Archives de Catégorie: ACTIVITES DE FEMME

PEACE Côte d’Ivoire recrute 40% d’observatrices pour la présidentielle

Les femmes seront aussi des observatrices du processus électoral

Les femmes seront aussi des observatrices du processus électoral

Comme en 2010, les femmes ont de nouveau répondu à l’appel des Organisations de société civile (OSC). Elles se sont inscrites sur les listes électorales et prendront donc une part active au scrutin du 25 octobre. Elles ne seront pas seulement de simples votants mais elles seront aussi des observatrices grâce à PEACE Côte d’Ivoire.

En choisissant le WANEP-CI, (Réseau Ouest Africain pour l’Edification de la Paix section Côte d’Ivoire) comme partenaire, la Open Society Initiative for West Africa (OSIWA) semble avoir parié sur le bon cheval. En effet le WANEP-CI est arrivé à mettre sur pied une plateforme pour l’observation des élections qui porte pour la première fois en Côte d’Ivoire le projet d’une ESR (Electoral Situation Room). Lire la suite

Professionnalisation du secteur des travailleuses domestiques par la formation

Formation au siège de l’ONG CENSOIFF

Formation au siège de l’ONG CENSOIFF

La Société Civile Ivoirienne se mobilise autour du combat pour le respect de la dignité des travailleuses domestiques. Pendant que certaines ONG luttent pour l’adoption d’une loi pour mieux organiser leur secteur d’activité, l’ONG CENSOIFF (Centre Solidarité Investir dans les Filles et les Femmes) a décidé d’axer son action sur la formation.

Le leitmotiv de l’ONG CENSOIFF se résume en cette maxime : la formation est la clé de voute du changement social. C’est ce qui motive le projet de formation à destination des jeunes filles et femmes de ménage pour créer une nouvelle génération de travailleuses domestiques. Formation à la conduite d’un véhicule et à son entretien, maîtrise parfaite des appareils électro-ménagers et de l’anglais, leadership féminin et sociologie de la famille à travers ses différentes composantes sont les atouts qui transformeront les jeunes filles et femmes de ménage. Selon Trah Siagbé expert en genre bénévole de l’ONG le projet ne se limite pas à la formation. Il prend en compte les dimensions placement, suivi et évaluation des travailleuses domestiques. Lire la suite

Lutte contre la pauvreté : l’OFACI accompagne 8 coopératives

Remise symbolique de matériel par l'Ambassade de France

Remise symbolique de matériel par l’Ambassade de France

L’OFACI, l’Organisation des Femmes Actives de Côte d’Ivoire continue sa politique d’émancipation de la femme à travers son autonomisation. C’est dans cet ordre d’idée que l’organisation de promotion des droits de la femme a décidé de lancer un projet d’appui à 8 coopératives issues des zones CNO (Centre, Nord et Ouest). Le projet baptisé « appui à la dynamisation de 8 coopératives féminines des régions centre, nord et ouest de la Côte d’Ivoire » a été officiellement présenté aux femmes, aux hommes de médias, aux bailleurs et agences d’appui technique ce 26 avril 2013. Le siège de l’ONG Transparency Justice (Abidjan-Cocody) a servi de cadre à cette cérémonie.

