Archives du blog

500 millions d’Euros pour lutter contre les VFF

Phumzile Mlambo-Ngcuka, directrice de ONU-Femmes à Abidjan

L’Organisation des Nations Unies (ONU) accompagne la lutte contre les violences faites aux femmes à travers le monde depuis sa création. Cet accompagnement se renforce grâce à une enveloppe de 500 millions d’Euros soit environ 325 milliards de f CFA.

L’annonce de cette enveloppe de 500 millions d’Euros pour booster la lutte contre les VFF a été faite par la directrice de ONU-Femmes à Abidjan, Phumzile Mlambo-Ngcuka, au cours d’une conférence de presse animée au siège d’ONU-Femmes Côte d’Ivoire. Ce jeudi 30 novembre 2017, elle a indiqué que ce fonds va permettre d’assister et d’améliorer la campagne de lutte contre les violences faites aux femmes dénommé He for She (lui pour elle). Cette campagne est prévue pour être lancée en juin 2018. He for She est une campagne qui ciblera les principales violences faites aux femmes que l’ONU-femmes cible depuis sa création. Lire la suite

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La Côte d’Ivoire présente sa stratégie nationale de lutte contre les VBG

Les peines prévues par la loi seront désormais appliquées

Les peines prévues par la loi seront désormais appliquées

La stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) a été présentée ce vendredi 5 septembre 2014 par le ministère en charge de la famille. L’objectif de cette stratégie consignée dans un document est de permettre au Comité National de lutte contre les VBG d’être opérationnel et de mettre en œuvre son plan d’action.

La mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre qui s’étendra jusqu’en 2016 va coûter plus de 4 milliards de f CFA. Avec cette stratégie l’Etat ivoirien entend réduire ces violences qui ont pris une proportion inquiétante et les chiffres avancés par Suzane Konaté Maïga, représentante pays de l’UNFPA le démontre. Lire la suite

L’OFACI vulgarise les instruments de protection des droits de la femme

Les femmes se forment à la maîtrise des Instruments qui protègent leurs droits

Les femmes se forment à la maîtrise des Instruments qui protègent leurs droits

Les instruments qui protègent les droits de la femme existent mais nombreuses sont celles qui n’en n’ont pas connaissance. C’est donc pour aider les femmes Ivoiriennes à mieux les connaitre que l’OFACI, l’Organisation des Femmes Actives de Côte d’Ivoire a décidé d’initier un séminaire de formation régionale du 03 au 05 avril au siège du CERAP (Centre de Recherche et d’Action pour la Paix). Selon Namizata Sangaré la Présidente de l’OFACI, tous les textes de loi au plan National et International qui protègent les femmes seront revisités dans une approche pédagogique pour permettre à chaque participante de pouvoir les vulgariser à son tour. Au compteur des textes de loi inscrits à l’ordre du  chronogramme de la formation figurent en pôle position les résolutions des Nations Unies, la CEDEF (Convention sur l’Elimination de toutes les Formes de Discrimination à l’Egard de la Femme), les chartes africaines et leurs protocoles additionnels sans oublier les instruments nationaux comme la déclaration solennelle de la Côte d’Ivoire sur l’égalité des chances, l’équité et le genre. Au-delà des femmes, ce séminaire de formation régional intègre également dans son approche pédagogique les agents des forces de l’ordre. Cette présence des hommes en arme est indispensable dans la mesure où ils sont les premiers interlocuteurs des femmes en cas de violence basées sur le genre. Le présent séminaire de formation de 72 heures s’inscrit dans le cadre d’un vaste projet de l’OFACI intitulé « Projet de formation de leaders féminins sur les mécanismes nationaux et internationaux pour une protection effective des droits de la femme en Côte d’Ivoire ». Le projet sera exécuté dans 82 localités sélectionnées dans les cinq grandes régions du pays.

