Archives du blog

Les femmes préparent déjà les élections locales

Docteur Marie Paule Kodjo, coordinatrice générale de la COFEMCI-REPC

Docteur Marie Paule Kodjo, coordinatrice générale de la COFEMCI-REPC

Le cycle de l’élection présidentielle vient de s’achever avec la prestation de serment du président Alassane Ouattara. Les acteurs politiques lorgnent déjà sur les prochaines élections locales et les femmes entendent une fois de plus y prendre part.

Les élections locales auront bientôt lieu en Côte d’Ivoire. Celles-ci débutent par les législatives pour le contrôle de l’Assemblée Nationale, lieu où se prennent les lois qui orientent la vie de la Nation Ivoirienne. Lire la suite

OFACI : le 8 mars pour aller plus loin dans la cause de la femme

DOSSO MAFELINA présidente par intérim de l'OFACI

DOSSO MAFELINA présidente par intérim de l’OFACI

Comme chaque année l’OFACI, l’Organisation des Femmes Actives de Côte d’Ivoire marque le 8 mars par des activités de sensibilisation mais aussi une traditionnelle déclaration pour une meilleure prise de conscience sur la cause de la femme ivoirienne.

Pour cette année 2014, l’OFACI reconnait certes qu’il y eu quelques avancées dans la lutte pour les droits de la femme mais beaucoup reste à faire pour lui garantir toute son honorabilité, sa dignité et le respect qui lui est dû dans l’univers professionnel et social. Selon la présidente de l’OFACI Dosso Mafélina, son organisation a décidé de s’approprier le thème national de cette célébration qui est « les femmes au travail pour les objectifs du millénaire (OMD) et l’émergence de la CI ». Ce thème fait référence au thème international  «  l’égalité pour les femmes, c’est le progrès pour toutes et tous ». Lire la suite

Lutte contre la pauvreté : l’OFACI accompagne 8 coopératives

Remise symbolique de matériel par l'Ambassade de France

Remise symbolique de matériel par l’Ambassade de France

L’OFACI, l’Organisation des Femmes Actives de Côte d’Ivoire continue sa politique d’émancipation de la femme à travers son autonomisation. C’est dans cet ordre d’idée que l’organisation de promotion des droits de la femme a décidé de lancer un projet d’appui à 8 coopératives issues des zones CNO (Centre, Nord et Ouest). Le projet baptisé « appui à la dynamisation de 8 coopératives féminines des régions centre, nord et ouest de la Côte d’Ivoire » a été officiellement présenté aux femmes, aux hommes de médias, aux bailleurs et agences d’appui technique ce 26 avril 2013. Le siège de l’ONG Transparency Justice (Abidjan-Cocody) a servi de cadre à cette cérémonie.

Sur le bien fondé du projet, Mme Sangaré Namizata, présidente de l’OFACI a affirmé que « le premier cas de violation des droits de la femme est la pauvreté ». Vaincre donc ce fléau c’est garantir les autres droits de la femme et l’amener à être un atout incontournable pour la société dans lequel elle vie. Cette raison motive le choix de 8 coopératives féminines qui regroupent des centaines de femmes et qui ont été durement éprouvées par la récente crise socio-politique que le pays a connu. Les coopératives bénéficiaires sont la COOPAGED et UNITE de Duékoué, CODOMAN de Man, TRA N’GLIN EYONIAN de M’bahiakro, YEDJIYOMOTININ de Korhogo, SIGUI TE MOGOSSON de Tingrela, BOUCAMI de Bocanda et BENGUEMA de Kani. Ces coopératives agricoles ont reçu des outils et des intrants pour accroître leur production. Ce geste d’une haute portée sociale a été rendu possible grâce au soutien de l’Ambassade de France en Côte d’Ivoire via son service de coopération. Selon Laurent Souquière, 1er conseiller de l’Ambassade de France, la représentation diplomatique a accepté de soutenir le projet à cause du sérieux de l’OFACI et surtout à cause de la portée et de l’impact du projet pour les populations à la base. Il a souligné que la lutte contre la pauvreté s’inscrivait au cœur des nouvelles orientations de la coopération Franco-Ivoirienne.