Sur le bien fondé du projet, Mme Sangaré Namizata, présidente de l’OFACI a affirmé que « le premier cas de violation des droits de la femme est la pauvreté ». Vaincre donc ce fléau c’est garantir les autres droits de la femme et l’amener à être un atout incontournable pour la société dans lequel elle vie. Cette raison motive le choix de 8 coopératives féminines qui regroupent des centaines de femmes et qui ont été durement éprouvées par la récente crise socio-politique que le pays a connu. Les coopératives bénéficiaires sont la COOPAGED et UNITE de Duékoué, CODOMAN de Man, TRA N’GLIN EYONIAN de M’bahiakro, YEDJIYOMOTININ de Korhogo, SIGUI TE MOGOSSON de Tingrela, BOUCAMI de Bocanda et BENGUEMA de Kani. Ces coopératives agricoles ont reçu des outils et des intrants pour accroître leur production. Ce geste d’une haute portée sociale a été rendu possible grâce au soutien de l’Ambassade de France en Côte d’Ivoire via son service de coopération. Selon Laurent Souquière, 1er conseiller de l’Ambassade de France, la représentation diplomatique a accepté de soutenir le projet à cause du sérieux de l’OFACI et surtout à cause de la portée et de l’impact du projet pour les populations à la base. Il a souligné que la lutte contre la pauvreté s’inscrivait au cœur des nouvelles orientations de la coopération Franco-Ivoirienne.

L’exécution à proprement dit du projet bénéficiera de l’accompagnement de l’ANADER (Agence Nationale d’Appui au Développement Rural). Son directeur général Dr Cissé Sidiki est venu témoigner aux femmes tout son soutien et la disponibilité de ses équipes pour le suivi des activités sur les sites agricoles retenus par le projet. Ce suivi agricole et l’accompagnement des 8 coopératives se feront grâce à un programme qui s’articule autour de 3 axes.

« Le premier axe est le renforcement des capacités des organisations paysannes par des formations à l’esprit coopératif, la commercialisation des produits, la recherche de financement et les procédures de gestion coopératif. Le deuxième axe est l’appui technique aux femmes grâce à un apport d’intrant et de matériel. Enfin le troisième axe est l’aide pour la reconnaissance officiel des coopératives et tant qu’organisations légales » Nous explique Hortence Karaboily, chargé des programmes à OFACI.

Mme Biaga Dégnan Cécile Antoinette au nom des bénéficiaires a remercié l’Ambassade de France en tant que principal bailleur du projet, l’OFACI pour l’initiative qui vise à promouvoir l’émancipation des femmes et l’ANADER pour son soutien technique. Elle a souligné que les coopératives feront un bon usage du matériel qu’elles ont reçu.

SUY Kahofi

La Journée internationale de la Femme placée sous le signe de l’arrêt des violences faites les femmes

Les femmes Ivoiriennes célèbre déjà le 8 mars

Les femmes Ivoiriennes célèbre déjà le 8 mars

Le lancement des festivités marquant la célébration de la 36ème édition de la Journée Internationale de la Femme a eu lieu en Côte d’Ivoire ce 20 février à l’esplanade du Palais de la culture de Treichville. Célébrée le 8 mars de chaque année, la journée internationale de la Femme est le moment choisi par la Communauté Internationale pour faire la rétrospective des acquis dans la lutte pour l’émancipation des femmes. « Hommes et Femmes, ensemble pour une Côte d’Ivoire nouvelle et réconciliée« , est le thème national de cette journée qui sera célébrée officiellement en Côte d’Ivoire ce 21 mars à Touba. Elle sera l’occasion de faire le bilan de la situation de la femme en Côte d’Ivoire. Une situation peu reluisante avec la féminisation du VHI/SIDA, la pauvreté et le taux de mortalité maternelle toujours élevé. La Côte d’Ivoire donne donc le ton de cette fête de la femme à travers cette célébration du 20 février.

