Archives de Catégorie: SANTE FEMME

VIH-SIDA : l’inquiétante féminisation de la pandémie en Afrique de l’Ouest

Docteur Xavier Crespin, directeur général de l’OOAS

Docteur Xavier Crespin, directeur général de l’OOAS

La forte féminisation du VIH-SIDA en Afrique de l’ouest est une situation très inquiétante selon le directeur général de l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS). Docteur Xavier Crespin a de nouveau tiré sur la sonnette d’alarme lors de la 5ème réunion du Comité multi-sectoriel de lutte contre le VIH/SIDA de la CEDEAO qui s’est tenue à Abidjan les 14 et 15 juillet 2014. La forte féminisation de la pandémie en Afrique de l’ouest est une tendance observée depuis 2004. L’ONUSIDA estimait déjà que 59 % des personnes séropositives en Afrique sont des femmes. 75 % des jeunes infectés sont des filles et pour chaque garçon infecté, il y a cinq à six filles qui le sont !

Les jeunes femmes âgées de 15 à 25 ans courent un risque au moins trois fois plus élevé d’être infectées par le VIH/SIDA que les hommes de la même tranche d’âge. Lire la suite

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La Côte d’Ivoire est en guerre contre le cancer du col de l’utérus

La Côte d'Ivoire lance une offensive contre le cancer du col de l’utérus

La Côte d’Ivoire lance une offensive contre le cancer du col de l’utérus

La Côte d’Ivoire s’engage d’une stratégie de lutte contre le cancer du col de l’utérus basée sur deux angles d’action : la sensibilisation et la prévention par une campagne de vaccination.

Le cancer du col de l’utérus est une maladie de la muqueuse du col de l’utérus. Il est causé dans la grande majorité des cas par un virus appelé Papilloma virus humain. Cette maladie représente la première cause de mortalité au sein de la gente féminine dans le monde. Selon Docteur Agba N’guessan, plusieurs facteurs favorisent cette maladie. Lire la suite

Lutte contre les fistules obstétricales 17 médecins renforcent leurs capacités à Man

En vue du CHR de Man

L’Etat de Côte d’Ivoire veut combattre avec efficacité les fistules vésicaux-vaginales. Pour y parvenir, le ministère de  la Santé et de la lutte contre le Sida a initié des caravanes  de lutte contre cette maladie invalidante. Celle de Man a lieu du 13 au 23 février 2012. Durant cette caravane, des médecins issus de plusieurs villes du pays pourront renforcer leurs capacités dans la prise en charge de cette maladie. « Nous venons encadrer une équipe de jeunes chirurgiens tous sortis de la faculté de médecine d’Abidjan. Au nombre de 17, Ils se forment sur place en sous spécialités au traitement des fistules vésicaux-vaginales»,  a indiqué le professeur Gnanazan Bi N’Guessan Gabriel, chef de service neurologie du Centre hospitalier universitaire de Treichville à Abidjan. Cette caravane est aussi une aubaine pour les patientes atteintes de fistules obstétricales  d’être prises en charge pendant cette période. « Nous ferrons l’effort pour prendre en charge le maximum de patiente», a assuré le professeur. Selon lui, le traitement est gratuit.

Cette prise en charge s’inscrit dans le cadre d’un projet initié par l’état de Côte d’Ivoire avec un financement du Fond des nations unis pour la population (UNFPA). « En plus des centres pilotes de prise en charge de ces malades notamment à Man, à Korhogo, à Bouaké,  l’Etat de Côte d’Ivoire envisage ouvrir plusieurs autres centres à Bondoukou, à Séguéla, San-Pedro et Bouna », précise le docteur Kouamé Bilé, coordonnateur national du projet fistule. Le professeur Doumbia Yacouba,  professeur agrégé de Gynécologie et d’obstétrique du Chu de Bouaké a quant à lui insisté sur la prévention de cette maladie. « Il faudrait  que les femmes se rendent dans les centres de santé pour leurs accouchements tout en respectant les consultations prénatales. Que les parents évitent de mariage précoce des les filles », a-t-il conseillé. La fistule obstétricale est un traumatisme  ravageur qui a pour conséquence la perte d’urine ou de la matière fécale de façon incontrôlée. Cette maladie survient à l’issue d’un accouchement difficile. A Man, le centre de prise en charge a ouvert en juin 2007 grâce à un partenariat entre le ministère en charge de la santé et l’Unfpa. Nombreuses sont les femmes qui y ont été opérées et guéries  de cette maladie dite “maladie de la honte“.