L’exécution à proprement dit du projet bénéficiera de l’accompagnement de l’ANADER (Agence Nationale d’Appui au Développement Rural). Son directeur général Dr Cissé Sidiki est venu témoigner aux femmes tout son soutien et la disponibilité de ses équipes pour le suivi des activités sur les sites agricoles retenus par le projet. Ce suivi agricole et l’accompagnement des 8 coopératives se feront grâce à un programme qui s’articule autour de 3 axes.

« Le premier axe est le renforcement des capacités des organisations paysannes par des formations à l’esprit coopératif, la commercialisation des produits, la recherche de financement et les procédures de gestion coopératif. Le deuxième axe est l’appui technique aux femmes grâce à un apport d’intrant et de matériel. Enfin le troisième axe est l’aide pour la reconnaissance officiel des coopératives et tant qu’organisations légales » Nous explique Hortence Karaboily, chargé des programmes à OFACI.

Mme Biaga Dégnan Cécile Antoinette au nom des bénéficiaires a remercié l’Ambassade de France en tant que principal bailleur du projet, l’OFACI pour l’initiative qui vise à promouvoir l’émancipation des femmes et l’ANADER pour son soutien technique. Elle a souligné que les coopératives feront un bon usage du matériel qu’elles ont reçu.

SUY Kahofi

L’OFACI vulgarise les instruments de protection des droits de la femme

Les femmes se forment à la maîtrise des Instruments qui protègent leurs droits

Les femmes se forment à la maîtrise des Instruments qui protègent leurs droits

Les instruments qui protègent les droits de la femme existent mais nombreuses sont celles qui n’en n’ont pas connaissance. C’est donc pour aider les femmes Ivoiriennes à mieux les connaitre que l’OFACI, l’Organisation des Femmes Actives de Côte d’Ivoire a décidé d’initier un séminaire de formation régionale du 03 au 05 avril au siège du CERAP (Centre de Recherche et d’Action pour la Paix). Selon Namizata Sangaré la Présidente de l’OFACI, tous les textes de loi au plan National et International qui protègent les femmes seront revisités dans une approche pédagogique pour permettre à chaque participante de pouvoir les vulgariser à son tour. Au compteur des textes de loi inscrits à l’ordre du  chronogramme de la formation figurent en pôle position les résolutions des Nations Unies, la CEDEF (Convention sur l’Elimination de toutes les Formes de Discrimination à l’Egard de la Femme), les chartes africaines et leurs protocoles additionnels sans oublier les instruments nationaux comme la déclaration solennelle de la Côte d’Ivoire sur l’égalité des chances, l’équité et le genre. Au-delà des femmes, ce séminaire de formation régional intègre également dans son approche pédagogique les agents des forces de l’ordre. Cette présence des hommes en arme est indispensable dans la mesure où ils sont les premiers interlocuteurs des femmes en cas de violence basées sur le genre. Le présent séminaire de formation de 72 heures s’inscrit dans le cadre d’un vaste projet de l’OFACI intitulé « Projet de formation de leaders féminins sur les mécanismes nationaux et internationaux pour une protection effective des droits de la femme en Côte d’Ivoire ». Le projet sera exécuté dans 82 localités sélectionnées dans les cinq grandes régions du pays.

Deux modules ont meublé le premier jour de formation. Une initiation aux notions de droits de l’homme, droits humanitaires et principes fondamentaux suivi d’une revue des instruments nationaux de protection des droits de la femme. Au terme des échanges, les femmes n’ont pas manqué de souligner leur satisfaction face aux efforts de l’Organisation des Nations Unies, de l’Union Africaine et des ONG dans leur politique de protection des droits de la femme. Pour Coulibaly Bintou de l’ONG Tabita d’Adiaké « il est impératif que les femmes sachent dans chaque recoin du pays qu’elles ont des droits et qui sont ceux qui doivent les protéger ». Elle estime avoir avancé dans sa compréhension des droits de la femme et pense déjà à un programme de vulgarisation de ses acquis auprès de ses sœurs dès son retour dans sa localité. Le son de cloche n’est pas différent pour Assoua Akissi Marie Florence de la section OFACI Akoupé. Elle soutient que son approche de formation inclura une pédagogie basée sur les langues locales. « Nombreuses sont nos sœurs qui n’ont pas eu la chance d’aller à l’école. Pour elles nous prévoyons des séances de sensibilisation dans les langues locales pour mieux les instruire sur la portée des textes de loi qui les protège » conclu-t-elle. Le séminaire de formation régional s’achève ce vendredi 05 avril avec une formation à l’endroit des forces de l’ordre.

