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Femmes, acteurs engagés pour la présidentielle de 2015

Campagne encourageant le vote des femmes

Campagne encourageant le vote des femmes

Les Organisations féminines de la société civile sont fortement impliquées dans le processus électoral depuis la fin de la crise de 2010. Pour la présidentielle d’Octobre 2015, elles multiplient les actions pour une forte mobilisation des femmes le jour du scrutin.

Au lendemain des indépendances, la Côte d’Ivoire a clairement affiché sa volonté de faire la promotion de la femme. Le pays fut l’un des premiers d’Afrique sub-saharienne à nommer une femme ministre autour des années 70. Jeanne Gervais née Jeanne Ahou Siefer-N’Dri, fut la première femme dans un gouvernement ivoirien. Inspectrice de l’Enseignement primaire, elle fut nommée ministre par le président Félix Houphouët-Boigny en charge de la condition féminine de 1976-1983. Lire la suite

Ce que les femmes attendent du scrutin et de leur futur président

Les femmes appellent à des élections apaisées…

Les femmes appellent à des élections apaisées…

Loin du débat sur l’interprétation de la constitution, de l’éligibilité ou du financement des partis politiques, les femmes ivoiriennes ont un tout autre regard sur le processus électoral. Le vœu qu’elles caressent est simplement de voir la Côte d’Ivoire s’engager sur le chemin de la paix et de la stabilité après le 25 octobre 2015.

Sur les marchés, dans les gares routières, au sein des services publiques et au cœur des différentes administrations, les femmes ivoiriennes participent activement au développement socio-économique du pays. Elles prennent aussi une part importante dans le mouvement de démocratisation du pays depuis le droit de vote obtenu en 1952 en passant par leur marche historique sur la prison de Grand Bassam. Lire la suite

ONUCI : un nouveau chef pour quelles missions ?

Aïchatou Mindaoudou, nouvelle patronne de l'ONUCI

Aïchatou Mindaoudou, nouvelle patronne de l’ONUCI

L’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire a un nouveau patron ou plutôt une nouvelle patronne ! Elle est le cinquième haut fonctionnaire désigné par Ban Ki Moon pour accompagner la Côte d’Ivoire dans son processus de normalisation socio-politique.

Crée en 2004 l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) fait partie du paysage socio-politique et économique de la Côte d’Ivoire. Sa mission depuis sa création a été d’accompagner le pays vers la paix après le déclenchement de la crise militaire de septembre 2002. Dotée d’une force militaire, l’ONUCI a notamment veillé au respect du cessez-le-feu entre FDS et FN. L’histoire de cette mission opérationnelle des Nations Unies a été très mouvementée ; en témoigne les quatre fonctionnaires qui a tour de rôle ont dirigé la mission en huit (8) ans. Leur mandats respectifs ont été de durée différente mais ils ont partagé une même appréciation de la part des ivoiriens. Jamais aimé et toujours contesté ! Lire la suite

Femmes égales partenaires dans le processus de réconciliation

Femmes Ivoiriennes lors du Forum National

Femmes Ivoiriennes lors du Forum National

Peut-on penser réellement un processus de réconciliation en Côte d’Ivoire sans les femmes ? Pour le NDI (le National Democratic Institut for International Affairs) il serait utopique de réussir à restaurer la paix sans compter avec les femmes qui ont été les premières à mener des actions de paix pour détendre l’atmosphère sociale au lendemain de la crise post-électorale. C’est pour cette raison que le NDI s’est associé à la CDVR (la Commission Dialogue Vérité et Réconciliation) pour consacrer un forum national de formation aux femmes ivoiriennes en vu de mieux les outiller pour qu’elles soient des Ambassadeurs de paix dans leurs communautés. Ce forum de 48 heures s’est achevé ce 05 décembre à l’Hôtel TIAMA (Abidjan-Plateau) avec de fortes recommandations.