7 conseils pour bien allaiter

Du lait maternel pour des bébés sains!

Tous les spécialistes de l’enfant sont unanimes : l’allaitement est la meilleure alimentation pour bébé. C’est une option naturelle et économique. Si l’allaitement se passe bien, le lait maternelle est la meilleure option pour que votre bébé fasse ses premiers pas dans la vie mais encore faut-il savoir donner le sein ! Pour un allaitement parfait et pour donner un bon départ à votre bébé voici sept (7) conseils à suivre bien sûr après avoir bien essuyez vos auréoles conformément aux consignes de la sage-femme.

1 – Ne paniquer pas si le lait tarde à monter. Les débuts de l’allaitement sont généralement difficiles et le moral de la mère influe sur la sécrétion du lait. Il y a aussi la fatigue. Pour stimuler la lactation, rien de plus ingénieux que de faire téter votre bébé des deux côtés.

2 – Il n’y a pas d’heure précise pour la tétée de bébé dans les premières semaines de sa vie : dès que le bébé en manifeste l’envie, il faut le faire téter. Petit à petit, il boira toutes les 3 à 4 heures. Mais nourrir son enfant à la demande ne signifie pas qu’il a droit au sein toutes les 5 minutes ! Dans la mesure du possible, on maintient au minimum deux heures d’intervalle afin de facilité la digestion. Mais si bébé a faim, son estomac n’y peut rien : il faut le satisfaire ! Et n’oubliez pas de vous organiser pour les tétées de nuit.

3 – Bébé mange tout ce que maman mange, il faut donc varier votre alimentation. Eviter l’alcool, les cigarettes, les régimes amincissants, les tranquillisants, les somnifères, les hormones et les laxatifs. Mais si vous devez prendre des médicaments pendant quelques jours, faites appel au tire-lait et au frigo. Evitez le café et le thé. Il est plutôt conseillé de boire au moins deux litres d’eau par jour éviter la déshydratation.

4 – Il n’est pas rare d’avoir les seins engorgés. Il suffit de vous mettre sous une douche bien chaude et de vous masser les seins pour régler le problème. En cas de force majeure, vous pouvez tirer votre lait et le conserver soigneusement pour votre bébé. Le lait maternel se conserve bien au congélateur pendant 24 heures et au congélateur pendant 1 mois à 18°.

5 – On peut se faire mal en allaitant si on adopte une mauvaise posture. Les crevasses et les gerçures ne sont pas causées pas bébé mais par votre mauvais positionnement. Vous pouvez par mesurez de précaution, prendre un peu de lait (antiseptique) ou du beurre de karité après la tétée et le mettre sur votre auréole.

6 – Le sevrage forcé du bébé est très rare mais si le médecin vous l’impose faut êtes obligé de l’appliquer. Néanmoins dans l’immense majorité, on choisira de sevrer bébé dans la douceur en diminuant progressivement les tétées. On peut utiliser des coussinets d’allaitement (de préférence lavables), si vos seins continuent de produire du lait que bébé ne boira plus. Pas de sevrage quand bébé est malade ou a une percée de dent.

7 – On reprend le boulot mais on ne peut sevrer ? On a droit à une autre tranche horaire d’une heure par jour pour allaiter ou tirer notre lait pendant les heures de travail.

Détail à ne pas oublier, l’absence d’ovulation pendant l’allaitement ne signifie pas, qu’on ne peut pas avoir un autre bébé. Faites donc très attention à moins de vouloir un autre enfant tout de suite !

  • Merci aux mères interrogées pour leurs précieux conseils !