La Première Dame Ivoirienne, Mme Dominique Ouattara s’est personnellement impliquée dans l’organisation de ces festivités marquées par la présentation du pagne officiel du 8 mars. Les mannequins de la styliste Memel ont été les premières à parader avec ce pagne puis elles ont été suivies par les femmes membres des différents ministères et des institutions. Ce pagne à dominante orange, blanc et verts (couleurs nationales ivoiriennes) avec des motifs de palmier symbole de paix retrouvée en Côte d’Ivoire a expliqué le ministre de la solidarité, de la famille, de la femme et de l’enfant, Mme Anne Ouloto. Juste après ce premier défilé, les femmes ministres et membres d’institution se sont tour à tour élancées sur le T. Les ministres Anne Désirée Ouloto, Kandia Camara, Affoussiata Bamba Lamine, Roger Kacou, Jean-Claude Brou, l’honorable Sarah Sacko, vice-présidente de l’Assemblée nationale, l’honorable Amy Toungara, la ministre Jean Peuhmond ont retrouvé la fraîcheur de leurs 18 hivernages le temps d’une parade ! Le lancement des festivités marquant la célébration de la 36ème édition de la Journée Internationale de la Femme a été marqué également par le discours de Mme Anne Ouloto. Elle a exprimé sa gratitude à la Première Dame qui a accepté de s’engager dans la lutte pour la promotion de la femme. Expliquant son engagement, Mme Ouattara a tout simplement salué le combat inlassable des femmes. La célébration du 08 mars, a-t-elle indiqué, permet de célébrer les victoires obtenues par les femmes, parfois au prix de grands sacrifices. C’est pourquoi elle a saisi cette occasion pour faire un plaidoyer sur les violences faites aux femmes. « Que ce soit dans la communauté, au sein du couple, dans la cellule familiale ou dans les établissements scolaires, les femmes subissent des violences injustes et intolérables, quel que soit leur âge et leur milieu social », a-t-elle déploré. Quatre millions de femmes et de fillettes dans le monde, a-t-elle indiqué, sont vendues pour le mariage, la prostitution ou l’esclavage. Une situation encore préoccupante dans les pays en crise ou post-crise comme la Côte d ‘Ivoire. Ces violences, selon la Première Dame, constituent une violation grave des droits humains. « Au-delà des conséquence graves sur la santé, les violences sexuelles détruisent les perspectives d’avenir de nos jeunes filles qui doivent faire face aux grossesses non désirées. J’exhorte solennellement les parents d’élèves et les enseignants à protéger nos enfants contre ce mal qui prend de l’ampleur dans notre pays », a plaidé Mme Dominique Ouattara.

QUEEN Yelnamidjo A.

Le Lycée Mamie Adjoua cultive l’excellence !

Le Mamy Adjoua un centre d'éducation pour les jeunes filles ivoiriennes

Le Mamy Adjoua un centre d’éducation pour les jeunes filles ivoiriennes

A l’issue de la cérémonie officielle des journées portes ouvertes au Lycée Mamie Adjoua de Yamoussoukro, le proviseur, Mme Nomvia Sako Sita, a révélé qu’elle entend instaurer le système de tutorat dans cet établissement d’excellence afin de booster les résultats scolaires qu’elle trouve moyens voire insuffisants, selon les cycles. Aux dires de la première responsable de ce lycée de jeunes filles, l’instauration des journées portes ouvertes qui se tiendront chaque année à la fin du premier trimestre, visent deux objectifs principaux. Il s’agit notamment de rencontrer les parents d’élèves et échanger avec eux sur les résultats scolaires de leurs enfants, d’obtenir une amélioration de résultats à travers les échanges entre enseignants et parents afin de savoir ce qui se fait globalement pour les enfants. « Mais il n’est pas exclu qu’on le fasse une deuxième fois  si d’aventure les résultats ne s’amélioraient pas à la fin du second trimestre », a-t-elle suggéré. « Au premier cycle, les résultats sont bons avec un pourcentage de 80%, à part la classe de 3ème qui est une classe intermédiaire où les élèves, pour on ne sait quelle raison, n’ont pas le niveau. Au second cycle, avec 67%, les résultats sont bons en 2nde et 1ère. Mais en Terminale, nous devons insister, créer des conditions de travail pour qu’aux examens de fin d’année, nous ayons plus de 60% », a indiqué Mme Nomvia Sako. Pour ce faire, elle préconise le système de tutorat. « Nous avons vu des systèmes au cours de plusieurs visites à l’étranger, notamment aux USA. Mais nous comptons appliquer le système de tutorat pour la prise en charge des élèves moins bons. Ainsi, les professeurs en sous-horaires devront utiliser les heures qu’ils nous doivent pour encadrer les élèves faibles. Ce sera pareil pour les élèves excellents qui encadreront leurs camarades de classe qui ont un faible niveau. Les enseignants sont d’ailleurs partants », a expliqué le proviseur. « Dans un établissement d’excellence comme le nôtre, la rigueur doit être de mise », a-t-elle par ailleurs souligné indiquant que sur la discipline et la moralité, il y aura de la rigueur. Le proviseur a prévenu que toutes les élèves qui enfreindront au règlement intérieur qu’elle a d’ailleurs révisé,  pourront se voir exclues. Le proviseur du lycée Mamie Adjoua a annoncé que l’établissement a eu 50 ans le 1er octobre 2012 et que la célébration de ce cinquantenaire se fera en mai 2013, quand les cours seront atténués. Le Lycée Mamie Adjoua de Yamoussoukro pour rappel compte 88 enseignants pour 1.909 élèves. 1.120 son régulièrement inscrit pour le premier cycle et 789 pour le second.

