodes ont donné un résultat très encourageant dans un contexte national encore marqué par de nombreuses violations des droits de la femme. Lors de son propos liminaire, Mme SANGARE Namizata, Présidente de l’OFACI a indiqué que l’Observatoire a documenté 252 cas de violation des droits de la femme qui sont des violations des chartes et conventions internationales dont la Côte d’Ivoire est signataire. Les enquêtes sur les violences à l’égard des femmes ont été menées dans 29 localités du pays et sont réparties comme suit : 02 cas de mariages forcés, 177 cas de violences sexuelles, 30 cas de mutilations génitales, 08 cas de violences conjugales et 32 cas de violences physique. Le constat général qui se dégage c’est que les violences sexuelles constituent la majorité des VBG avec un taux de 70,23%. Concernant les 32 cas de violences physiques, 15 ont conduit au décès des victimes ! « Nous pensons que trop c’est trop ! Nous avons fait pendant longtemps de la sensibilisation, il est temps de passer à l’action par l’application stricte des textes de lois Ivoiriens et ceux ratifiés au plan international par notre pays » estime Mme SANGARE qui soutient que « malgré les efforts consentis par le Gouvernement Ivoirien à travers la ratification des textes internationaux en l’occurrence la CEDEF, le protocole à la charte Africaine des Droits de l’Homme relatifs aux droits des femmes de Maputo, les VBG persistent ». Il faut agir de telle sorte que les coupables puissent répondre de leurs actes devant les juridictions compétentes et que les victimes puissent bénéficier de réparation. Voici pourquoi à la suite du rapport de son Observatoire, l’OFACI fait d’importante recommandation. Elle invite entre autre l’Etat Ivoirien à renforcer les procédures pénales en matière de lutte contre le VBG, à pénaliser l’exposition d’images dégradantes de la femme dans les lieux publiques, renforcer les capacités du Centre National de Lutte contre les violences faites aux femmes et faciliter l’accès des femmes à la justice. L’OFACI interpelle également les Médecins, les agents des Forces de l’Ordre et les Professionnels des Médias à traiter avec plus de sérieux les cas de violence faites aux femmes qui leur sont rapportés.

L’OFACI à travers la publication des résultats de son observatoire s’inscrit déjà dans le tempo de deux évènements majeurs pour la défense des droits de la femme à travers le monde. Il s’agit de la journée internationale de la femme du 08 mars avec pour thème « Une promesse est une promesse, il est temps de passer à l’action pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes » et la 57ème session de la Commission de la Condition de la Femme qui aura pour thème central, la prévention et l’élimination de toutes les formes de violences à l’égard des femmes et des filles.

SUY Kahofi

Le Couteau brûlant : un brulot contre l’excision !

Le Couteau brûlant

Le Couteau brûlant

Hamitraoré, la romancière Ivoirienne vient de mettre sur le marché une œuvre de très belle facture publiée chez Frat-Mat Edition. A travers cette œuvre, l’auteur dévoile la face hideuse de l’excision un fléau qui, malgré les nombreuses campagnes de sensibilisation, ne cesse de se rependre dans les villes et les hameaux les plus reculés de la Côte d’Ivoire. Pour Hamitraoré qui a été elle-même victime de l’excision, il s’agit à travers chaque page de cet ouvrage « d’apporter une touche particulière à l’éradication totale de cette pratique que je considère comme une atteinte à l’honneur et à l’intégrité de la femme ». Au centre de l’ouvrage une interrogation qui s’adresse à chaque Ivoirien : pourquoi cette pratique abominable continue-t-elle de maintenir certaines communautés sous son fardeau malgré l’évolution des mentalités ? Pour l’auteur, l’excision n’a plus de raison d’être. Il suffit de jeter un regard sur les effets nocifs de la pratique sur la santé de la femme pour en être totalement convaincu. L’œuvre d’Hamitraoré trouvera sans doute un écho favorable auprès des Ivoiriens car l’excision est de nouveau à « la mode ». Ainsi l’Organisation Nationale pour l’Enfant, la Femme et la Famille (ONEF), estime que 42 % de femmes sont excisée en Côte d’Ivoire. Ce chiffre selon l’organisation ne reflète pas les réalités du fléau parce qu’il ne prend pas en compte les enfants âgés de 1 à 14 ans. 42 % est le chiffre à l’échelle nationale mais il excède par endroit. Ainsi la zone de  Danané (ouest-ivoirien) plafonne à 45 %, 88 % au nord, 85 % au nord-ouest, 75% à l’Ouest et 34 % à Abidjan en milieu communautaire. Hamitraoré dénonce par ailleurs la vente du clitoris une fois sectionné et séché. L’auteur nous apprend que le clitoris séché est utilisé à des fins aphrodisiaques au profit des hommes.