Deux modules ont meublé le premier jour de formation. Une initiation aux notions de droits de l’homme, droits humanitaires et principes fondamentaux suivi d’une revue des instruments nationaux de protection des droits de la femme. Au terme des échanges, les femmes n’ont pas manqué de souligner leur satisfaction face aux efforts de l’Organisation des Nations Unies, de l’Union Africaine et des ONG dans leur politique de protection des droits de la femme. Pour Coulibaly Bintou de l’ONG Tabita d’Adiaké « il est impératif que les femmes sachent dans chaque recoin du pays qu’elles ont des droits et qui sont ceux qui doivent les protéger ». Elle estime avoir avancé dans sa compréhension des droits de la femme et pense déjà à un programme de vulgarisation de ses acquis auprès de ses sœurs dès son retour dans sa localité. Le son de cloche n’est pas différent pour Assoua Akissi Marie Florence de la section OFACI Akoupé. Elle soutient que son approche de formation inclura une pédagogie basée sur les langues locales. « Nombreuses sont nos sœurs qui n’ont pas eu la chance d’aller à l’école. Pour elles nous prévoyons des séances de sensibilisation dans les langues locales pour mieux les instruire sur la portée des textes de loi qui les protège » conclu-t-elle. Le séminaire de formation régional s’achève ce vendredi 05 avril avec une formation à l’endroit des forces de l’ordre.

SUY Kahofi

Femmes Ivoiriennes et prise de décision

Piliers de nos Nations, les femmes méritent de diriger les instances de prise de décision

Piliers de nos Nations, les femmes méritent de diriger les instances de prise de décision

Il y a eu certes des avancées pour la promotion de leurs droits mais les femmes ivoiriennes sont conscientes que des batailles encore plus importantes sont à remporter. Les femmes savent que leur présence au sein des instances de prise de décision peut faire bouger les lignes. Mais comment parvenir à intégrer ces instances de prise de décision quand rares sont les femmes qui sont choisies par les hommes ? La question mérite d’être posée ! Avec une présence estimée à 12% au parlement, 5 ministres dans un gouvernement de 26 membres, aucune femme présidente de conseil régional ni même membre du conseil constitutionnel, les femmes Ivoiriennes reconnaissons-le sont très peu présentes ou même pas du tout dans les organes de prise décision. Cette sous-représentation est l’origine d’un retard immense dans l’application des textes de loi pour la promotion des droits de la femme ratifié par le pays au plan international et continental. Les nombreuses politiques pour « genrer » la fonction public, le parlement et les instances de prise de décision politique, économique et social n’ont pas encore porté de fruits.

Pour Nathalie Koné la Directrice Exécutive du CEFCI, (le Centre Féminin pour la Démocratie et les Droits Humains en Côte d’Ivoire), « le poids de la tradition ivoirienne qui veut que les femmes soient toujours dans l’ombre des hommes » explique en grande partie cette situation. Ce machisme quasi institutionnalisé a fini par confiner les femmes dans un véritable complexe d’infériorité. Dans les partis politiques ou les entreprises, rares sont les femmes ivoiriennes qui osent s’engager pour briser ce tabou. Namizata Sangaré est la Présidente de l’OFACI, (l’organisation des femmes actives de Côte d’Ivoire, la Côte d’Ivoire) et elle estime que les autorités Ivoiriennes doivent s’engager dans une autre forme de promotion de la gente féminine. « Cette promotion passe par une application pure et simple des textes contraignants de la CEDEF » soutient la Présidente de l’OFACI. Il s’agit d’une convention sur l’élimination de toutes les discriminations à l’égard des femmes. Un instrument spécifiquement lié aux droits des femmes qui a été adopté par l’Assemblée Générale des Nations Unies en 1979 et dont la Côte d’Ivoire est devenue Etat-partie le 18 décembre 1995. A défaut d’avoir des hommes disposés d’eux-mêmes à promouvoir le genre dans les instances de prise de décision, les femmes ivoiriennes estiment que les textes de lois plus strictes doivent être appliqués par l’instauration du quota homme-femme à tous les niveaux. Ce point de vue est également celui d’Aminata Kassé Faye, Directrice du NDI (National Democratic Institut) pour le Burkina Faso. « Il faut une réelle volonté politique pour que les choses changent. Les femmes ne doivent plus être considérées comme un bétail électoral ou celles qui sont bonne à chanter lors des meetings. Il faut que des lois sur la parité soient adoptées par nos Assemblées Nationales pour que l’équilibre des genres soit respecté ».

