Archives de Catégorie: PORTRAIT DE FEMME

Une journaliste de RTI2 participe au Programme des Visiteurs Internationaux

Mme. Kariata Fadiga epse. Fofana en compagnie de l’Attaché de presse de l’Ambassade des Etats-Unis en Côte d’Ivoire, M. Travis Murphy

Mme. Kariata Fadiga epse. Fofana en compagnie de l’Attaché de presse de l’Ambassade des Etats-Unis en Côte d’Ivoire, M. Travis Murphy

Madame Kariata Fadiga epse. Fofana prendra part au programme des Visiteurs Internationaux (IVLP) portant sur  la radiotélévision.

Au cours de ce programme, les participants  ont passé  en revue l’histoire et la pratique de la radiotélévision aux Etats-Unis. Ils ont également analysé comment les technologies de l’information changent la manière dont les informations sont rapportées et relayées. En outre, ils ont pu examiner comment les medias tels que la radio et la télévision influencent, d’une part, et sont, d’autre part, le reflet de la société américaine. Le programme s’est également penché sur l’influence des réseaux sociaux et des technologies numériques dans le partage d’information. Les participants ont visité Washington, D.C, Le Dakota du Sud, la Géorgie et New York. Lire la suite

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ONUCI : un nouveau chef pour quelles missions ?

Aïchatou Mindaoudou, nouvelle patronne de l'ONUCI

Aïchatou Mindaoudou, nouvelle patronne de l’ONUCI

L’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire a un nouveau patron ou plutôt une nouvelle patronne ! Elle est le cinquième haut fonctionnaire désigné par Ban Ki Moon pour accompagner la Côte d’Ivoire dans son processus de normalisation socio-politique.

Crée en 2004 l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) fait partie du paysage socio-politique et économique de la Côte d’Ivoire. Sa mission depuis sa création a été d’accompagner le pays vers la paix après le déclenchement de la crise militaire de septembre 2002. Dotée d’une force militaire, l’ONUCI a notamment veillé au respect du cessez-le-feu entre FDS et FN. L’histoire de cette mission opérationnelle des Nations Unies a été très mouvementée ; en témoigne les quatre fonctionnaires qui a tour de rôle ont dirigé la mission en huit (8) ans. Leur mandats respectifs ont été de durée différente mais ils ont partagé une même appréciation de la part des ivoiriens. Jamais aimé et toujours contesté ! Lire la suite

Le Couteau brûlant : un brulot contre l’excision !

Le Couteau brûlant

Le Couteau brûlant

Hamitraoré, la romancière Ivoirienne vient de mettre sur le marché une œuvre de très belle facture publiée chez Frat-Mat Edition. A travers cette œuvre, l’auteur dévoile la face hideuse de l’excision un fléau qui, malgré les nombreuses campagnes de sensibilisation, ne cesse de se rependre dans les villes et les hameaux les plus reculés de la Côte d’Ivoire. Pour Hamitraoré qui a été elle-même victime de l’excision, il s’agit à travers chaque page de cet ouvrage « d’apporter une touche particulière à l’éradication totale de cette pratique que je considère comme une atteinte à l’honneur et à l’intégrité de la femme ». Au centre de l’ouvrage une interrogation qui s’adresse à chaque Ivoirien : pourquoi cette pratique abominable continue-t-elle de maintenir certaines communautés sous son fardeau malgré l’évolution des mentalités ? Pour l’auteur, l’excision n’a plus de raison d’être. Il suffit de jeter un regard sur les effets nocifs de la pratique sur la santé de la femme pour en être totalement convaincu. L’œuvre d’Hamitraoré trouvera sans doute un écho favorable auprès des Ivoiriens car l’excision est de nouveau à « la mode ». Ainsi l’Organisation Nationale pour l’Enfant, la Femme et la Famille (ONEF), estime que 42 % de femmes sont excisée en Côte d’Ivoire. Ce chiffre selon l’organisation ne reflète pas les réalités du fléau parce qu’il ne prend pas en compte les enfants âgés de 1 à 14 ans. 42 % est le chiffre à l’échelle nationale mais il excède par endroit. Ainsi la zone de  Danané (ouest-ivoirien) plafonne à 45 %, 88 % au nord, 85 % au nord-ouest, 75% à l’Ouest et 34 % à Abidjan en milieu communautaire. Hamitraoré dénonce par ailleurs la vente du clitoris une fois sectionné et séché. L’auteur nous apprend que le clitoris séché est utilisé à des fins aphrodisiaques au profit des hommes.