SUY Kahofi

Femmes Ivoiriennes et prise de décision

Piliers de nos Nations, les femmes méritent de diriger les instances de prise de décision

Piliers de nos Nations, les femmes méritent de diriger les instances de prise de décision

Il y a eu certes des avancées pour la promotion de leurs droits mais les femmes ivoiriennes sont conscientes que des batailles encore plus importantes sont à remporter. Les femmes savent que leur présence au sein des instances de prise de décision peut faire bouger les lignes. Mais comment parvenir à intégrer ces instances de prise de décision quand rares sont les femmes qui sont choisies par les hommes ? La question mérite d’être posée ! Avec une présence estimée à 12% au parlement, 5 ministres dans un gouvernement de 26 membres, aucune femme présidente de conseil régional ni même membre du conseil constitutionnel, les femmes Ivoiriennes reconnaissons-le sont très peu présentes ou même pas du tout dans les organes de prise décision. Cette sous-représentation est l’origine d’un retard immense dans l’application des textes de loi pour la promotion des droits de la femme ratifié par le pays au plan international et continental. Les nombreuses politiques pour « genrer » la fonction public, le parlement et les instances de prise de décision politique, économique et social n’ont pas encore porté de fruits.

Pour Nathalie Koné la Directrice Exécutive du CEFCI, (le Centre Féminin pour la Démocratie et les Droits Humains en Côte d’Ivoire), « le poids de la tradition ivoirienne qui veut que les femmes soient toujours dans l’ombre des hommes » explique en grande partie cette situation. Ce machisme quasi institutionnalisé a fini par confiner les femmes dans un véritable complexe d’infériorité. Dans les partis politiques ou les entreprises, rares sont les femmes ivoiriennes qui osent s’engager pour briser ce tabou. Namizata Sangaré est la Présidente de l’OFACI, (l’organisation des femmes actives de Côte d’Ivoire, la Côte d’Ivoire) et elle estime que les autorités Ivoiriennes doivent s’engager dans une autre forme de promotion de la gente féminine. « Cette promotion passe par une application pure et simple des textes contraignants de la CEDEF » soutient la Présidente de l’OFACI. Il s’agit d’une convention sur l’élimination de toutes les discriminations à l’égard des femmes. Un instrument spécifiquement lié aux droits des femmes qui a été adopté par l’Assemblée Générale des Nations Unies en 1979 et dont la Côte d’Ivoire est devenue Etat-partie le 18 décembre 1995. A défaut d’avoir des hommes disposés d’eux-mêmes à promouvoir le genre dans les instances de prise de décision, les femmes ivoiriennes estiment que les textes de lois plus strictes doivent être appliqués par l’instauration du quota homme-femme à tous les niveaux. Ce point de vue est également celui d’Aminata Kassé Faye, Directrice du NDI (National Democratic Institut) pour le Burkina Faso. « Il faut une réelle volonté politique pour que les choses changent. Les femmes ne doivent plus être considérées comme un bétail électoral ou celles qui sont bonne à chanter lors des meetings. Il faut que des lois sur la parité soient adoptées par nos Assemblées Nationales pour que l’équilibre des genres soit respecté ».

Cet équilibre dans les instances de prise de décision pourra mettre un point à des fléaux comme les violences sexuelles et physiques à l’égard des femmes Ivoiriennes, violences qui ont pris une ascension assez inquiétante.