Cet équilibre dans les instances de prise de décision pourra mettre un point à des fléaux comme les violences sexuelles et physiques à l’égard des femmes Ivoiriennes, violences qui ont pris une ascension assez inquiétante.

SUY Kahofi

Les femmes veulent un concubinage limité à 5 ans !

Les femmes pourraient-elles solliciter de nouveau l’institution dirigée par le Président Guillaume Soro ?

Les femmes pourraient-elles solliciter de nouveau l’institution dirigée par le Président Guillaume Soro ?

Au moment où la Côte d’Ivoire se remet petit à petit de la modification de l’article 58 relatif au statut de l’homme et de la femme dans le couple, le débat sur un autre projet féministe refait surface. Il s’agit d’une revendication des Organisations Non Gouvernementales féminines qui veulent voir la durée du concubinage réduite à 5 ans !

Pour ces organisations, il est impératif dans une relation de couple que la femme puisse avoir un statut légal. La vie à deux qui s’éternise avec un nombre incalculable d’enfant nés hors mariage doit cesser.

« Imaginez-vous des couples où l’homme et la femme vivent pendant 10, 15 voire 20 ans sans que jamais l’homme n’ait le courage d’épouser la femme ? Cette dernière n’a aucune assurance dans cette relation et le comble au cas où l’homme venait à décéder, ses parents peuvent venir et dépouiller la femme de tous les biens qu’ils ont eu durant ces années de vie commune », explique Namizata Sangaré, Présidente de l’OFACI (Organisation des Femmes Actives de Côte d’Ivoire).

Pour éviter que la femme ne soit lésée dans la relation de couple, l’OFACI estime qu’il serait juste de penser à une limitation de la durée du concubinage.

« Nous estimons que la norme pourrait être fixée à 5 ans. Au-delà de ces 5 années, l’homme aura obligation d’épouser la femme », soutient Namizata Sangaré.

Cette requête pour certains hommes est réaliste. « Après 5 ans de vie commune et peut-être un ou deux enfants, dites moi qui aura envie d’une telle femme si l’homme décide de ne pas l’épouser ? », s’interroge Mr Kouassi Hubert, agent municipal. « J’estime que si vous aimez vraiment une femme après un an maximum de vie commune vous pouvez l’épouser. Il ne faut pas la garder, la faner et lui dire demain qu’elle aille se faire voir ailleurs ! Cela n’est pas correcte », soutient Tra Bi, un instituteur.

Le concubinage en perte de vitesse ?

Parlant du concubinage lui-même qui était une pratique très prisée, il semble ne plus avoir d’adeptes aujourd’hui puisse que les Ivoiriens et les Ivoiriennes se marient de plus en plus jeune.

« Dans nos sociétés traditionnelles, le concubinage était une période « d’essai » où l’homme et la femme devaient apprendre à se connaître. Cette période précédait généralement la dot qui officialisait la relation entre un homme et une femme. De nos jours, avec l’influence de l’Eglise, cette pratique est de plus en plus condamnée », explique Mme Abo Florence, une mère de famille.

Cette période d’essai où l’on « étudie son conjoint » est jugée sans intérêt pour de nombreux Ivoiriens.

« Peut-on finir d’étudier ou de connaître un homme ? », s’interroge M. Ehui. « Je pense que le concubinage ne se justifie pas : il contribue à accroître l’esprit du libertinage autour du mariage », conclut notre interlocuteur. Sanogo Abou, un commerçant n’est pas de cet avis.