L’œuvre

Hamitraoré nous plonge dans l’univers d’une jeune lycéenne victime de l’excision. A la faveur d’un devoir de classe portant sur ce thème, Safiatou, le personnage principale du livre, se retrouve à son corps défendant, aux prises avec son passé. Dans un flash-back, le narrateur nous fait vivre cet épisode douloureux de sa vie où elle a fait connaissance avec « Le couteau brûlant« . Loin de la ville, dans un village piégé par la tradition, elle va être victime de l’excision. Elle rédige le devoir, au risque de revivre ce passé douloureux et de se dévoiler comme une « amputée ». Hamitraoré fait donc découvrir à travers l’histoire de cette jeune lycéenne, l’ampleur du drame de l’excision et de l’excisée avec ses effets abominables que sont la frigidité, la psychose de l’acte sexuel, la stérilité, la fistule vésico-vaginale voir la mort. Extrait : « Nan Safi, tu sais que depuis des générations, toute jeune fille digne de ce nom doit se faire exciser. Tant que tu n’es pas excisée, tu ne peux pas t’intégrer dans la communauté. Tu seras l’objet de railleries de la part de tes camarades. Et le plus grave, c’est qu’aucun homme ne te demandera en mariage. Au-delà de ta personne, c’est la famille qui sera honorée le jour de ta sortie… pense aussi à moi, je n’oserai plus regarder les gens du village en face si tu persistes dans ton refus. On m’écartera de toutes les décisions concernant le village. Je t’en supplie, ne jette pas la honte et l’humiliation sur notre famille » Le Couteau brûlant Page 22. Cet extrait de l’œuvre est généralement le plaidoyer farfelus que certains parents, adeptes de l’excision utilisent pour appâter leurs victimes qui ne sont autres que leurs propres filles. L’auteur ne botte pas en touche pour démonter cet argument sur près de 70 pages !

SUY Kahofi

A 120 ans, la doyenne de la Côte d’Ivoire garde le regard vif

Yapi Ognonchi Marie Marthe

Officiellement, elle a 120 ans (selon ses papiers de baptême de l’Eglise catholique).  Mais officieusement, 130 ans, selon ses proches rencontrées le vendredi 16 septembre 2011 dans son village de Seguié, situé à environ 20 kilomètres d’Agboville (sud de la Côte d’Ivoire). Elle est mère de neuf enfants dont quatre sont en vie. Le plus âgé des enfants qui vit encore a 70 ans. Une de ses petites-filles a 59 ans. Elle a 70 arrières petits-enfants et 18 « arrières-arrières petits-enfants ». Yapi Ognonchi Marie Marthe, la plus que centenaire de Seguié est à elle seule une curiosité, une passion et une grâce de Dieu. Echanger avec elle, dès que nous avons eu l’information de son existence, à notre arrivée à Seguié, était devenue une sorte de drogue à laquelle nous voulions au plus vite goûter. Et nous n’avons pas eu tort ! Dès le seuil de la vieille demeure qui lui sert de maison, elle nous accueille aux alentours de 17 heures en nous sermonnant avec une autorité affectueuse sur notre retard.

Ce n’est pas du tout, une vieille grabataire que nous rencontrons mais, oh miracle du Seigneur une plus que centenaire qui tient encore sur ses frêles jambes qu’une canne aide à soutenir. Mieux Yapi Ognonchi, a toute ses facultés mentales. Elle nous rencontre l’histoire de son premier mariage qui n’a pas duré du fait des difficultés de santé de son premier amour et de son décès alors qu’elle a tenté le tout pour le tout. Ses déplacements  dans le village voisin de Boguié  puis à Adzopé pour sauver celui qui l’avait choisi en premier, certainement au début de l’année 1900. Elle se remariera à son décès et aura neuf enfants dont quatre hommes et cinq femmes. Le secret de sa longévité ? Elle croit que cela est dû à la grâce que Dieu lui a donné, à la protection de la Vierge Marie et à l’amour qu’elle s’est toujours efforcée de partager autour d’elle. “Dieu a toujours été auprès de moi. C’est lui qui me soutient. Je prie toujours la Vierge Marie. Elle entend mes prières. Je ne supporte pas voir les gens souffrir autour de moi. Déjà jeune fille, je partageais toujours le peu de nourriture que je pouvais avoir. Sur la route du champ, je préférais porter les bagages des grandes personnes plutôt que le mien. Que je revenais d’ailleurs chercher après. Peut-être que c’est pour tout cela que le Seigneur m’a béni’’, raconte-t-elle en riant mais avec beaucoup de sérieux tout de même. Pour elle, seul le respect des aînés et la foi en Dieu peut garantir une longévité semblable à la sienne. C’est aussi le principal conseil qu’elle donne aux jeunes. Même si elle envie ceux qui quittent  le monde maintenant.