SUY Kahofi

Violences Basées sur le Genre : l’Observatoire de l’OFACI publie ses résultats

Namizata Sangaré Présidente de l’OFACI

Namizata Sangaré Présidente de l’OFACI

« Le 07 décembre 2013 à 18 h, A.A.E 4 ans et élève en classe de maternelle à Abengourou est en vacances à Kocoumbo. Elle a été victime d’abus sexuel de la part de Y.K.G, se disant orpailleur depuis 6 mois. Le même jour, le mis en cause a été conduit à la Gendarmerie de Djékanou. A la suite de son procès, il a été condamné à 5 ans de prison et à 100.000 f d’amende ! » A l’image de ce cas de viol, de nombreux cas de violences faites aux femmes ont été rapporté aux enquêteurs de l’Observatoire de l’OFACI (Organisation des Femmes Actives de Côte d’Ivoire). Cet observatoire mis sur pied par l’OFACI depuis 2010 était face à la presse ce 22 février pour livrer les résultats de ses enquêtes. La conférence de presse donnée à cet effet a eu lieu au siège de l’OFACI sis à Adjamé 220 logements. L’observatoire de l’OFACI est né suite aux nombreuses sollicitations dont l’organisation faisait l’objet de la part des femmes. Celles-ci constamment victimes de violences de tout genre avaient recours à l’OFACI pour trouver un peu de réconfort et des conseils. L’ampleur et la multiplicité des violences que l’OFACI enregistrait l’a amené à mettre sur pied un Observatoire. Celui-ci a été conçu pour atteindre deux objectifs : documenter efficacement les différentes formes de violences faites aux femmes et fournir les informations utiles pour la mise en œuvre des stratégies de lutte contre les Violences Basées sur le Genre (VBG). Pour atteindre ses objectifs, l’observatoire se fonde sur trois sources de documentation :

1 – la cellule d’écoute et d’orientation

2 – les rapports des sections OFACI à travers le pays

3 – les allégations de violation des droits de la femme relayée par voie de presse

Ces méthodes ont donné un résultat très encourageant dans un contexte national encore marqué par de nombreuses violations des droits de la femme. Lors de son propos liminaire, Mme SANGARE Namizata, Présidente de l’OFACI a indiqué que l’Observatoire a documenté 252 cas de violation des droits de la femme qui sont des violations des chartes et conventions internationales dont la Côte d’Ivoire est signataire. Les enquêtes sur les violences à l’égard des femmes ont été menées dans 29 localités du pays et sont réparties comme suit : 02 cas de mariages forcés, 177 cas de violences sexuelles, 30 cas de mutilations génitales, 08 cas de violences conjugales et 32 cas de violences physique. Le constat général qui se dégage c’est que les violences sexuelles constituent la majorité des VBG avec un taux de 70,23%. Concernant les 32 cas de violences physiques, 15 ont conduit au décès des victimes ! « Nous pensons que trop c’est trop ! Nous avons fait pendant longtemps de la sensibilisation, il est temps de passer à l’action par l’application stricte des textes de lois Ivoiriens et ceux ratifiés au plan international par notre pays » estime Mme SANGARE qui soutient que « malgré les efforts consentis par le Gouvernement Ivoirien à travers la ratification des textes internationaux en l’occurrence la CEDEF, le protocole à la charte Africaine des Droits de l’Homme relatifs aux droits des femmes de Maputo, les VBG persistent ». Il faut agir de telle sorte que les coupables puissent répondre de leurs actes devant les juridictions compétentes et que les victimes puissent bénéficier de réparation. Voici pourquoi à la suite du rapport de son Observatoire, l’OFACI fait d’importante recommandation. Elle invite entre autre l’Etat Ivoirien à renforcer les procédures pénales en matière de lutte contre le VBG, à pénaliser l’exposition d’images dégradantes de la femme dans les lieux publiques, renforcer les capacités du Centre National de Lutte contre les violences faites aux femmes et faciliter l’accès des femmes à la justice. L’OFACI interpelle également les Médecins, les agents des Forces de l’Ordre et les Professionnels des Médias à traiter avec plus de sérieux les cas de violence faites aux femmes qui leur sont rapportés.

L’OFACI à travers la publication des résultats de son observatoire s’inscrit déjà dans le tempo de deux évènements majeurs pour la défense des droits de la femme à travers le monde. Il s’agit de la journée internationale de la femme du 08 mars avec pour thème « Une promesse est une promesse, il est temps de passer à l’action pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes » et la 57ème session de la Commission de la Condition de la Femme qui aura pour thème central, la prévention et l’élimination de toutes les formes de violences à l’égard des femmes et des filles.