« On a coutume de dire que l’homme se marie quand il peut, c’est-à-dire quand il a les moyens. La femme se marie quand elle veut et c’est vrai ! Si le concubinage dure c’est surtout une question de moyens. Les femmes sont de fidèles abonnées des mariages grandioses et je vous assure que rares sont celles qui accepteront un mariage à quatre. Au-delà, si le jeune homme n’a pas les moyens, comment il s’occupe de sa femme ? », s’interroge Abou.

Koua Ange, une jeune étudiante trouve absurde l’argument des moyens financiers et elle ne passe pas par quatre chemins pour le balayer du revers de la main.

« Quand vous vivez en concubinage, est-ce que c’est avec du gravier que vous utilisez pour nourrir votre concubine ? », demande indignée la jeune femme.

«On n’a pas besoin de millions pour vivre avec une femme. J’en connais qui touche 300.000 par mois et qui disent ne pas avoir les moyens d’une vie à deux. Pourtant certains avec 100.000 ou même moins fondent des foyers. Alors que les hommes arrêtent de nous faire entendre ce vieux disque, il est connu ! »

Le concubinage à 5 ans : un projet réaliste ?

Si à l’unanimité ou presque, le concubinage est décrié comme une pratique qui ne fait pas honneur à un couple, les avis sont plutôt partagés sur la nécessité d’en limiter la durée à 5 ans. Certains Ivoiriens trouvent cette loi réaliste et utile si elle était adoptée. D’autres estiment que le mariage qui est une union libre et basé sur l’amour serait revêtu d’un caractère contraignant.

« Je trouve que 5 ans c’est trop long ! Il faut revoir la durée à la baisse : deux ans maximum et la loi vous fait obligation d’épouser celle avec qui vous vivez ! », soutient Claudine N’guessan.

Bien que M. Karamoko estime que le projet est réaliste, il pense qu’il serait difficile de « prendre » les hommes à ce jeu ! « Les hommes sont ce qu’ils sont et ils ne sont pas prêts de changer. Ils peuvent contourner cette loi, vivre avec une femme quatre ans et la cinquième inventer une histoire et la mettre à la rue », fait remarquer notre interlocuteur.

Mlle Koné, une étudiante estime qu’elle n’est pas contre un tel projet de loi mais s’interroge sur la valeur qu’ aura une telle relation.

« Le mariage est un engagement libre entre deux parties. Limiter le concubinage signifie forcer la main aux hommes et donc tronquer l’esprit de la liberté et de l’amour dans le mariage. J’estime qu’on ne doit pas obliger quelqu’un à aller devant le maire mais plutôt laisser le soin aux membres du couple de choisir le type de leur union ».

Peut-on légiférer sur le concubinage ?

Madame Konan Marie Laure est juriste, elle estime que légiférer autour du concubinage ferait de l’ombre à une autre loi qui fonde la vie à deux au regard du droit positif. Il s’agit de la loi relative au mariage !

« Il faut d’abord comprendre que le concubinage n’est pas un contrat mais un fait de société. C’est lorsqu’une relation est contractuelle que les parties décident de la durée de ce contrat : elle est à durée déterminée ou indéterminée », soutient  Madame Konan.

« A mon avis une loi sur le concubinage pour donner un effet juridique à cette forme d’union n’a pas lieu d’exister puisque nous avons déjà la loi sur le mariage. Ce que la société souhaite c’est que la relation entre deux personnes de sexe différent qui vivent ensemble soit officialisée par le canal du mariage. La loi sur le mariage existe et je pense qu’au lieu d’espérer une nouvelle législation sur le concubinage il faut plutôt penser à faire la promotion de la loi sur le mariage pour amener plus de couples à régulariser leur situation », conclut Madame Konan.

Ce que les femmes considèrent donc comme un combat pour plus de droit pourrait avoir plus d’inconvénients que d’avantages. Une loi sur le concubinage pourrait conforter l’informel et le libertinage dans les unions mais tous ne sont pas de cet avis !

SUY Kahofi

La concubine privée de tous ses droits !

La violence est le quotidien de nombreuses femmes !