SUY Kahofi 

CARE International forme des matrones à Bangolo

Un groupe de matrones

Les matrones de la Région de Bangolo dans l’ouest de la Côte d’Ivoire viennent de recevoir une formation pour une bonne prise en charge des accouchements. Il s’agit d’une initiative conjointe du district sanitaire de Bangolo et de l’ONG CARE International appuyé par l’Agence Canadienne de Développement International. Ces matrones sont d’origines diverses aussi bien par leur statut social que par leur niveau de connaissance mais elles partagent toutes une connaissance empirique de l’accouchement. Ce séminaire de deux jours avait pour objectif de rendre ces femmes plus utiles aux futures mamans et surtout de ne pas remplacer les professionnels de la santé en cas de difficultés liées à l’accouchement. « Les matrones au niveau de leurs localités respectives sont amenées à faire couramment des accouchements. On ne peut donc pas empêcher ces femmes d’exercer mais il faut qu’elles soient formées pour qu’elles puissent reconnaître les signes de danger liés à une complication de l’accouchement. L’objectif est de leur permettre de référer la femme en travail au centre de santé mais surtout d’éviter de réaliser les accouchements à domicile » nous explique Gbogbo Franck Lina superviseur du séminaire de formation à CARE International.

Ainsi ce projet a permis la formation de 20 matrones qui seront surtout de puissants relais de persuasion auprès de leurs autres consœurs. Docteur OBIO Mathias, Directeur Départemental de la Santé de Bangolo nous renseigne sur les grands axes de la formation durant ce séminaire. « Les matrones reconnaissent dans un premier temps les signes de gravité de la grossesse. Pourquoi une femme doit venir consulter à l’hôpital quand elle est enceinte ? A quel moment elle doit consulter ? Ce module était important car le plus souvent nous recevons très tard les femmes enceintes ! » affirme le Docteur OBIO Mathias. Pour les organisateurs de ce séminaire, cette formation ne doit pas être une formation de plus ou de trop qui n’aura aucun effet sur le terrain. Les matrones entendent appliquer cette formation à la lettre dans leurs activités de tous les jours en témoigne la satisfaction des femmes formées. « Je suis très heureuse parce qu’il y a beaucoup de choses que je ne connaissais pas à l’image des rouages de la consultation prénatale, les actes liés à la grossesse et qui sont indispensables pour la femme et l’enfant. J’ai aussi appris à reconnaitre des maladies comme le paludisme, l’anémie, la déformation de l’enfant pendant la grossesse…C’était pour moi une grande avancée car c’est la toute première fois que prend par à ce type de formation ! » se réjoui dame Khadiane. La réalisation de ce projet de renforcement des capacités des matrones est rendue possible grâce au financement de l’Agence Canadienne de Développement International.

SUY Kahofi

Femmes faites-vous dépister, il y va de la vie de votre bébé !

Vaincre la stigmatisation pour vivre heureuse

Problématique de la transmission mère-enfant en Côte d’Ivoire

La période de la grossesse est un moment assez sensible dans la vie de la future maman. Elle doit redoubler de vigilance et veiller sur sa santé pour protéger son bébé. Cette période de la vie de la femme devient encore plus pénible à gérer lorsqu’elle se retrouve confrontée à une infection au VIH.

Nous sommes mardi, c’est un jour de consultation ordinaire pour les femmes qui fréquentent la maternité Marie Thérèse d’Adjamé à Abidjan. Ce moment est mis à profit par Madame AGHA Pauline, sage femme et major de la maternité pour improviser la séance de sensibilisation sur le VIH avec des mots simples. « Je dois utiliser des mots très simples et souvent même parler nos langues locales pour mieux informer mon auditoire car la majorité des femmes ici présentes n’ont pour certaines jamais mis les pieds dans une salle de classe » nous explique la major AGHA Pauline. Le temps d’un bref contact avec les femmes enceintes la sage femme, forte d’une expérience de 20 ans revêt sa casquette de chef du centre de PTME. Importance du test de dépistage, transmission mère enfant, comportement à risque, le SIDA et la vie de couple sont autant de questions abordées. Depuis le début des programmes de prise en charge mère/enfant sur la question du VIH/SIDA, les autorités Ivoiriennes ont crées les centres de PTME (Protection de la Transmission Mère Enfant) annexes aux services gynécologiques et aux maternités pour accompagner au plan psychologique les femmes infectées et veiller au suivi de la prophylaxie.