SUY Kahofi

Déclaration de l’OFACI à l’occasion de la journée internationale contre les mutilations génitales féminines

Les mutilations génitales menacent la vie de nombreuses femmes à travers le monde

Le 11 juillet 2003, à l’occasion du sommet de Maputo en Mozambique, 53 Etats de l’union africaine montrent leur volonté de faire face aux différentes discriminations basées sur le genre, par la prise en compte dans leur modèle de gouvernance des droits de la femme. Cette volonté manifeste s’est traduite par l’adoption du  Protocole à la Charte africaine des Droits Humains et des Peuples relatif aux droits des femmes en Afrique, mieux connu sous l’appellation de Protocole de Maputo. Depuis cette date, de nombreux efforts ont été fait dans ce sens, cependant  beaucoup reste à faire au vu  malheureusement  de la persistance de telles pratiques notamment en Afrique,  en Asie et en Europe en raison du flux migratoire.  Cette année, le thème retenu par la communauté internationale « Tolérance zéro Excision ou Mutilations Génitales Féminines » confirme de fait le combat que l’on se doit de mener pour l’éradication définitive  de ce fléau.

Cette  éradication est d’autant plus urgente  que selon les Nations Unies, les mutilations génitales et plus précisément l’excision touchent entre 100 et 140 millions de filles et de femmes à travers le monde et environ 3 millions courent ce risque chaque année. En Côte d’ivoire près de 36 %  des femmes sont excisées selon le ministère de la famille, de la femme et de l’enfant. Au vu des conséquences négatives enregistrées sur tous le territoire ivoirien, la prise de conscience de l’importance de ce fléau, contribuera le plus tôt possible au respect de la loi 98/757 du 23 décembre 1998, interdisant la pratique de l’excision en Côte d’Ivoire. En effet, il faut noter que :

  • Les Mutilations génitales féminines violent les droits des femmes

La pratique des   mutilations génitales féminines est une violation des droits des femmes car elle contribue à la position inégale des femmes dans la société et à la discrimination dont elles font l’objet. Ces mutilations visent dans leur finalité à exercer un   contrôle sur  la sexualité des femmes d’une part  et d’autre part à renforcer les stéréotypes qui dénigrent la position des femmes dans la société.

  • Les Mutilations génitales féminines  constituent une torture et un    traitement cruel, inhumain et dégradant

Les mutilations génitales, outre qu’elles constituent une atteinte aux droits fondamentaux des femmes et un obstacle à l’exercice de leurs libertés, empêchent les femmes de se réaliser et de participer pleinement à la vie de la société, en raison de leurs conséquences douloureuses à court et long terme sur la santé.

  • Les  Mutilations génitales féminines  violent le droit à la santé

Les femmes et les filles ayant subi des mutilations  sont exposées à des conséquences à court et long terme sur leur  santé physique, psychologique, sexuelle et reproductive. Or les femmes comme toutes personnes ont le droit de jouir du meilleur état de santé physique et mental susceptible d’être atteint, de même que du droit  d’exercer le contrôle sur leur santé et leur corps. Les conséquences sur la santé sont d’autant plus importantes qu’elles concernent les capacités de reproduction.

  • Les   Mutilations génitales féminines  violent les droits de l’enfant et plus précisément ceux de la petite fille

Les mutilations génitales constituent  en effet une atteinte à l’épanouissement physique, psychologique et même sociale de la femme et de la petite fille. En effet toute violence physique à l’égard des femmes influe sur la santé et le  bien-être. Le  coût humain de telles pratiques, s’élève à des milliers de morts chaque année dont plus de la moitié sont des petites filles.

Au vu de ce qui précède, L’OFACI en tant qu’organisation qui milite en faveur des droits de la femme propose  pour une  prohibition définitive de toutes les formes de mutilations génitales, que celles-ci soient envisagées en tant que  véritable problème de santé publique. De cette manière elles passeront comme priorité dans les programmes de santé publique au même titre que la lutte contre le VIH / SIDA et le paludisme. Aussi, l’OFACI recommande t-elle :

En amont :

  • La multiplication  des campagnes de sensibilisations dans les régions et zones réputées à risque,
  • La sensibilisation des acteurs religieux  pour la promotion et l’abandon de la pratique de l’excision,
  • La reconversion assistée des matronnes en vue de leur offrir  d’autres formes de revenus,
  • La protection des victimes potentielles et leur sensibilisation sur les risques encourus.

En aval :

  • L’encouragement à la dénonciation anonyme des coupables,
  • Le renforcement   des sanctions sur les coupables par l’adoption de lois plus coercitives,
  • Le soutien  médical,  psychologique et financier des victimes de mutilation génitale.