Elles sont nombreuses en Côte d’Ivoire ces femmes à qui des hommes ont fait miroiter monts et merveilles pour les appâter en vue de les attirer dans une vie de couple où il existait déjà une autre relation. Elles vivent depuis plusieurs années en concubinage une forme d’union que les lois Ivoiriennes ne reconnaissent pas. Privées de tous leurs droits elles vivent le calvaire à l’image d’Aïcha une jeune mère. Son homme moins âgé que la première concubine était soumis aux caprices de cette dernière. Résultats : la violence au quotidien malgré que la pauvre Aïcha attendait un enfant ! Par chance elle n’a vécu qu’une seule année de concubinage mais ce moment de sa vie fut marquée par l’angoisse, la tristesse et l’amertume. « Je vivais avec ce dernier qui avait déjà une copine : j’ignorais tout de cette relation. Il m’avait fait croire qu’ils avaient des problèmes et qu’ils envisageaient se séparer. Une fois que je suis arrivée chez lui j’ai constaté que ‘’l’autre’’ était toujours là ! Il me frappait, me maltraitait, il faisait des sorties nocturnes et quand je me plaignais il me battait. Il me demandait tout le temps de retourner chez moi » soutien Aïcha.

Aïcha n’a pas vraiment choisi cette vie. Son père trouvait qu’à 27 ans il était impératif pour elle de se trouver un homme. Enceinte, elle profite de sa grossesse pour s’incruster dans la vie de l’homme qu’elle croyait être le sien. Portant une grossesse presqu’à son terme et malmené par son homme elle décide de se tirer de cet enfer. Elle soutire la somme de 300.000 f CFA à son ‘’conjoint’’ et s’enfuit de la maison. « J’ai pris cet argent parce que je ne supportais plus de vivre sous le poids des coups et des bastonnades au quotidien. Il me demandait de retourner en famille et moi je lui demandais de me donner de l’argent pour que je puisse le quitter. Il n’a jamais voulu me donner quoi que ce soit et si j’ai pris cette somme de 300.000 c’est parce que je voulais surtout avoir quelque chose pour accoucher dans de bonnes conditions ! » nous explique la jeune femme. Aïcha part de la maison de son homme où elle n’avait aucun droit pour trouver refuge chez une amie mais sa cavale ne fut que de courte durée puisse que son homme décide de porter plainte dans un commissariat de Police. La convocation loin d’être au nom d’Aïcha est adressée à sa jeune camarade qui l’héberge : elle est accusée de complicité de vol ! Aïcha refusant de voir son amie payer pour son acte se rend à la Police. « J’ai confirmé à l’officier que j’avais bien pris la somme de 300.000 mais lorsque j’ai pris cet argent je l’ai informé. L’officier m’a tout simplement dit que c’est un vol. Mon ‘’conjoint’’ a aussitôt demandé que je sois mise en prison si je refusais de rendre son argent ! ». Aïcha passera 30 minutes avec sa grossesse de 7 mois derrière les barreaux, une éternité pour elle, le moment le plus triste de sa vie nous dira la jeune maman.

Son homme furieux débarque au poste de Police avec l’autre concubine : il retire sa plainte mais se désengage de la grossesse. Aïcha désormais toute seule utilisera les 300.000 f CFA pour ses soins médicaux jusqu’à l’accouchement. Jusqu’à ce jour sa petite fille n’a pas un extrait d’acte de naissance : le père refusant de s’occuper de sa progéniture. « Lorsque que j’ai accouché il m’a appelé un jour pour connaître le sexe de l’enfant. Depuis qu’il a su qu’il s’agissait d’une fille il ne m’a plus rappelé ! » nous confie Aïcha. Il nous dira par la suite qu’un ami de son ‘’conjoint’’ a tenté une médiation secrète pour que le père puisse reconnaître l’enfant. Aïcha s’oppose et soutient que si tout ce passe en cachette le père pourra tôt ou tard se désengager une nouvelle fois. Aïcha, à moins d’un sursaut d’orgueil de la part de son ex-conjoint ne pourra jamais saisir la justice pour obtenir une pension alimentaire pour sa fille. Sa petite fille n’ayant pas été reconnue par son père, sera aussi privé de tous ces droits. Le père d’Aïcha conscient d’avoir poussé sa fille à l’erreur en l’obligeant à vivre avec un homme a décidé de l’accueillir de nouveau sous son toit !