« Je pense avoir suffisamment  vécu », lâche-t-elle l’air quelque peu amusé. D’ailleurs, il y a 10 ans, à sa demande, on a simulé l’organisation de ses funérailles dans son village de Seguié  pour célébrer ses 120 ans. En matière culinaire, Yapi Ognonchi Marie Marthe, dit ne pas avoir d’interdit. Elle mange tout ce qui est sain. Et affectionne surtout le foutou de banane mélangé au manioc.

Gros plan sur Anouchka Wayoro, l’une des rares femmes web-designers en Côte d’Ivoire

Anouchka Wayoro web-designer

Dans la communauté ivoirienne du web, Anouchka Wayoro fait figure d’icône. Avec une plastique plantureuse à fait pâlir plus d’un et ses lunettes d’intello, elle ne passe d’ailleurs pas inaperçue dans un milieu fortement ‘’masculinisé’’. Et pour cause, elle est l’une des rares femmes webdesigners en Côte d’Ivoire. Pourtant rien ne la prédestinait à une telle fonction. En effet, partie en  en 2003 pour des études de psychologie (qu’elle a d’ailleurs terminée avec brio), Anouchka Wayoro se sent attirée par la magie de l’internet. Un monde attrayant et passionnant selon ses propres dires, qu’elle découvre par le biais d’un voisin de palier dans l’immeuble où elle habite. De fil en aiguille et transportée par une soif inextinguible d’apprendre les contours du web, Anouchka Wayoro se forme aux nouveaux métiers nés de la dynamique de la toile mondiale. Autodidacte à souhait, la psychologue apprend rapidement le Community management, le webdesign et la plate forme Joomla qu’elle maitrise et pratique avec beaucoup de dextérité.

A la question de savoir que fait-elle dans un monde phallocratique qui est celui du webdesigner ? Anouchka Wayoro répond avec beaucoup d’assurance. « Les femmes ont beaucoup de goût. Et il ne serait pas mal qu’elles apportent une touche féminine à ce métier de webdesigner. Et c’est ce que je tente de faire autant que je peux. » Mais au-delà  de son parcours atypique et de la particularité qu’elle représente aux yeux des observateurs du web ivoirien, en quoi consiste réellement le travail d’Anouchka Wayoro ? En en un mot qu’est ce qu’un webdesigner ? « Un webdesigner est une personne qui s’occupe de la conceptualisation de manière visuelle ce que l’entreprise a comme valeur (produit) par rapport à sa ligne éditoriale en consommation. En d’autres termes plus explicits, un webdesigner fabrique l’image de l’entreprise sur internet. », répond-t-elle. Si elle a du laisser la psychologie au détriment du webdesigner, c’est que ce métier doit nourrir son homme en Afrique et singulièrement en Côte d’Ivoire ? « Ce n’est pas si évident que ça », estime-t-elle tout en précisant « qu’on ne peut pas faire que ça ». « Quand vous facturez un client à 500.000 frs CFA, il crie au scandale. Alors qu’en France, la plus petite facture commence à partir de 800 euros (524.765 francs CFA). Donc si on veut compter sur ce domaine on risque de ne pas s’en sortir ». Et c’est pour mieux se prendre en charge qu’elle a fondé une entreprise en communication dénommée ABIGAIL COMMUNICATION.

Wangari Maathai s’en est allée !

Wangari laisse derrière des arbres…mais également une lutte !