L’œuvre

Hamitraoré nous plonge dans l’univers d’une jeune lycéenne victime de l’excision. A la faveur d’un devoir de classe portant sur ce thème, Safiatou, le personnage principale du livre, se retrouve à son corps défendant, aux prises avec son passé. Dans un flash-back, le narrateur nous fait vivre cet épisode douloureux de sa vie où elle a fait connaissance avec « Le couteau brûlant« . Loin de la ville, dans un village piégé par la tradition, elle va être victime de l’excision. Elle rédige le devoir, au risque de revivre ce passé douloureux et de se dévoiler comme une « amputée ». Hamitraoré fait donc découvrir à travers l’histoire de cette jeune lycéenne, l’ampleur du drame de l’excision et de l’excisée avec ses effets abominables que sont la frigidité, la psychose de l’acte sexuel, la stérilité, la fistule vésico-vaginale voir la mort. Extrait : « Nan Safi, tu sais que depuis des générations, toute jeune fille digne de ce nom doit se faire exciser. Tant que tu n’es pas excisée, tu ne peux pas t’intégrer dans la communauté. Tu seras l’objet de railleries de la part de tes camarades. Et le plus grave, c’est qu’aucun homme ne te demandera en mariage. Au-delà de ta personne, c’est la famille qui sera honorée le jour de ta sortie… pense aussi à moi, je n’oserai plus regarder les gens du village en face si tu persistes dans ton refus. On m’écartera de toutes les décisions concernant le village. Je t’en supplie, ne jette pas la honte et l’humiliation sur notre famille » Le Couteau brûlant Page 22. Cet extrait de l’œuvre est généralement le plaidoyer farfelus que certains parents, adeptes de l’excision utilisent pour appâter leurs victimes qui ne sont autres que leurs propres filles. L’auteur ne botte pas en touche pour démonter cet argument sur près de 70 pages !

SUY Kahofi

Séguéla : Les droits de la femme et de la jeune fille revisités par l’ONUCI au cours d’une journée de sensibilisation

Les droits de la femme et de la jeune fille revisités par l’ONUCI

Les droits de la femme et de la jeune fille revisités par l’ONUCI

Le Bureau des Droits de l’Homme de l’ONUCI-Daloa, en collaboration avec celles de l’information publique et de la Protection de l’Enfance, a tenu le 5 juillet 2012 à Séguéla, une journée de sensibilisation sur les droits de la femme. Cette opération a été marquée par une conférence qui a eu pour thème : « les droits de la femme et de la jeune fille en milieu rural et les voies de recours ». Elle a été animée par le procureur de la République près le tribunal de Séguéla, Maurice Kouadio. L’activité s’est tenue en présence des représentants de la société civile et des associations des femmes du Worodougou.

Dans sa communication, le conférencier a estimé qu’il n’y a pas de droits spécifiques pour les femmes rurales, mais il a reconnu que les femmes rurales semblent être une catégorie vulnérable parmi les femmes. Cette situation s’explique selon lui par la persistance de l’analphabétisme et des pesanteurs culturelles, qui débouchent très souvent sur l’atteinte à l’intégrité physique et morale de la femme en milieu rural. Le magistrat du parquet a également soutenu que  les cas de violences physiques constituent les plus fréquents. « Cela se matérialise par l’homicide volontaire qui se traduit sous plusieurs formes : le meurtre, l’assassinat l’empoisonnement », a indiqué l’orateur avant de révéler à l’assistance les voies de recours à la justice. M. Kouadio a demandé par conséquent à l’Etat de promouvoir les droits de la femme et de la jeune fille rurale, prisonnière et victime de pratiques néfastes. Jean-Pierre Mbayanhaga de la Section Protection de l’Enfance a, pour sa part, fait un bref exposé sur « Les droits de l’enfant et les voies de recours ». Il a indiqué que les cas de violation des droits sont récurrents chez les enfants très souvent exposés à plusieurs fléaux, parmi lesquels les mutilations génitales féminines (FGM) et le manque d’accès aux soins médicaux et à l’assistance humanitaire. M. Mbayanhaga a exhorté à plus d’attention sur les droits des enfants. Au terme de la rencontre, la porte-parole des femmes du Worodougou, Sékongo Topka a souhaité que ce genre de rencontre soit organisé régulièrement  pour permettre aux femmes de connaitre leurs droits et de mieux s’organiser pour lutter contre les violences auxquelles elles sont quotidiennement exposées. Deruoth Touré, directeur de la promotion humaine du Conseil général de Séguéla a salué l’action de l’ONUCI qui selon lui aide à sensibiliser l’opinion publique sur le rôle croissant de la femme dans la société et à favoriser son intégration économique et sociale.