SUY Kahofi

La Côte d’Ivoire veut éradiquer les viols d’enfants

La direction de l'égalité et de la promotion du genre en conférence de presse

Les cas de violences sexuelles spécifiquement les viols ont évolué ces derniers temps en Côte d’Ivoire pour atteindre une forme pernicieuse qui consiste à violer les enfants et des bébés de moins d’un an ! Cette pratique a connu une expansion aussi bien à Abidjan qu’à l’intérieur du pays et vu sa gravité elle nécessite d’être prise au sérieux. C’est donc pour mettre frein aux agissements de ces adultes à l’esprit plutôt tordu que la Direction de l’Egalité et de la Promotion du Genre du ministère de la Famille, de la Femme et de l’Enfance a décidé d’entrer en action pour déclarer la fin de l’impunité autour de cette forme d’agression sexuelle fait aux enfants en bas-âge.

Il est important de noter que les cas de violences faites aux femmes et aux enfants spécifiquement les viols font l’objet de sensibilisations actives et massives en Côte d’Ivoire de la part du gouvernement et des organisations de la société civile avec l’appui des partenaires au développement dans l’optique que la société Ivoirienne puisse vivre mieux. Pourtant de nombreuses personnes semblent ne pas être disposé à entendre les messages de sensibilisation et poussent la bêtise un peu trop loin à l’image de ce jeune homme de 32 qui s’est rendu coupable du viol d’un enfant de deux ans et demi ou de ce vieillard de 62 qui a trouvé utile de s’acharner sur un bébé de six mois ! Ces viols sont-ils mystique comme certains le prétendent ? Difficile de trouver une explication rationnelle à ces actes ! Le ministère de la Famille, de la Femme et de l’Enfance sonne la fin de récréation en annonçant que les auteurs de tels actes subiront en particulier la rigueur de la loi une fois devant les tribunaux.

Par ailleurs le ministère de la Famille, de la Femme et de l’Enfance invite les parents à refuser tout arrangement à l’amiable avec les violeurs, à saisir la Police, la gendarmerie ou le Tribunal pour tout cas de viol sur les enfants sans oublié de se rendre dans les Centres de Santé pour que la prise en charge des enfants soient effective. Le ministère de la Famille, de la Femme et de l’Enfance appelle à la vigilance des différents acteurs : magistrats, officiers de la police et de la gendarmerie, les travailleurs sociaux, défenseurs des droits de l’homme, associations de la société civile ainsi que toutes les forces vives de la nation à prendre leurs responsabilités et ne pas banaliser les réponses à apporter à cette situation de retour en force des viols faits aux enfants.

SUY Kahofi 

Droit des femmes : le combat se poursuit

Namizata Sangaré Présidente de l’OFACI

Du 12 au 14 septembre 2011, le CERAP d’Abidjan-Cocody avait abrité un projet de formation des leaders féminins sur les mécanismes internationaux et nationaux pour une protection effective des droits de la femme en Côte d’Ivoire. Cette formation avait été initiée par l’OFACI (l’organisation des femmes actives de Côte d’Ivoire) appuyé par l’Ambassade du Canada et avait regroupé plus de 170 femmes de tous le pays. Les travaux de restitution des dix communes d’Abidjan ont eu lieu ce mardi 20 décembre 2011 au siège de Transparancy Justice à Cocody Danga. Abidjan est la 75ème localité à livrer les conclusions du monitoring des formations reçues en septembre.