Le circuit de prise en charge

La prise en charge des femmes infectées par le VIH répond à une politique nationale d’éradication de la transmission mère-enfant. Celle-ci se fait selon un système bien rodé qui part de la sensibilisation à l’acceptation du dépistage volontaire. Cette activité fait désormais parti des prérogatives de tout personnel de santé affecté dans une maternité. Madame BABO Sabine est sage femme à la PTME du Centre Hospitalier Universitaire de Cocody, elle nous présente le circuit de prise en charge des femmes infectées par le VIH. « Tout commence par le CCC c’est-à-dire le Conseil pour le Changement de Comportement. Nous leur présentons au cours des entretiens l’avantage du test pour la santé de leur enfant. C’est lors de cette étape de la sensibilisation que la femme fait le choix d’accepter ou non le test de dépistage ». Après le test de dépistage les femmes séronégatives retournent suivre leur grossesse de façon normale et celles qui sont infectées sont automatiquement prises en charge. Etre au parfum de son statu sérologique lorsqu’on est infecté par le VIH n’est pas une chose facile pour la majorité des femmes qui sont dépistées. « Plusieurs femmes que je reçois après leurs résultats sont au bords du gouffre ! Certaines pleurent énormément mais dans la procédure de prise en charge c’est une étape importante car les larmes leur permettent d’évacuer la douleur et la peine » affirme Madame Ouattara Fatoumata assistante sociale à la PTME d’Adjamé 220 logements. Passé l’étape de l’annonce vient le moment du traitement. En quoi consiste la prise en charge médicale de la femme infectée ? Madame BABO Sabine sage femme à la PTME du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Cocody nous renseigne. « En dessous de 200 CD4 la femme est mise sous ARV et lorsque que le bilan de santé révèle un taux de CD4 supérieur à 200 une prophylaxie est définie par le médecin pour accompagner la future maman ».

« Comment l’annoncer à mon mari ? »

Le résultat d’un test de dépistage pour une personne ordinaire peut rester un secret pendant des années mais dans le cadre d’une vie de couple la femme enceinte à l’obligation d’annoncer son résultat à son homme. La femme doit vaincre la peur pour annoncer son résultat et amener son homme à faire lui aussi son test de dépistage. Madame AGHA Pauline major de la maternité Marie Thérèse d’Adjamé nous démontre pourquoi l’annonce dans l’intimité du couple est importante. « Nous insistons sur l’annonce dans le couple car les méthodes de protection de la mère en dépendent. Une fois infectée elle doit avoir des rapports protégés pour éviter que sa charge virale ne soit revue à la hausse. Alors si elle ne partage pas son résultat avec son homme comment pourrait-il accepter le port du préservatif ? Si à la naissance l’enfant doit être nourrit avec un aliment de substitut, comment la femme pourra expliquer ce choix à son mari ? Voici autant de raisons pour lesquelles nous insistons sur la nécessité de l’annonce dans le couple ».

La logique veut que la femme annonce son résultat à son homme mais dans les faits la réalité est tout autre. La stigmatisation des personnes qui vivent avec le VIH est telle que de nombreuses femmes préfèrent garder le silence. « Dans 90% des cas où le couple est séro-discordant c’est généralement la femme qui est répudiée ! » nous explique Docteur Koffi Brou chef de la PTME du CHU de Cocody avant de conclure « lorsque l’homme apprend que sa femme infectée, il plane automatiquement le spectre de l’infidélité. Non seulement il refuse le dépistage, met sa femme à la rue et généralement il ne reconnait pas l’enfant qui vient au monde ! ». Le personnel de santé de la PTME du CHU de Cocody confirme les propos du Docteur Koffi Brou. De nombreuses femmes sont chassées du foyer malgré les médiations des professionnels de la santé. Seules sans revenus pour vivre, elles bénéficient de l’aide de quelques ONG pour suivre leurs grossesses et alimenter leurs bébés après l’accouchement. Malgré cette vie de solitude dans la maladie, Mme Kouadio Yama une sage femme insiste pour que les femmes acceptent le dépistage. « L’amour de l’enfant que vous portez doit vous amener à accepter le dépistage. La vie d’un enfant vaut mieux que tout sinon pourquoi accepter de lui donner la vie et de le voir souffrir ? ».

