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Les femmes préparent déjà les élections locales

Docteur Marie Paule Kodjo, coordinatrice générale de la COFEMCI-REPC

Docteur Marie Paule Kodjo, coordinatrice générale de la COFEMCI-REPC

Le cycle de l’élection présidentielle vient de s’achever avec la prestation de serment du président Alassane Ouattara. Les acteurs politiques lorgnent déjà sur les prochaines élections locales et les femmes entendent une fois de plus y prendre part.

Les élections locales auront bientôt lieu en Côte d’Ivoire. Celles-ci débutent par les législatives pour le contrôle de l’Assemblée Nationale, lieu où se prennent les lois qui orientent la vie de la Nation Ivoirienne. Lire la suite

La Côte d’Ivoire présente sa stratégie nationale de lutte contre les VBG

Les peines prévues par la loi seront désormais appliquées

Les peines prévues par la loi seront désormais appliquées

La stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) a été présentée ce vendredi 5 septembre 2014 par le ministère en charge de la famille. L’objectif de cette stratégie consignée dans un document est de permettre au Comité National de lutte contre les VBG d’être opérationnel et de mettre en œuvre son plan d’action.

La mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre qui s’étendra jusqu’en 2016 va coûter plus de 4 milliards de f CFA. Avec cette stratégie l’Etat ivoirien entend réduire ces violences qui ont pris une proportion inquiétante et les chiffres avancés par Suzane Konaté Maïga, représentante pays de l’UNFPA le démontre. Lire la suite

Femmes Ivoiriennes et prise de décision

Piliers de nos Nations, les femmes méritent de diriger les instances de prise de décision

Piliers de nos Nations, les femmes méritent de diriger les instances de prise de décision

Il y a eu certes des avancées pour la promotion de leurs droits mais les femmes ivoiriennes sont conscientes que des batailles encore plus importantes sont à remporter. Les femmes savent que leur présence au sein des instances de prise de décision peut faire bouger les lignes. Mais comment parvenir à intégrer ces instances de prise de décision quand rares sont les femmes qui sont choisies par les hommes ? La question mérite d’être posée ! Avec une présence estimée à 12% au parlement, 5 ministres dans un gouvernement de 26 membres, aucune femme présidente de conseil régional ni même membre du conseil constitutionnel, les femmes Ivoiriennes reconnaissons-le sont très peu présentes ou même pas du tout dans les organes de prise décision. Cette sous-représentation est l’origine d’un retard immense dans l’application des textes de loi pour la promotion des droits de la femme ratifié par le pays au plan international et continental. Les nombreuses politiques pour « genrer » la fonction public, le parlement et les instances de prise de décision politique, économique et social n’ont pas encore porté de fruits.

Pour Nathalie Koné la Directrice Exécutive du CEFCI, (le Centre Féminin pour la Démocratie et les Droits Humains en Côte d’Ivoire), « le poids de la tradition ivoirienne qui veut que les femmes soient toujours dans l’ombre des hommes » explique en grande partie cette situation. Ce machisme quasi institutionnalisé a fini par confiner les femmes dans un véritable complexe d’infériorité. Dans les partis politiques ou les entreprises, rares sont les femmes ivoiriennes qui osent s’engager pour briser ce tabou. Namizata Sangaré est la Présidente de l’OFACI, (l’organisation des femmes actives de Côte d’Ivoire, la Côte d’Ivoire) et elle estime que les autorités Ivoiriennes doivent s’engager dans une autre forme de promotion de la gente féminine. « Cette promotion passe par une application pure et simple des textes contraignants de la CEDEF » soutient la Présidente de l’OFACI. Il s’agit d’une convention sur l’élimination de toutes les discriminations à l’égard des femmes. Un instrument spécifiquement lié aux droits des femmes qui a été adopté par l’Assemblée Générale des Nations Unies en 1979 et dont la Côte d’Ivoire est devenue Etat-partie le 18 décembre 1995. A défaut d’avoir des hommes disposés d’eux-mêmes à promouvoir le genre dans les instances de prise de décision, les femmes ivoiriennes estiment que les textes de lois plus strictes doivent être appliqués par l’instauration du quota homme-femme à tous les niveaux. Ce point de vue est également celui d’Aminata Kassé Faye, Directrice du NDI (National Democratic Institut) pour le Burkina Faso. « Il faut une réelle volonté politique pour que les choses changent. Les femmes ne doivent plus être considérées comme un bétail électoral ou celles qui sont bonne à chanter lors des meetings. Il faut que des lois sur la parité soient adoptées par nos Assemblées Nationales pour que l’équilibre des genres soit respecté ».