Ce processus de restitution fait suite à des actions de terrain menées par les femmes. Les leaders féminins sont allés vulgariser le contenu des 8 modules de formation auprès des populations. Ces 8 modules portaient sur les droits sociaux, moraux, juridiques et économiques des femmes. A la lecture des travaux de restitution force est de constater que les femmes Ivoiriennes ont décidé de faire tienne les textes contenus dans la CEDEF un instrument ratifié par 185 pays dans le monde. « La CEDEF est la convention sur l’élimination de toutes les discriminations à l’égard des femmes est un instrument qui a été adopté par l’Assemblée Générale des Nations Unies en 1979. Il s’agit d’un instrument spécifiquement droit des femmes ! La Côte d’Ivoire est devenue Etat-partie le 18 décembre 1995. Cet instrument pour nous est complet car il parle des droits globaux de la femme » nous explique Namizata Sangaré Présidente de l’OFACI. La CEDEF fait obligation à chaque Etat signataire de faire respecter les droits contenus dans la charte de protection des droits de la femme. Des mécanismes juridiques existent en cas de violation de ses textes de loi par un Etat signataire. Les femmes ont été également instruites sur le mécanisme de saisine des instances de veille de l’application de la CEDEF.

La CEDEF ne fut pas le seul texte revisité par les femmes : elles se sont attardées sur le Protocole de Maputo sans oublier la déclaration solennelle des Chefs d’Etats Africains sur le principe de parité entre les hommes et les femmes. Après les travaux de restitution dans toute la Côte d’Ivoire à savoir les 80 localités concernées par le projet, le document de synthèse baptisé ‘’Les Instruments Nationaux, Régionaux et Internationaux de promotion et de protection des droits de la femme’’ sera ventilé auprès de chaque femme Ivoirienne quelque soit sa condition socio-économique. « Il s’agira surtout d’une action de vulgarisation du contenu du document de synthèse de telle sorte que chacun à son niveau puisse savoir dans ce pays quels sont les droits des femmes Ivoiriennes » précise la Présidente de l’OFACI. Les hommes en uniforme ne seront pas oubliés dans cette vulgarisation de terrain. Les Policiers, les Gendarmes et les éléments des FRCI seront formés sur les droits de la femme pour que celles-ci soient mieux protéger. Une copie du document de synthèse leur sera remise et celui-ci leur servira de boussole comme le code pénal pour les cas avérés de violation des droits de la femme.

SUY Kahofi

Tribune libre : 16 jours de militantisme contre la violence sexo-spécifique par la Secrétaire d’Etat Hillary Rodham Clinton

Hillary Rodham Clinton Secrétaire d'Etat des USA

Imaginez une femme. Imaginez-la dans le pays de votre choix. Elle peut représenter n’importe quel groupe socioéconomique, n’importe quelle ethnie, n’importe quelle religion. Sa journée commence avant le lever du soleil. Elle travaille entre 8 heures et 12 heures par jour pour une bouchée de pain dans un magasin, une exploitation agricole, une usine, ou chez un particulier, mais ses enfants et des parents âgés comptent sur son maigre revenu pour vivre. Quand elle rentre chez elle, elle passe des heures affairée devant un petit four de cuisson à préparer des repas pour une famille élargie.

Représentez-vous maintenant ce qui se passe quand cette femme se trouve incapable de s’acquitter de toutes ces tâches parce qu’elle a été victime de violence sexo-spécifique. Si ses blessures physiques ou psychologiques l’empêchent d’exercer son activité professionnelle ou de s’occuper de ses enfants, ces derniers quittent les bancs de l’école pour aller travailler afin de subvenir aux besoins de la famille. Les commerçants chez qui elle s’approvisionnait perdent une cliente, et leur revenu à eux aussi diminue. Vous n’avez sans doute pas de mal à vous représenter cette femme. À travers le monde, une femme sur trois est victime d’une forme quelconque de violence sexo-spécifique ; une sur cinq sera victime d’un viol ou d’une tentative de viol. Plus tard, cette violence peut revêtir la forme d’un mariage forcé, de violence conjugale ou d’exploitation sexuelle. Indépendamment de la forme qu’elle prend, la violence sexo-spécifique constitue une atteinte intolérable à la dignité humaine.