Soutenir les femmes infectées et rejetées

En Côte d’Ivoire 9000 femmes enceintes reçoivent la prophylaxie ARV. Bien qu’il soit difficile de dire combien d’entre elles vivent leurs grossesses toute seule, le gouvernement Ivoirien a mis sur pied des fonds d’aide aux mamans OEV (Orphelins et Enfants Vulnérables du fait du SIDA). Ces fonds permettent aux mamans de se prendre en charge par des AGR, des activités génératrices de revenus. Ce programme est piloté par le Ministère d’Etat en charge des Affaires sociales et de la Solidarité. « Bien que le projet soit destiné aux OEV, notre objectif est d’aider les parents et surtout les mères de famille à travers ce fond. Par le canal des enfants nous redonnons espoir aux familles par les AGR pour que nous puissions atteindre effectivement la politique du 0 décès, 0 stigmatisation et 0 infection » affirme Bagaté Bolou Inspecteur Général au Ministère d’Etat, ministère de l’emploi, des Affaires sociales et de la Solidarité. La question de la transmission mère enfant et du suivi des femmes infectées est le volet le plus important de la lutte contre le SIDA en Côte d’Ivoire nous confie Docteur Adjé Christine Touré du PEPFAR. Pour elle, la sensibilisation doit se faire à tous les niveaux pour que cesse la stigmatisation et le rejet des femmes infectées. C’est seulement à ce prix que les femmes enceintes porteuses du VIH pourront s’épanouir et réduire les risques de contamination de leurs bébés.

SUY Kahofi

Fistule obstétricale : le calvaire des femmes de la honte

Pourquoi sont-elles rejetées ?

Dans nos hameaux les plus reculés, elles appartiennent à un club de rejetées. Aucun homme ne voudra d’elle c’est sûr ! Leur réputation de femme empestant l’urine et les excréments les précède. Elles n’ont jamais voulu être des victimes de cette maladie qui les emprisonne dans les cases mais hélas ! Les femmes de la honte exclues des cercles de danse et de réjouissance sont victimes fistule obstétricale, une maladie mal connu des masses et qui fait souffrir un nombre important de femmes. Dans nos quartiers et villages elles portent des noms que beaucoup ont déjà entendus : ‘’femme sans frein’’, ningin nin mousso (femme qui urine au lit en malinké)… Fistule obstétricale, vous avez certainement déjà entendu ce mot ou plutôt vous connaissez probablement cette maladie dont les causes sont des pratiques que les ONG de protection de la femme combattent chaque jour.

La fistule obstétricale c’est quoi ?

La fistule est un problème mondial, mais elle est surtout commune en Afrique où les cas de femmes atteintes sont légions. Elle survient d’ordinaire pendant un accouchement prolongé, quand une femme n’obtient pas la césarienne qui serait nécessaire. La fistule obstétricale est la constitution d’une communication anormale (une fistule) entre la vessie et le vagin (fistule vésico-vaginale) ou entre la vessie et le rectum (fistule vésico-rectale) survenant à la suite d’une grossesse compliquée. En des termes plus simples, la fistule obstétricale est le résultat de la rupture d’un nombre important de tissus entre la vessie et le vagin ou vessie et le rectum. Les mariages précoces sont d’une manière à l’origine de ce mal car qui dit mariage précoce parle aussi de grossesses et accouchements précoces. Un développement insuffisant du bassin de la jeune fille ne permettant pas le passage aisé du nouveau-né, l’accouchement laisse des séquelles graves.

Les conséquences

Les femmes atteintes de fistule obstétricale restent rarement sèche, elles dégagent une mauvaise odeur due à la présence d’urine et/ou de selles dans leurs vêtements. Elles sont souvent rejetées par leur époux ou leur partenaire, évitées par leur communauté et blâmées de leur état. Les femmes non soignées non seulement peuvent s’attendre à une vie de honte et d’isolement, mais risquent aussi de connaître une mort lente et prématurée pour cause d’infection et d’insuffisance rénale.

Le traitement

Vue précocement, la mise en place d’un cathéter dans la vessie permet de diminuer la pression sur les tissus et d’obtenir un certain nombre de fermetures spontanés des fistules. En cas d’échec de cette méthode ou si la patiente est vue tardivement, seule une réparation chirurgicale est possible. Même en cas de succès de la fermeture, une incontinence peut subsister, par lésion des sphincters de la vessie, dont le traitement reste complexe et aléatoire.

Que faire pour prévenir ce mal ?