La concubine privée de tous ses droits !

La violence est le quotidien de nombreuses femmes !

Elles sont nombreuses en Côte d’Ivoire ces femmes à qui des hommes ont fait miroiter monts et merveilles pour les appâter en vue de les attirer dans une vie de couple où il existait déjà une autre relation. Elles vivent depuis plusieurs années en concubinage une forme d’union que les lois Ivoiriennes ne reconnaissent pas. Privées de tous leurs droits elles vivent le calvaire à l’image d’Aïcha une jeune mère. Son homme moins âgé que la première concubine était soumis aux caprices de cette dernière. Résultats : la violence au quotidien malgré que la pauvre Aïcha attendait un enfant ! Par chance elle n’a vécu qu’une seule année de concubinage mais ce moment de sa vie fut marquée par l’angoisse, la tristesse et l’amertume. « Je vivais avec ce dernier qui avait déjà une copine : j’ignorais tout de cette relation. Il m’avait fait croire qu’ils avaient des problèmes et qu’ils envisageaient se séparer. Une fois que je suis arrivée chez lui j’ai constaté que ‘’l’autre’’ était toujours là ! Il me frappait, me maltraitait, il faisait des sorties nocturnes et quand je me plaignais il me battait. Il me demandait tout le temps de retourner chez moi » soutien Aïcha.

Aïcha n’a pas vraiment choisi cette vie. Son père trouvait qu’à 27 ans il était impératif pour elle de se trouver un homme. Enceinte, elle profite de sa grossesse pour s’incruster dans la vie de l’homme qu’elle croyait être le sien. Portant une grossesse presqu’à son terme et malmené par son homme elle décide de se tirer de cet enfer. Elle soutire la somme de 300.000 f CFA à son ‘’conjoint’’ et s’enfuit de la maison. « J’ai pris cet argent parce que je ne supportais plus de vivre sous le poids des coups et des bastonnades au quotidien. Il me demandait de retourner en famille et moi je lui demandais de me donner de l’argent pour que je puisse le quitter. Il n’a jamais voulu me donner quoi que ce soit et si j’ai pris cette somme de 300.000 c’est parce que je voulais surtout avoir quelque chose pour accoucher dans de bonnes conditions ! » nous explique la jeune femme. Aïcha part de la maison de son homme où elle n’avait aucun droit pour trouver refuge chez une amie mais sa cavale ne fut que de courte durée puisse que son homme décide de porter plainte dans un commissariat de Police. La convocation loin d’être au nom d’Aïcha est adressée à sa jeune camarade qui l’héberge : elle est accusée de complicité de vol ! Aïcha refusant de voir son amie payer pour son acte se rend à la Police. « J’ai confirmé à l’officier que j’avais bien pris la somme de 300.000 mais lorsque j’ai pris cet argent je l’ai informé. L’officier m’a tout simplement dit que c’est un vol. Mon ‘’conjoint’’ a aussitôt demandé que je sois mise en prison si je refusais de rendre son argent ! ». Aïcha passera 30 minutes avec sa grossesse de 7 mois derrière les barreaux, une éternité pour elle, le moment le plus triste de sa vie nous dira la jeune maman.