Personne ne peut quantifier la douleur et l’angoisse que provoquent ces mauvais traitements, quels qu’ils soient. Mais les factures médicales et juridiques, la perte de son salaire et la baisse de la productivité, le prix à payer sur le plan de la santé, y compris le risque accru de VIH, voilà des facteurs que l’on peut chiffrer. Qui pis est, ces effets négatifs se répercutent sur le reste de la communauté par le biais de l’augmentation des dépenses associées aux actions en justice, aux soins de santé et aux services de sécurité. Pas un pays, pas une région du monde, n’est à l’abri de ces coûts. En outre, la violence dirigée contre les femmes et les filles relève du domaine des droits de l’homme internationaux et de la sécurité nationale. Les conséquences de la violence généralisée dépassent le cadre des blessures immédiates ou des pertes économiques. Il faut y inclure les effets souvent graves et durables sur la santé, par exemple les infections sexuellement transmissibles, sans compter que les lésions sociales et psychologiques de la violence sexo-spécifique affectent les survivantes, leurs enfants, leur famille et des communautés tout entières.

Alors que la violence et les mauvais traitements tiennent les femmes à l’écart de la vie active et affaiblissent les communautés pendant des générations, le fait d’encourager la participation économique des femmes accroît le PIB national et le revenu des personnes. Il a été estimé que l’abaissement des barrières à la participation économique des femmes dans les économies émergentes pourrait accroître le revenu par habitant de 14 %. Chaque année, entre le 25 novembre, qui marque la Journée internationale pour l’élimination de la violence contre les femmes, et le 10 décembre, qui est la Journée internationale des droits de l’homme, nous entreprenons 16 jours de militantisme contre la violence sexo-spécifique. Durant cette période, nous nous engageons à dénoncer la violence contre les femmes et les filles et à améliorer la protection et la participation des femmes dans le monde entier.

Cette année, saisissons cette période de 16 jours pour renouveler notre engagement de mettre fin à la maltraitance dans le piège de laquelle tombent tant de femmes et de filles à travers le monde. Dénonçons la culture d’impunité qui perpétue ce cycle de violence. Et travaillons ensemble, en partenariat, pour reléguer aux oubliettes toutes les formes de violence.

 

 

L’ONUCI invite les animateurs des radios de proximité de la vallée du Bandama à s’impliquer dans la lutte contre les VBG

L’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) a ouvert le 5 décembre 2011, un atelier de formation sur les violences basées sur le genre (VBG) à l’intention d’une vingtaine d’animateurs des radios de la Vallée du Bandama. A l’ouverture des travaux, Flora Touali du Bureau des droits de l’Homme de l’ONUCI à Bouaké, a indiqué que ce séminaire répondait au souci de faire de ces animateurs de radios, des acteurs de lutte contre les violences basées sur le genre. « Vous êtes des acteurs importants dans la lutte contre les violences basées sur le genre. Vous êtes notre porte-voix. Je vous demande de vous impliquer activement dans la lutte contre ce fléau à travers des reportages et d’émissions relatives aux questions liées aux droits de l’homme en général et aux VBG en particulier », a-t-elle fait savoir.

Selon Armand Irié, co-animateur de cet atelier et Chargé des projets et du suivi évaluation à OIS-Afrique, l’information a un impact sur la communauté. « vous, animateurs de radios, avez besoin d’être intégrés dans le processus de prise en charge des victimes des violences basées sur le genre pour mieux informer les populations et aider éventuellement les victimes », a-t-il soutenu. Il faut noter qu’une vingtaine d’animateurs de radios prennent part à ce séminaire. Cette formation permettra aux initiateurs de vulgariser auprès des radios de proximité les normes nationales et internationales relatives aux droits de l’Homme en vue d’une bonne compréhension des enjeux en la matière, et surtout leur rôle majeur dans  la promotion des droits de l’Homme.