L’implication des femmes de façon plus active dans le processus de réconciliation national est une recommandation de la résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies qui a été bien reçu par les femmes ivoiriennes vu leur engagement sur le terrain pour la paix. « Les femmes se sont engagées depuis la fin de la crise post-électorale pour promouvoir la paix dans leurs différentes régions, villes et localités. Je pense qu’il faut aujourd’hui accorder plus de place aux femmes dans le processus de réconciliation nationale car à l’origine elles n’ont pas attendu qu’on leur reconnaisse cet engagement pour faire un plaidoyer pour la paix. Les femmes symbolisent la vie et elles entendent se mobiliser pour protéger la vie en Côte d’Ivoire » souligne Nathalie Koné du Centre Féminin pour la Démocratie et les Droits Humains en Côte d’Ivoire. Les bases de la mobilisation étant jetées par les femmes elles-mêmes, le National Democratic Institut for International Affairs estime qu’il faut donner d’avantage d’outils aux femmes pour mieux faire d’où l’organisation de ce Forum National. Docteur Charles Yahovi Djrékpo Directeur-Résident du NDI pour la Côte d’Ivoire en fait un plaidoyer aux élans historiques. « En Côte d’Ivoire lorsque les hommes étaient mis en prison par le pouvoir colonial se sont les femmes qui ont marché sur la prison pour infléchir cette tendance. Les femmes ne demandent qu’une seule chose c’est que les décideurs à tous les niveaux les impliquent d’avantage dans les processus de décision ». Docteur Charles Yahovi Djrékpo soutient qu’une telle implication des femmes dans les mécanismes de décision est une bonne chose pour la Côte d’Ivoire, la sous-région et l’Afrique qui bien trop souvent paye un lourd tribut à la guerre.

Des recommandations du Forum National

Selon Caroline Hubbard chargé de programme sénior pour l’implication des femmes en politique (NDI Washington DC), il serait prétentieux pour le NDI de pouvoir décortiquer en deux jours la problématique de l’implication des femmes dans le processus de paix et de réconciliation. Néanmoins, ce Forum est voulu comme une plate forme de rencontre et d’apprentissage pour rapprocher les femmes et les amener à travailler ensemble. Cette stratégie du NDI s’avère payante au regard des recommandations faites par les femmes à la CDVR, à l’Assemblée Nationale, au Gouvernement, aux chefs traditionnels et religieux. Le Forum recommande entre autre qu’une loi sur la parité au niveau des postes de décision soit prise, que les femmes leaders d’opinion et des OSC soient formées, organisées et qu’elles reçoivent les moyens nécessaire dans l’exécution de leurs activités pour la paix et la réconciliation. Il s’agit également d’encourager l’implication des médias publics dans le processus de réconciliation nationale soutenu par un engagement politique véritable et de mettre sur pied des mécanismes pour écouter les victimes et leur rendre justice en procédant à la réparation des dommages subis. Pour le Président Charles Konan Banny de la Commission Dialogue Vérité et Réconciliation, l’engagement des femmes dans le processus de réconciliation n’est plus à plaider. Il s’agit désormais de mieux les impliquer dans tous les mécanismes de prise de décision par la promotion du genre dans les instances de prise de décision. Femmes comme égales partenaires dans le processus de paix et de réconciliation, une campagne du NDI qui s’appui sur toutes les femmes sans exclusion pour la cause de la réconciliation.

SUY Kahofi

Femme et postes électifs en Côte d’Ivoire

Jacqueline Lohoues Oble, seule femme candidate aux dernières présidentielles Ivoiriennes