Fait à Abidjan le 07 février 2012

La Présidente Nationale SANGARE Namizata

Droit des femmes : le combat se poursuit

Namizata Sangaré Présidente de l’OFACI

Du 12 au 14 septembre 2011, le CERAP d’Abidjan-Cocody avait abrité un projet de formation des leaders féminins sur les mécanismes internationaux et nationaux pour une protection effective des droits de la femme en Côte d’Ivoire. Cette formation avait été initiée par l’OFACI (l’organisation des femmes actives de Côte d’Ivoire) appuyé par l’Ambassade du Canada et avait regroupé plus de 170 femmes de tous le pays. Les travaux de restitution des dix communes d’Abidjan ont eu lieu ce mardi 20 décembre 2011 au siège de Transparancy Justice à Cocody Danga. Abidjan est la 75ème localité à livrer les conclusions du monitoring des formations reçues en septembre.

Ce processus de restitution fait suite à des actions de terrain menées par les femmes. Les leaders féminins sont allés vulgariser le contenu des 8 modules de formation auprès des populations. Ces 8 modules portaient sur les droits sociaux, moraux, juridiques et économiques des femmes. A la lecture des travaux de restitution force est de constater que les femmes Ivoiriennes ont décidé de faire tienne les textes contenus dans la CEDEF un instrument ratifié par 185 pays dans le monde. « La CEDEF est la convention sur l’élimination de toutes les discriminations à l’égard des femmes est un instrument qui a été adopté par l’Assemblée Générale des Nations Unies en 1979. Il s’agit d’un instrument spécifiquement droit des femmes ! La Côte d’Ivoire est devenue Etat-partie le 18 décembre 1995. Cet instrument pour nous est complet car il parle des droits globaux de la femme » nous explique Namizata Sangaré Présidente de l’OFACI. La CEDEF fait obligation à chaque Etat signataire de faire respecter les droits contenus dans la charte de protection des droits de la femme. Des mécanismes juridiques existent en cas de violation de ses textes de loi par un Etat signataire. Les femmes ont été également instruites sur le mécanisme de saisine des instances de veille de l’application de la CEDEF.

La CEDEF ne fut pas le seul texte revisité par les femmes : elles se sont attardées sur le Protocole de Maputo sans oublier la déclaration solennelle des Chefs d’Etats Africains sur le principe de parité entre les hommes et les femmes. Après les travaux de restitution dans toute la Côte d’Ivoire à savoir les 80 localités concernées par le projet, le document de synthèse baptisé ‘’Les Instruments Nationaux, Régionaux et Internationaux de promotion et de protection des droits de la femme’’ sera ventilé auprès de chaque femme Ivoirienne quelque soit sa condition socio-économique. « Il s’agira surtout d’une action de vulgarisation du contenu du document de synthèse de telle sorte que chacun à son niveau puisse savoir dans ce pays quels sont les droits des femmes Ivoiriennes » précise la Présidente de l’OFACI. Les hommes en uniforme ne seront pas oubliés dans cette vulgarisation de terrain. Les Policiers, les Gendarmes et les éléments des FRCI seront formés sur les droits de la femme pour que celles-ci soient mieux protéger. Une copie du document de synthèse leur sera remise et celui-ci leur servira de boussole comme le code pénal pour les cas avérés de violation des droits de la femme.

SUY Kahofi

Côte d’Ivoire : Le Premier rapport national sur les droits des femmes publié

Un rapport pour que les femmes soient respectées

Après son rapport préliminaire I sur la situation des droits de la femme au lendemain de la crise post-électorale, l’OFACI, l’Organisation des Femmes Actives de Côte d’Ivoire vient de finaliser et de mettre à la disposition du gouvernement, des ONG et du peuple Ivoirien le premier rapport sur les droits des femmes. Le rapport d’enquête de 32 pages rédigé en français et en anglais a été publié ce 25 novembre à l’occasion de la journée Internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Les enquêtes de terrain ont été mené dans 16 localités où des bouffées de violence ont été signalées depuis le début de l’année 2010 et plus précisément au début du processus de la Présidentielle. Les cas de violence faite aux femmes sont notamment les cas de viol, de torture, d’exécution sommaire, de mauvaise traitement et de cessation des activités économiques du fait de la destruction ou de la disparition des moyens de subsistance. Le rapport souligne très clairement et sans détoure que 766 femmes ont été des victimes des groupes armés pro-gbagbo et pro-ouattara. Il s’agit entre autre « des FDS (Forces de Défense et de Sécurité), des FRCI (Forces Républicaines de Côte d’Ivoire), les mercenaires étrangers, les miliciens, les jeunes patriotes, les membres de la Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI), les militants LMP et du RHDP, le commando invisible et les Dozos ». Le chiffre de 766 ne prend en compte que les femmes qui ont accepté de témoigner auprès des enquêteurs de l’OFACI, ce qui démontre que ce chiffre pourrait être plus élevé !