Son homme furieux débarque au poste de Police avec l’autre concubine : il retire sa plainte mais se désengage de la grossesse. Aïcha désormais toute seule utilisera les 300.000 f CFA pour ses soins médicaux jusqu’à l’accouchement. Jusqu’à ce jour sa petite fille n’a pas un extrait d’acte de naissance : le père refusant de s’occuper de sa progéniture. « Lorsque que j’ai accouché il m’a appelé un jour pour connaître le sexe de l’enfant. Depuis qu’il a su qu’il s’agissait d’une fille il ne m’a plus rappelé ! » nous confie Aïcha. Il nous dira par la suite qu’un ami de son ‘’conjoint’’ a tenté une médiation secrète pour que le père puisse reconnaître l’enfant. Aïcha s’oppose et soutient que si tout ce passe en cachette le père pourra tôt ou tard se désengager une nouvelle fois. Aïcha, à moins d’un sursaut d’orgueil de la part de son ex-conjoint ne pourra jamais saisir la justice pour obtenir une pension alimentaire pour sa fille. Sa petite fille n’ayant pas été reconnue par son père, sera aussi privé de tous ces droits. Le père d’Aïcha conscient d’avoir poussé sa fille à l’erreur en l’obligeant à vivre avec un homme a décidé de l’accueillir de nouveau sous son toit !

SUY Kahofi

Duékoué s’engage dans l’éradication des VBG

Femmes en campagne contre les VBG

La localité de Duékoué a été le théâtre de violences inimaginables à l’égard des femmes lors de la récente crise post-électorale que la Côte d’Ivoire a connue. Pour la première fois dans l’histoire de la Côte d’Ivoire, les ONG ont eu le courage d’annoncer que le viol a été utilisé comme arme de guerre contre des femmes mais également des petites filles ! Lorsque ces dernières ont échappé à la mort qui couronne ces viols, elles doivent vivre avec des séquelles psychologiques qui sont difficiles à effacer. C’est pour apporter un soutien aux femmes victimes et surtout aider à leur prise en charge que l’ONG Bonnes Actions a décidé de renforcer les capacités d’une vingtaine de personnes pour une meilleure action contre les Violences Basées sur le Genre (VBG). Il s’agit principalement de leaders communautaires qui ont été formé avec le soutien d’IRC (International Rescue Committee).

Sur les raisons premières de l’organisation de cette formation voici les explications de Toua Bi Kalou Célestin le coordonnateur du projet au sein de l’ONG Bonnes Actions. « Cette formation qui est faite sur les Violences Basées sur le Genre (VBG) est utile car les VBG sont récurrentes dans notre région. N’oublions pas que le viol a été utilisé comme arme de guerre pendant les conflits ! Il nous revenait de droit en temps qu’acteur de la société civile de réunir nos frères et sœurs leaders communautaires pour qu’ensemble nous puissions trouver des solutions pour l’éradication des VBG ». Plusieurs thèmes ont meublé cette formation et ont été le socle d’échange entre les participants. « Nous avons mis un accent particulier sur les généralités parce qu’apparemment les VBG sont encore méconnues des populations locales en particulier les leaders communautaires. Nous avons aussi échangé sur le thème le rôle des leaders communautaires dans la lutte parce que souvent ces derniers constituent un frein dans la prise en charge des VBG. Nous avons donc voulu les sensibiliser surtout sur leur rôle pour qu’ils puissent éviter de faire obstacle lorsque nous nous saisissons de cas de VBG et que nous tentons d’y trouver une solution » nous explique Doukouré Mamadou formateur.

Cette initiative de l’ONG Bonnes Actions et de son partenaire International Rescue Committee est appréciée à sa juste valeur par les apprenants. « Nous avons été instruit sur le danger que constitue les VBG et nous nous engageons à appliquer à la lettre les recommandations de cette formation pour éradiquer les VBG dans nos communautés respectives. Nous insistons auprès des ONG pour que ce type de formation puissent se prolonger dans le temps » affirme Oulaï Gueu Bernard leader communautaire. Méanmin Léa a été victime de VBG et pour elle la mission sera surtout de partager son expérience avec d’autres victimes et de les aider dans la prise en charge psychologique. « Il y a de nombreuses femmes dans les campements et les hameaux qui ont été victimes des VBG comme moi et ma formation pourra les aider. Au-delà, cette formation m’a donnée le courage de vivre de nouveau après le traumatisme que j’ai vécu et c’est aujourd’hui la chose la plus importante pour moi car j’étais réellement abattu et déboussolé ! ».

A la fin de la formation, Bi Kalou Célestin le coordonnateur du projet au sein de l’ONG Bonnes Actions a insisté auprès des leaders communautaires et des victimes pour qu’ils puissent avoir en tout temps le réflexe de dénoncer aux autorités compétentes tous les cas de Violences Basées sur le Genre.

SUY Kahofi