Les femmes Ivoiriennes selon les derniers chiffres liés au recensement de la population en Côte d’Ivoire représentent près de 55% de la population. Considérées comme de véritables acteurs de la vie socio-économique, elles peinent pourtant à émerger au plan politique. Bien qu’étant actives dans les partis politiques, rares sont celles qui passent l’étape de simple organisatrice de buffet lors des campagnes, d’animatrice de stand ou de distributrice de tracts et tee-shirt. Jetons un regard sur les statistiques d’avant la crise post-électorale pour avoir un aperçu de cette faible représentativité féminine. Les femmes représentent 8,5% du parlement Ivoirien, à l’exception de Madame Tia Monnet de Biankouma tous les Conseils Généraux étaient dirigés par les hommes ! Qu’est ce qui peut bien expliquer cette faible représentativité des femmes sur l’échiquier politique et pourquoi les femmes s’engagent aussi peu en politique pour se positionner à des postes électifs ? Les Ivoiriennes expliquent cette situation par les pesanteurs culturelles et les coutumes. « Quand un homme met au monde deux enfants il a tendance à scolariser le petit garçon et a oublié la petite fille. Elle reste à la maison pour aider sa maman. Du coup elle est formatée pour devenir une ménagère et elle grandit avec cet esprit. Elle s’émancipe difficilement et cela est vérifié dans nos société du nord où la femme est pratiquement un être de seconde zone » nous explique Aïssatou KONE enseignante. Pour YAO Sandrine les femmes ont un peu trop peur des hommes. « Nous avons-nous-mêmes peur de nous émancipé. Quand dans un parti politique on demande à une femme d’être candidate elle attend que son mari décide à sa place, elle refuse parce qu’elle a peur des hommes et elle se sent inférieure » soutien la jeune étudiante. Dambélé Assana va plus loin en soulignant « qu’en Afrique les femmes n’ont pas droit à la parole en public et cela crée comme un blocage. La femme reste en retrait de l’assemblée pour faire la cuisine et pouponner les enfants ».

La peur d’affronter les hommes, les problèmes culturels, les coutumes, les problèmes de discrimination basée sur le genre expliquent bien cette sous-représentativité des femmes aux postes électifs. Comme toutes ces intervenantes, Charles Yahovi Djékpo, Directeur résident du National Democratic Institute (NDI) pointe aussi du doigt les facteurs culturels dans nos sociétés africaines. « Nous sommes dans une ambiance culturelle caractérisée par une domination masculine très forte. On est un peu dans la situation que Molière dénonçait dans Les femmes savantes. ‘’La femme comme la poule doit s’abstenir de chanter devant le coq’’ ! Nous sommes dans un contexte culturel où la femme a sa place à la maison et non dans les assemblées ou les grandes rencontres politiques. Elle reste donc le gardien de la maison et rien d’autre ! Pourtant les femmes dans nos sociétés africaines sont celles qui portent les foyers à travers leurs activités génératrices de revenus ». Les femmes si présentes dans la sphère socio-économique sont donc victimes d’une certaine manière d’une injustice politique qui ne dit son nom. Pourtant les femmes sont convaincues que si elles prennent le pouvoir d’importantes mutations peuvent s’opérer dans la vie de la Nation Ivoirienne. « Une femme lorsqu’elle décide de faire quelque chose elle le fait et elle le fait bien ! Elle ne donne pas dans les demi-mesures et les fausses promesses car sa dignité de femme est en jeu » estime Aïssatou KONE. « Les hommes ont montré leurs limites il est temps de laisser les femmes s’exprimer aussi et de mettre leur savoir-faire au service du peuple. Regardez vous-mêmes, les femmes qui ont pu accéder à des postes de responsabilité élevés ont donné la preuve qu’elles sont dignes de confiance. Alors pourquoi penser que la femme doit se tenir à l’écart du débat politique ? » s’interroge Dambélé Assana. Pour que les femmes soient plus présentes en politique pour briguer les postes électifs Charles Yahovi Djékpo, Directeur résident du National Democratic Institute propose comme première pistes de solution un engagement sincère des femmes. « Les femmes n’ont rien à envier aux hommes pour ce qui est du talent en politique. Il suffit qu’elles aient un peu confiance en elles. Il faut aussi et surtout que le gouvernement Ivoirien traduise de façon concrète les conventions sur la parité qu’il a signées au plan International et sous-régional. C’est seulement en définissant un cadre juridique nouveau que les femmes pourront se sentir à l’aise en politique ».