Cet équilibre dans les instances de prise de décision pourra mettre un point à des fléaux comme les violences sexuelles et physiques à l’égard des femmes Ivoiriennes, violences qui ont pris une ascension assez inquiétante.

SUY Kahofi

Tribune libre : 16 jours de militantisme contre la violence sexo-spécifique par la Secrétaire d’Etat Hillary Rodham Clinton

Hillary Rodham Clinton Secrétaire d'Etat des USA

Imaginez une femme. Imaginez-la dans le pays de votre choix. Elle peut représenter n’importe quel groupe socioéconomique, n’importe quelle ethnie, n’importe quelle religion. Sa journée commence avant le lever du soleil. Elle travaille entre 8 heures et 12 heures par jour pour une bouchée de pain dans un magasin, une exploitation agricole, une usine, ou chez un particulier, mais ses enfants et des parents âgés comptent sur son maigre revenu pour vivre. Quand elle rentre chez elle, elle passe des heures affairée devant un petit four de cuisson à préparer des repas pour une famille élargie.

Représentez-vous maintenant ce qui se passe quand cette femme se trouve incapable de s’acquitter de toutes ces tâches parce qu’elle a été victime de violence sexo-spécifique. Si ses blessures physiques ou psychologiques l’empêchent d’exercer son activité professionnelle ou de s’occuper de ses enfants, ces derniers quittent les bancs de l’école pour aller travailler afin de subvenir aux besoins de la famille. Les commerçants chez qui elle s’approvisionnait perdent une cliente, et leur revenu à eux aussi diminue. Vous n’avez sans doute pas de mal à vous représenter cette femme. À travers le monde, une femme sur trois est victime d’une forme quelconque de violence sexo-spécifique ; une sur cinq sera victime d’un viol ou d’une tentative de viol. Plus tard, cette violence peut revêtir la forme d’un mariage forcé, de violence conjugale ou d’exploitation sexuelle. Indépendamment de la forme qu’elle prend, la violence sexo-spécifique constitue une atteinte intolérable à la dignité humaine.

Personne ne peut quantifier la douleur et l’angoisse que provoquent ces mauvais traitements, quels qu’ils soient. Mais les factures médicales et juridiques, la perte de son salaire et la baisse de la productivité, le prix à payer sur le plan de la santé, y compris le risque accru de VIH, voilà des facteurs que l’on peut chiffrer. Qui pis est, ces effets négatifs se répercutent sur le reste de la communauté par le biais de l’augmentation des dépenses associées aux actions en justice, aux soins de santé et aux services de sécurité. Pas un pays, pas une région du monde, n’est à l’abri de ces coûts. En outre, la violence dirigée contre les femmes et les filles relève du domaine des droits de l’homme internationaux et de la sécurité nationale. Les conséquences de la violence généralisée dépassent le cadre des blessures immédiates ou des pertes économiques. Il faut y inclure les effets souvent graves et durables sur la santé, par exemple les infections sexuellement transmissibles, sans compter que les lésions sociales et psychologiques de la violence sexo-spécifique affectent les survivantes, leurs enfants, leur famille et des communautés tout entières.

Alors que la violence et les mauvais traitements tiennent les femmes à l’écart de la vie active et affaiblissent les communautés pendant des générations, le fait d’encourager la participation économique des femmes accroît le PIB national et le revenu des personnes. Il a été estimé que l’abaissement des barrières à la participation économique des femmes dans les économies émergentes pourrait accroître le revenu par habitant de 14 %. Chaque année, entre le 25 novembre, qui marque la Journée internationale pour l’élimination de la violence contre les femmes, et le 10 décembre, qui est la Journée internationale des droits de l’homme, nous entreprenons 16 jours de militantisme contre la violence sexo-spécifique. Durant cette période, nous nous engageons à dénoncer la violence contre les femmes et les filles et à améliorer la protection et la participation des femmes dans le monde entier.