La fistule obstétricale, le plus dur c’est de pouvoir se confier à quelqu’un. Aussi dans votre entourage, si vous connaissez une femme de qui ‘’on dit qu’elle fait pipi au lit’’ établissez le contact car vous pouvez la sauver ! Rien ne sera facile mais vous ne perdez rien à essayer parce que quelque part un parent à vous ou une de vos connaissances peut en souffrir. S’engager à lutter contre les mariages précoces c’est aussi faire front à cette maladie. En retardant les premiers accouchements, les femmes ont plus de chance d’atteindre leur maturité pour pouvoir mettre au monde des enfants bien portants et elles aussi préserver leur être. La fin de la stigmatisation de la fistule pourra aussi permettre aux femmes d’en parler autour d’elles. A ce niveau les leaders d’opinion et responsable des structures étatiques pourront mettre un accent sur les campagnes de proximité. Afin le traitement préventif le plus efficace reste l’amélioration des conditions socio-économiques permettant une prise en charge médicale correcte des accouchements difficiles.

Suy Kahofi

Retrouvez via ce lien un reportage de la VOA sur le sujet http://www.youtube.com/v/WDabJamj_mY

Sont-ils vraiment opposés à l’excision?

Attention aux effets de la lame !

Le mot excision prit dans son sens le plus large désigne par essence l’ablation d’un morceau de tissu biologique mais cette définition se rattache le plus aujourd’hui à l’excision clitoridienne. L’excision clitoridienne en elle-même renferme aussi trois différentes notions : l’ablation superficielle, partielle ou totale. La troisième forme est la plus dangereuse et mortelle peut en cas de mauvaise exécution entraîner l’ablation de plusieurs autres organes sexuels externes de la femme voir le sexe lui-même. Cette pratique bien présente sur les cinq continents semble avoir la peau dure du fait de plusieurs dogmes et traditions militants en faveur de son existence. Le clitoris dans plusieurs sociétés traditionnelles est considéré comme un organe impur chez la femme. Chez d’autres peuples son ablation confère à la femme sa maturité : un passage de l’état de fille à l’âge adulte. Pourtant le créateur si bon et surtout miséricorde n’aurait jamais doté la femme d’un organe baptisé clitoris s’il n’avait son importance. L’ablation du clitoris entraîne donc chez la femme des complications qui sont de plusieurs ordres : perte de la sensibilité et du plaisir sexuel, difficultés énormes à l’accouchement pouvant conduire à la mort, risque d’infection au VIH pour les jeunes filles souvent excisées à tour de rôle comme le bétail à l’abattoir, les cas de tétanos lié au matériel utilisé (lame, petit couteau, faucille etc).

De nombreuses organisations militent pour son abolition mondiale mais le mal persiste et signe. L’explication profonde doit être le manque de volonté politique véritable des gouvernements dans cette lutte. En effet ayant eu dans le cadre de cette article à interroger quelques Députés, cadres et intellectuels, j’ai vite compris que bon nombre d’entre eux tiennent des discours pour dénoncer cette pratique au grand jour mais au fond la cautionne. Pour ce Colonel de Douane (une femme !) ซ Cette pratique à de beaux jours devant elle ป. ซ Que voulez vous Monsieur c’est notre culture ป. Choquant de constater que beaucoup de personnes assimilent encore cette pratique digne du moyen âge à la tradition. En Côte d’Ivoire, une loi promulguée le 18 décembre 1998 prévoit que toute atteinte à l’intégrité des organes génitaux d’une femme, par voie de mutilation totale ou partielle, excision, désensibilisation ou toute autre pratique, si elle s’avère sanitairement néfaste, est passible d’une peine d’emprisonnement de un à cinq ans, et d’une forte amende (de 360 000 à deux millions de francs CFA). La peine est portée de cinq à vingt ans d’emprisonnement si la victime meurt des suites de son opération. Par ailleurs, si la procédure est effectuée par un médecin, il risque jusqu’à cinq ans d’interdiction de pratique professionnelle. A quoi servent les lois si ceux qui les votent sont convaincus qu’elles ne serviront à rien ? Puisse que cette tradition fait autant honneur à l’Afrique qui en souffre le plus pourquoi demander son abolition ? Il est temps que les autorités se décident vraiment à faire changer les choses. Rien ne sert de financer des ONG de lutte contre l’excision si personne ne croit à la disparition de cette gangrène, véritable plaie pour la femme.