La Ministre Ivoirienne de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Goudou Koffi Raymond s’est dit satisfaite et fière de l’initiative de l’OFACI qui s’efforçait de collecter des informations au plus fort de la crise. La tâche n’a pas été de tout repos pour les enquêteurs qui ont mené leurs activités sur le terrain en ayant à l’esprit toutes les conventions sur les droits de l’Homme et de la femme ratifiées par la Côte d’Ivoire. Les principales conventions sur lesquelles l’OFACI s’est appuyée sont principalement celles de la CEDEAO et de l’ONU. Une si belle initiative n’aurait aucune valeur si à l’avenir rien n’est fait pour protéger les femmes en période de conflit et même en dehors. L’élimination des violences faites aux femmes passe avant tout par un combat de tous les jours car c’est principalement en luttant contre les femmes battues dans le silence de leur foyer ou celles obligées de payer un droit de cuissage avant d’avoir un travail que les droits de la femme pourront être protégées en période de conflit.

C’est pourquoi Namizata Sangaré Présidente de l’OFACI insiste sur les recommandations liées à ce rapport car bien trop souvent la société civile est très peu écoutée. L’OFACI plaide auprès des autorités Ivoiriennes pour qu’elles apportent un soutien médical, psychologique et juridique aux femmes sans distinction de religion, d’obédience politique et d’ethnie. Faciliter l’accès aux crédits pour les femmes devenues chefs de famille du fait de la guerre, réparer les dommages subis par les victimes et veiller entre autre à la mise sur pied en Côte d’Ivoire d’une commission nationale d’enquête indépendante et impartiale sur la question des droits de l’Homme. L’OFACI invite les ONG sœurs de la société civile à sensibiliser les populations pour réduire la stigmatisation et l’ignorance sur l’ampleur des violences faites aux femmes. Aux Institutions internationales l’organisation demande qu’un soutien financier, humain et matériel pour que la Côte d’Ivoire ne soit pas seule dans son combat pour le respect de la femme.

SUY Kahofi

Journée Internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes : déclaration de l’OFACI

Nous ne pouvons pas prétendre les aimer et les bâillonner !

Le 25 novembre marque la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Cette journée tire son origine des années 60.

En effet, le 25 novembre 1960 trois sœurs, Patricia, Minerva et Maria Theresa Mirabal militantes dominicaine, furent brutalement assassinées sur les ordres du dictateur et chef de l’Etat, Raphaël TRUJILLO (république Dominicaine) participant activement aux actions politiques menées contre le régime en place.

Elles furent de ce fait, persécutées par le régime TRUJILLO et incarcérées à plusieurs reprises, devenant ainsi des symboles de résistance à la dictature du régime de TRUJILLO. Leur assassinat causa un choc énorme à la population toute entière et fut l’un des facteurs qui déclenchèrent un mouvement anti-TRUJILLO.

 Ceci dit les sœurs Mirabal symbolisent aussi bien la résistance d’un peuple que la résistance des femmes, c’est tout naturellement qu’il fut décidé à l’issu de la 1ère rencontre Féministe en 1981 en Colombie pour l’Amérique latine et les caraïbes de faire du 25 novembre la journée de l’élimination de la violence à l’égard des Femmes.