Cette année, saisissons cette période de 16 jours pour renouveler notre engagement de mettre fin à la maltraitance dans le piège de laquelle tombent tant de femmes et de filles à travers le monde. Dénonçons la culture d’impunité qui perpétue ce cycle de violence. Et travaillons ensemble, en partenariat, pour reléguer aux oubliettes toutes les formes de violence.

 

 

L’ONUCI invite les animateurs des radios de proximité de la vallée du Bandama à s’impliquer dans la lutte contre les VBG

L’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) a ouvert le 5 décembre 2011, un atelier de formation sur les violences basées sur le genre (VBG) à l’intention d’une vingtaine d’animateurs des radios de la Vallée du Bandama. A l’ouverture des travaux, Flora Touali du Bureau des droits de l’Homme de l’ONUCI à Bouaké, a indiqué que ce séminaire répondait au souci de faire de ces animateurs de radios, des acteurs de lutte contre les violences basées sur le genre. « Vous êtes des acteurs importants dans la lutte contre les violences basées sur le genre. Vous êtes notre porte-voix. Je vous demande de vous impliquer activement dans la lutte contre ce fléau à travers des reportages et d’émissions relatives aux questions liées aux droits de l’homme en général et aux VBG en particulier », a-t-elle fait savoir.

Selon Armand Irié, co-animateur de cet atelier et Chargé des projets et du suivi évaluation à OIS-Afrique, l’information a un impact sur la communauté. « vous, animateurs de radios, avez besoin d’être intégrés dans le processus de prise en charge des victimes des violences basées sur le genre pour mieux informer les populations et aider éventuellement les victimes », a-t-il soutenu. Il faut noter qu’une vingtaine d’animateurs de radios prennent part à ce séminaire. Cette formation permettra aux initiateurs de vulgariser auprès des radios de proximité les normes nationales et internationales relatives aux droits de l’Homme en vue d’une bonne compréhension des enjeux en la matière, et surtout leur rôle majeur dans  la promotion des droits de l’Homme.

Paix et démocratie : faites-vous entendre !

SANGARE Namizata Présidente Nationale de l’OFACI

Déclaration de l’organisation des femmes actives de cote d’ivoire (OFACI) à l’occasion de la journée Internationale de la paix

Le 21 septembre 2011, marque la trentième célébration de la Journée Internationale de la paix. En effet, cette journée a été inspirée de la journée mondiale de la Paix, instituée en 1979 par l’Eglise Catholique  à l’initiative du Pape Jean-Paul II. En 2001, l’ONU, dans le souci de réussir sa vocation telle que définie dans le préambule de la Charte des Nations Unies, à savoir, prévenir les conflits internationaux, les régler et contribuer à établir une culture de la paix dans le monde, a consacré à travers sa résolution 55/282,  la journée internationale de la paix célébrée le 21 septembre de chaque année. Cette journée fut instaurée en réponse aux nombreux conflits observés à travers le monde en vue de garantir aux peuples la paix et le développement. La journée internationale de la paix doit être perçue comme une journée annuelle de non violence et de cessez le feu en vue de promouvoir les idéaux de paix au sein des nations et des peuples, ainsi que dans leurs relations. Pour l’édition 2011, le thème international choisi est : « Paix et démocratie: faites-vous entendre ! ». Ce thème invite les Etats à promouvoir la paix et la démocratie qui sont deux notions indissociables et indispensables au développement de tout peuple.

Lorsque la démocratie, expression de la souveraineté  du peuple, est mise en mal dans un Etat, cela conduit inéluctablement à des tensions. C’est pourquoi, les gouvernants doivent veiller au respect strict des principes démocratiques dans le but de garantir à leurs peuples, la paix. Pour nous Ivoiriens, la journée internationale de la paix, revêt un sens particulier. C’est pourquoi, au moment où, notre cher pays sort d’une crise sans précédent qui a laissé de nombreuses séquelles ; au moment où, le Président Alassane OUATTARA s’engage dans un élan de réconciliation et de cohésion sociale ;

Nous, Organisation des Femmes Actives de Côte d’Ivoire(OFACI), voulons apporter notre pierre à l’édifice de paix et de fraternité amorcé par nos gouvernants.

Nous tenons donc à encourager le Président de la république dans cette initiative salutaire pour notre pays.