A l’image de la vénus Hottentote, des femmes de Grand Bassam, de Miriam Makeba… Wangari Maathai la militante écologique est entrée dans l’histoire africaine pour ne pas dire dans le panthéon des personnalités les plus célèbres de notre continent. Le mouvement mondial des défenseurs de l’environnement est devenu orphelin avec la mort de la  militante Wangari Maathai fondatrice en 1977 du Green Belt Movement (« Mouvement de la ceinture verte »), le mouvement de lutte contre la déforestation. Pour ceux qui l’on connus pour son œuvre, faire de la planète un monde plus pacifique, plus sain et un endroit ou il fait bon vivre, cette disparition prématurée est une grande perte. C’est le site internet de son mouvement qui a donné la triste nouvelle : « C’est avec grande tristesse que la famille du Professeur Wangari Maathai annonce son décès le 25 Septembre 2011, à l’hôpital de Nairobi, après une longue et courageuse lutte contre le cancer. Née à Nyeri en 1941, elle est la première femme d’Afrique de l’Est a obtenir un doctorat en 1964, c’est un diplôme en sciences biologiques du mont Saint-Scholastique College à Atchinson dans le Kansas.

Wangari Maathai  a été active au sein du Conseil national des femmes du Kenya de 1976-1987 et elle a été sa présidente de 1981 à 87. En 1976, alors qu’elle était au service du Conseil national des femmes, le Professeur Maathai a introduit l’idée de communauté basée sur la plantation d’arbres. Elle a continué à développer cette idée pour la concrétiser en la création d’une organisation à large assise populaire dont l’objectif principal est la réduction de la pauvreté et la conservation de l’environnement par la plantation d’arbres : le Green Belt Movement . Avec ce mouvement, Wangari Maathai a assité les femmes pour planter plus de 40 millions d’arbres sur les terres communautaires, y compris les fermes, les écoles et les enceintes des églises. En 1986, le Green Belt Movement (GBM) a établi un réseau panafricain de la ceinture verte qui a séduit de nombreux dirigeants d’autres pays africains pour son approche unique. Elle et le Green Belt Movement ont reçu de nombreuses récompenses, notamment le prix Nobel 2004. En Décembre 2002, le Professeur Maathai a été élue au parlement kenyan avec une majorité écrasante de 98 pour cent des voix. Jusqu’en 2007, elle a représenté la circonscription de Tetu, district de Nyeri, dans le centre du Kenya (sa région d’origine). De 2003 – 2007 Professeur Maathai a servi comme ministre adjoint pour l’environnement et des ressources naturelles dans la neuvième législature du Kenya.

En 2005, le Professeur Maathai a été élue le président du Conseil économique, social et culturel (ECOSOCC) de l’Union africaine à Addis-Abeba, Ethiopie.  A la même année, elle avait été nommée en 2005 ambassadrice pour la sauvegarde de la forêt du Bassin du Congo en Afrique centrale, deuxième massif forestier tropical au monde. Wangari Maathai laisse derrière elle, trois enfants-Waweru, Wanjira et Muta-et une petite-fille, Ruth, Wangari. Le site de son organisation promet de plus amples informations sur l’hommage qui sera rendu à la première africaine prix Nobel de la paix et sur comment perpétuer son œuvre.

Une femme de conviction engagée contre le SIDA

Yapi Rolande Présidente de l'ONG Ruban Rouge

Chaque année qui passe permet au SIDA, le mal du siècle de gagner du terrain si bien qu’à ce jour un nombre important de personnes sont infectées à travers le monde. Au cœur de cette triste vie qu’est celle des malades, des bonnes volontés se sont regroupées au sein d’Organisation Non Gouvernementale pour apporter un peu de lumière et de bien être à ces malades. Elles se sont aussi données pour mission de porter l’information de la prévention contre la maladie aux personnes saines afin de les aider à ce protéger.