Dans le souci de trouver des stratégies efficaces de prévention et d’éradication de cette pratique, plusieurs conférences internationales dont la conférence de Viennes sur les droits humains, tenue en 1993,la Conférencedu Caire sur la population et le développement, tenue en 1994 et la conférence de Pékin sur les femmes, tenue en 1995. Ces différentes rencontres au plan international, ont poussé les Nations Unies dans leur résolution 54/14, issue de l’Assemblée Générale du 17 décembre 1999, à fixer le 25 novembre comme journée internationale pour l’élimination de la violence à  l’égard des femmes ; invitant alors les gouvernements et les ONG à organiser ce jour-là les activités destinées à sensibiliser l’opinion publique sur ce phénomène.

Cette journée est importante d’autant plus qu’elle marque le début des 16 jours d’activismes contre la violence sexiste, jusqu’au 10 décembre, où est commémorée la journée internationale des droits de l’Homme. Elle est donc une occasion pour les gouvernements, les organisations internationales et nationales d’éveiller les consciences sur les violences faites aux femmes.

C’est ainsi que de nombreux efforts furent consentis aussi bien par la communauté internationale que par les Etats, ce par l’adoption et la ratification  de conventions en faveur de l’élimination de la violence à l’égard de la femme.

La Côte d’Ivoire s’est également inscrit dans cette lancée, par la ratification de la plupart des conventions visant l’élimination de ce phénomène et a progressivement mis en place une législation et des institutions pour prévenir et réprimer les violences à l’égard des femmes et des enfants. Ainsi, ont été adoptées certaines dispositions, telles l’article 354 du code pénal de 1982 réprimant le viol, la loi n° 98/757 du 23 décembre 1998 réprimant les mutilations génitales assimilées à une forme de violences à l’égard des femmes, la loi n° 98/756 du 23 décembre 1998 réprimant le harcèlement sexuel, le travail forcé et le mariage précoce. Pour une meilleure appropriation du combat contre les violences faites aux femmes par le gouvernement ivoirien, il a été mis en place en 2000, un comité national de lutte contre les violences faites aux femmes (structure rattachée au cabinet du ministre de la famille, de la femme et de l’enfant). A côté de l’action gouvernementale, il faut souligner le rôle important des ONG nationales dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

Cependant, force est de constater que la violence à l’encontre des femmes et des jeunes filles a atteint les proportions croissante dans le monde. Les femmes sont victimes des violences physiques, contrainte à des rapports sexuels ou victime d’autres mauvais traitements souvent dégradants ou inhumains que sont les violences sexuelles, conjugales, les abus psychologiques et émotifs, la prostitution forcée, le harcèlement sexuel et les pratiques traditionnelles néfastes (les mutilations génitales féminines, les mariages forcés, ou le lévirat etc).

En ce jour où le monde entier célèbre cette journée autour du thème:

 «  De la paix à la maison à la paix dans le monde: Défions le militarisme et finissons-en avec la violence faite aux femmes », il nous apparaît opportun d’approfondir nos réflexions sur l’importance de la paix dans la famille c’est-à-dire, la micro société où naissent les individus qui deviennent des citoyens de demain. La famille est donc le lieu privilégié où l’Homme forge son caractère soit par la culture de la paix, soit par la culture de la violence. Elle est de ce fait, le cadre de transformation de l’Homme.

Le thème de l’année 2011 cadre bien avec la situation de la Côte d’Ivoire. La crise que vient de traverser notre pays, démontre bien la limite des familles dans leur rôle d’éducation et de socialisation de l’ivoirien à la culture de paix. C’est pourquoi, au moment où le monde entier célèbre cette journée, au moment où la Côte d’Ivoire renoue avec sa paix d’atan, l’OFACI interpelle les femmes, mères et épouses à jouer pleinement ce rôle d’éducateur qui est le leur. L’OFACI voudrait inviter chaque acteur de la société à  rechercher la paix au sein de sa  famille dans le but de la propager dans le monde. Et ce par l’engagement à lutter contre toutes les formes de violences à l’égard des femmes, socle de toute société. D’où la nécessité de faire de cette lutte un cheval de bataille, afin que le monde soit une havre de paix.

 C’est pourquoi l’OFACI, tout en encourageant le gouvernement ivoirien dans son élan de recherche de paix, souhaite que les auteurs des violences faites aux femmes soient punis.

Que des dispositions soient prises pour prévenir les cas de violences à l’encontre des femmes et bien plus, à promouvoir et à protéger les droits de ces dernières pour que la nation retrouve la paix tant recherchée.

Fait à Abidjan le 25 novembre 2011

SANGARE Namizata