SUY Kahofi

Femme, la poliomyélite est à vos portes!

Juste deux gouttes par passage pour protéger les enfants

De nombreux pays africains à l’image de la Côte d’Ivoire continuent de lutter contre la polio, une maladie invalidante qui touche plusieurs milliers d’enfants chaque année. Le polio virus sauvage que l’Afrique veut bouter hors de ses frontières continue de jouer à cache-cache avec les autorités sanitaires Ivoiriennes. Celles-ci conscientes des dangers liés à cette maladie, viennent de lancer une campagne anti-polio qui intervient dans un contexte de sortie de crise marqué par une forte détérioration de la situation humanitaire. Les mamans sont en première ligne de cette campagne car elles ont la charge des tous petits. Cette nouvelle campagne doit permettre de renforcer les acquis de 2009 et 2010 et permettre aux enfants qui ont manqué les campagnes précédentes de se protéger. Malgré la synchronisation des opérations vaccinales en Afrique de l’ouest, la gratuité du vaccin, son admission facile et les campagnes de proximité, des cas sont encore détectés chez les enfants. La raison de cette persistance du virus est toute simple : de nombreux préjugés son liés au vaccin. Dans le cas de la Côte d’Ivoire c’est plutôt la situation de crise qui a aggravée la prolifération du polio virus. Les nouvelles autorités Ivoiriennes ont eu du mal à le reconnaître mais la Côte d’Ivoire est confrontée à une épidémie de poliomyélite ! Une situation qui n’est que le résultat de la dégradation du tissu sanitaire du pays.

La poliomyélite un tueur en puissance

La poliomyélite une maladie très contagieuse provoquée par un virus qui envahit le système nerveux et peut entraîner en quelques heures une paralysie totale. Il pénètre dans l’organisme par la bouche et se multiplie dans les intestins. On observe dans les symptômes initiaux de la fièvre, de la fatigue, des céphalées, des vomissements, une raideur de la nuque et des douleurs dans les membres. Une paralysie irréversible (des jambes en général) survient dans un cas sur 200. Entre 5 et 10 % des patients paralysés meurent lorsque leurs muscles respiratoires cessent de fonctionner. Les personnes exposées au risque de poliomyélite sont principalement les enfants de moins de cinq ans. Comme il n’existe pas de traitement, la prévention constitue la seule option. L’administration du vaccin à plusieurs reprises confère à l’enfant une protection à vie. Le nombre de cas de poliomyélite a diminué à travers le monde mais des poches de résistance demeurent notamment en Afrique et en Asie. Cette situation comme nous l’avons dit plus haut est en grande partie liée aux préjugés.

Des préjugés qui ont la peau dure

C’est généralement dans les milieux défavorisés ou rural avec un taux élevé d’analphabètes que les préjugés liés au vaccin contre la polio circulent. Ce vaccin, selon des femmes interrogées serait une manière pour ‘’les blancs’’ de rendre stérile les enfants africains surtout les petites filles. On dit également qu’il serait fait à base d’urine de chat (!!??) ou aurait des effets secondaire pouvant entrainer le décès des enfants en bas âge. Pour d’autre le vaccin précipiterait les invalidités au lieu de les combattre ! La liste est encore longue et les préjugés diffèrent d’une région à l’autre. J’ai été bénévole vaccinateur, j’ai donc eu la chance de voir des femmes fuir et cacher leurs enfants dans les maisons quand nous y entrons pour administrer les deux goûtes. D’autres nous disaient de passer notre chemin car ici il n’y avait pas d’enfants quand bien même nous entendions des bébés pleurer ! La lutte contre la polio en Afrique ne connaitra un succès véritable que lorsque les nombreux préjugés liés au vaccin n’existeront plus. Pour cela, les campagnes de vaccination devront être précédées de sensibilisation au porte à porte sur les dangers liés à la maladie. Les chefs de communautés traditionnelles, les chefs de villages et de quartiers, les leaders religieux et ceux de la société civique pourront user de leur charisme pour faire avancer les choses. Vu l’âge auquel les enfants sont exposés les mamans ont un rôle important à jouer pour faire reculer la maladie. Pour cela elles doivent faire vacciner leurs enfants en évitant de les cacher lors du passage des agents vaccinateurs.

Suy Kahofi