En Côte d’Ivoire, l’ONG Ruban Rouge Côte d’Ivoire est l’une des plus anciennes ONG de lutte contre le SIDA. Une jeune dame de cœur dirige cette organisation qui est très active. Mlle Yapi Rolande est la Directrice Exécutive de ruban rouge côte d’ivoire. L’ONG qu’elle dirige existe depuis le 1 juin 1994 et compte un peu plus de 150 bénévoles répartis sur toute l’étendu du territoire national. Ces personnes qui abattent un travail de sensibilisation sont sélectionnées sur la base d’un principe fondamental selon Mlle Yapi. « Il faut avant tout avoir de l’amour pour son prochain et surtout pour les malades car le plus grand problème avec le SIDA s’est la stigmatisation. Il faut savoir donner du réconfort à ces personnes qui sont rejetées par leurs familles ». Dans son hôpital de jour, l’ONG assure la répartition des ARV aux malades, réalise des séances de massage pour les soulager et s’occupe du suivi des mères infectées mais porteuse d’une grossesse. L’ONG distribue aussi des préservatifs, seul moyen de se protéger lors des rapports sexuels. Il est vrai que le SIDA se soigne mais ne se guérir pas hélas et pour Mlle Yapi, l’action la plus importante reste la sensibilisation. « Le SIDA est une réalité voici pourquoi l’ONG mène en priorité des actions de sensibilisation. Dans les entreprises, les lycées et collèges, les villages et les villes, Ruban Rouge ne perd pas une seule occasion de sensibiliser les masses sur le danger qui les guette ».

Plusieurs partenaires soutiennent Mlle Yapi et son équipe dans leurs actions : Geneva Global, la Banque Mondiale par le PUMLS, Equilibre et population pour être court. La bibliothèque de l’ONG offre aussi une documentation de qualité à tous ceux qui la fréquentent. « La bibliothèque reçoit des élèves pour leurs exposés, des étudiants pour leurs thèses, des journalistes pour leurs émissions…Elle joue un rôle important car par ces livres, chacun s’informe et se forme pour se protéger du SIDA ». La lutte se poursuit car il faut l’engagement de tous pour faire reculer la maladie. Aux amis et parents, il faut savoir que la stigmatisation tue. Il faut soutenir les malades en leur apportant amour et réconfort. Que chacun soit informé de son statu sérologique pour se protéger et protéger les autres.

Suy Kahofi

A la rencontre de Tchei Carine, Présidente de l’AUC handi-sport

Malgré le poids des études elle n’entend pas abandonner le sport!

Du haut de ses 26 ans, Tchei Carine peut être fière de son combat et de la confiance que lui portent ses paires. Cette jeune étudiante en Licence de gestion est la Présidente du club handi-sport de l’Abidjan Université Club (AUC). Ce club regroupe quatre disciplines clés à savoir le basket-ball, la natation, le lancé de poids et de javelot. A la tête de cette section depuis quatre ans, elle livre avec ses amis un combat pour la revalorisation du sport universitaire mais surtout pour une meilleure prise en charge des athlètes handicapés.

Nous sommes samedi soir sur l’un des terrains de basket-ball du campus universitaire de Cocody. La balle passe d’un joueur à l’autre avec une certaine rapidité et le bruit des chaises roulantes et des cris d’encouragement est constant. Assise au bord du terrain Tchei Carine regardent ses athlètes s’entrainer pendant plusieurs heures. Ils sont tous étudiants et pratiquent le sport par passion. Ils ont décidé de surmonter leur handicap pour participer à la vie sportive de l’AUC, leur club. « Ils n’ont pas de salaires ou même de primes. S’ils sont aussi enthousiastes, c’est parce qu’ils aiment le sport », soutient Carine. Son combat c’est de pouvoir trouver des sponsors pour soutenir le handi-sport. Elle se bat aussi pour que les jeunes filles handicapées s’intéressent au sport. « Les hommes viennent au sport mais les femmes c’est une autre paire de manche. Elle me dise que la pratique du sport risque de les déformer : je pense que ce n’est pas vrai», estime la jeune fille. Elle soutient que la Côte d’Ivoire n’est pas représentée valablement par les femmes dans certaines disciplines et qu’il faut sensibiliser les jeunes filles handicapées à la pratique du sport.

A 26 ans, elle peut être fière d’avoir choisi « sport et étude ». Elle voyage grâce au sport et surtout représente dignement son pays. 2 médailles d’or aux Jeux Africains pour l’avenir des personnes handicapées au Niger, une médaille de bronze en Égypte et surtout un record en haltérophilie avec 82 kilo et demi. Au-delà de sa licence en gestion qu’elle prépare et du sport qu’elle pratique, Carine est une jeune fille comme les autres avec un amoureux et des rêves. A propos de rêve, elle veut créer une vraie équipe féminine de basket-ball à l’AUC et surtout la faire évoluer au plan national. Malgré le poids des études elle n’entend pas abandonner le sport…
Suy Kahofi