SUY Kahofi

Les femmes Ivoiriennes veulent être plus présentes à l’hémicycle

Les femmes après la lutte veulent aussi décider pour la nation.

Depuis son indépendance et malgré les projets de loi visant à accroître la représentativité des femmes à l’Assemblée Nationale, la Côte d’Ivoire peine à avoir un nombre significatif de femmes député. Loin derrière les avancées en termes de parité homme – femme obtenue par des pays de la sous-région comme le Mali, le pays éprouve d’énormes difficultés à respecter le quota 1/3 de femme pour les sièges disponibles. Plusieurs raisons expliquent cette représentation faible des femmes non seulement à l’Assemblée Nationale mais également dans les sphères de décision des partis politiques. Comme dans la vie de tous les jours, les femmes dans les partis politiques doivent jouer les seconds rôles : elles sont bonnes pour la restauration, la décoration et jouer aux hôtesses lors des meetings. Les rares qui arrivent à se faire une place au sommet de l’échelle dans les partis politiques doivent faire face à un esprit machiste bien connu en Côte d’Ivoire qui consiste à croire que les femmes ne peuvent pas diriger ! Lors des primaires pour le choix des candidats l’option du 50/50 sur les listes n’est pas respecté et au final les partis présente encore et toujours un nombre insignifiant de femme lors des élections.

Pour Mme Yao Euphrasie consultante internationale sur les questions d’équilibre des genres il faut penser à ‘’forcer la main’’ aux partis politiques pour que ceux-ci pensent à l’équilibre des genres dans le choix des candidats. « Lors des législatives au Niger, le Président avait demandé aux partis politiques de proposer des listes avec des femmes pour permettre à l’Assemblée Nationale d’avoir au moins une dizaine de femmes députés. Les partis n’ont pas respecté cette prescription en prétextant que les femmes sont introuvables ! Alors la commission électorale a invalidé la majorité des listes à moins de 48 heures du vote. Voyant la menace planer sur eux les partis politiques on ne sait par quel miracle ont retrouvé les femmes nigériennes qu’ils disaient absentes de la sphères politiques ». A travers cet exemple, Mme Yao Euphrasie pense qu’il faut des mesures plus strictes pour donner la chance à plus de femmes de siéger à l’hémicycle. En attendant que ce vœu ce réalise, la Coalition des Femmes Leaders de Côte d’Ivoire accompagne les femmes Ivoiriennes qui ont pu déposer leurs dossiers pour être député a l’issu du vote du 15 décembre. Des séminaires de renforcement de capacité sont organisés à leur attention et la Coalition veut à travers cette action encourager les femmes pour qu’elles gagnent massivement après le vote. « Nous avons eu 104 femmes candidates pour ces législatives mais nous voulons que ces femmes deviennent des candidates gagnantes ! Nous avons formé ces femmes et nous voulons qu’elles mesurent l’enjeu de l’acte qu’elles ont posé à savoir bravé les préjugés pour se lancer à l’assaut de l’hémicycle. Pour la Côte d’Ivoire nouvelle, nous les femmes voulons des députés qui proposent des textes de loi adaptés aux besoins du peuple, nous voulons des députés qui impactent la vie de leurs concitoyens de façon responsable par leurs décisions et nous pensons que les femmes sont capables d’être ce modèle de députés pour notre pays » souligne Mariam Dao Gabala, présidente de la Coalition des Femmes Leader de Côte d’Ivoire.

A travers ces séminaires de formation et de renforcement des capacités des femmes candidates à la députation, les femmes Ivoiriennes font jouer la solidarité féminine. En effet les femmes de tous les partis politiques et même les candidates indépendantes se réunissent pour recevoir les enseignements d’expert sur comment mener à bien leurs campagnes et proposer un programme utile aux populations. Les femmes candidates veulent ainsi partager leurs petits secrets pour qu’au final il puisse avoir au bas mot 85 femmes députés à l’Assemblée Nationale car selon Mariam Dao Gabala « c’est le minimum pour que les femmes puissent prendre des décisions qui impactent la vie de la Nation ».

SUY Kahofi