Aussi, invitons-nous tous les Ivoiriens de tous bords politiques, de toutes configuration ethniques, particulièrement les femmes qui constituent des vecteurs de paix et de cohésion sociale, à accepter d’aller à la réconciliation vrai et sincère ; ceci pour le développement de notre pays et pour le bien être de nos enfants. Nous souhaitons un retour effectif et réel à la paix pour que cesse les nombreuses violations des droits de l’Homme, en particulier ceux de la femme. Aux acteurs de la société civile Ivoirienne, l’OFACI suggère que des actions de sensibilisation soient menées auprès de la population pour apaiser les discours de haine et offrir des cadres de dialogue entre les différents groupes. S’il est vrai, comme le disait le Président Félix HOUPHOUET Boigny que « La paix n’est pas un mot, mais un comportement », alors l’OFACI invite chaque fille et fils de ce pays, ainsi que tous ceux qui nous font l’amitié de vivre avec nous en Côte d’Ivoire, à traduire dans nos comportements et dans nos propos de chaque jour, dans nos espaces publiques, dans nos services, dans nos écoles, la paix et la tolérance, gage de tout développement.

Chers Ivoiriens,  il est temps de construire l’avenir la main dans la main.

Chers sœurs, nous vous invitons à vous approprier le processus de réconciliation nationale car nous sommes convaincues que  la paix avec les femmes et par les femmes, est possible !

                                                        Fait à Abidjan le 21 septembre 2011

                                                                    SANGARE Namizata

                                                          Présidente Nationale de l’OFACI

Ces femmes qui apprennent ‘’des métiers d’homme’’

Rivaliser avec les hommes sur tous les plans

L’enseignement technique et la formation professionnelle sont des branches de l’éducation qui donnent l’opportunité à tout apprenant de pouvoir s’insérer plus rapidement dans l’univers du travail une fois sa formation achevée. La théorie ne représente que ¼ du temps de cours et la pratique fait l’essentiel du programme. Les diplômes sont bien différents du système de l’enseignement général : ici on parle surtout de Certificat et de Brevet. Les métiers de la liste de ce système d’enseignement sont multiples : elle part des filières bureautiques (secrétariat, comptabilité) aux métiers du bois, de la construction, de la soudure, de l’électricité pour ne citer que ceux là. Si certaines filières ont été féminisées par l’opinion publique, il n’en demeure pas moins que celles qui semblent être réservées aux hommes sont de plus en plus envahies par les femmes. Pour découvrir ces femmes qui apprennent des métiers d’homme, nous avons fait le tour des Lycées d’enseignement technique pour les voir à l’œuvre. L’exemple précis de l’une d’entre elle nous a permis de mettre en lumière les difficultés qu’elles vivent.

Tournevis et boulons en mains Yah Lydie achève la réparation d’un ventilateur dans l’atelier dont elle est la responsable. Cette maman de 30 ans est titulaire d’un BT en électromécanique qu’elle a obtenu au Lycée Technique de Jacqueville dans le sud de la Côte d’Ivoire. Elle livre ici sont témoignage. « Lorsque j’étais en classe de Première, j’ai décidé de quitter l’enseignement général pour une filière technique. Je ne voulais pas être comptable, aide soignante ou secrétaire. Je voulais faire quelque chose qui me distingue nettement des autres amies. J’ai choisi d’être électromécanicienne. J’aime ce travail et l’apprendre est une chose passionnante. Lorsque j’arrivais dans l’enseignement technique, il n’y avait pas beaucoup de femmes dans les filières mécaniques. Mais aujourd’hui elles viennent. Ici on ne nous considère pas comme des femmes. Nos formateurs nous disent ceci : l’enseignement technique est unisexe, les femmes sont des hommes. Je me rends compte que c’est vrai. En ateliers je manœuvre ma lourde meule toute seule. La galanterie n’existe pas ici ! Les femmes aussi souffrent énormément. Elles sont victimes de harcèlement : elles ne sont pas aussi nombreuses dans les centres et certains professeurs veulent tout de suite coucher avec elles. Certains te proposent des notes, si tu refuses ils tombent dans les menaces et tu finis par être l’ennemi de tout le corps professoral, solidarité du corps oblige. Le plus important je le dis aux autres filles c’est de savoir pourquoi tu viens apprendre ce métier. Ici une fille s’impose, ou elle se fait marcher dessus. Rien n’est impossible et j’invite mes sœurs à nous rejoindre pour montrer aux hommes que nous aussi nous pouvons rivaliser avec eux sur tous les plans ».

SUY Kahofi