Correspondance particulière

Le FAFCI pour vaincre la pauvreté chez les femmes Ivoiriennes

La Première Dame heureuse avec ses sœurs !

La Première Dame heureuse avec ses sœurs !

1 milliards de f CFA, voici la valeur de base du FAFCI, le Fond d’Appui aux Femmes de Côte d’Ivoire. Ce fond naît de la volonté de la Première Dame de Côte d’Ivoire d’aider ses sœurs à vaincre la pauvreté par la promotion d’activités génératrices de revenus. Selon Madame Dominique Ouattara, l’idée de ce fond est sa contribution à la lutte contre les difficultés financières qui sont celles des femmes au quotidien. Au-delà, ce fond permettra de résoudre une véritable inégalité dans l’accès au crédit. En effet force est de constater qu’en Côte d’Ivoire contrairement aux hommes, les institutions financières prêtent difficilement aux femmes. Le FAFCI vient donc pour combler ce vide par un accès plus facile des femmes au crédit. Dans un premier temps, le fond permettra à six milles (6000) femmes de Côte d’Ivoire de bénéficier de prêts remboursables sur douze (12) mois. Le taux d’intérêt du prêt est le plus bas du marché : 1% ! En plus, les femmes bénéficieront d’un coaching sur les méthodes de gestion durant la période du crédit. Un autre avantage, c’est que les femmes n’auront pas besoin d’un aval ou de frais annexes pour avoir accès au crédit. Voici une bonne nouvelle pour celles qui hier étaient marginalisées.

La Première Dame a insisté sur un point important dans les opérations de prêts. « Si les femmes de Côte d’Ivoire empruntent et remboursent normalement leurs prêts, le nombre de bénéficiaires pourrait passer de 6000 à 8000 femmes lors de la deuxième année d’exercice du Fond » a-t-elle précisé. Cette promptitude dans le remboursement des prêts pourrait pousser le Président Alassane Ouattara à tenir sa promesse d’appuyer le FAFCI d’une enveloppe de 5 milliards de f CFA. La concrétisation de cette promesse serait un point positif pour le Chef de l’Etat qui ambitionne réduire d’ici 2015 le taux de pauvreté en Côte d’Ivoire en dessous des 50% actuel. Aider les femmes à se prendre en charge c’est aider la cellule familiale à mieux vivre car selon les statistiques, le taux de pauvreté dans les ménages dirigés par les femmes est moins élevé que dans les ménages dirigés par les hommes ; soit un taux de 45,4% contre 49,6%. Pour revenir au FAFCI qui se veut un fond aux conditions d’accès souples, sa gestion est confiée à deux organes. Le Comité de Pilotage est présidé par la Première Dame Dominique Ouattara. Quant au Comité Technique il comprend les représentants du ministre de l’Economie et des Finances, celui de la Solidarité, de la Famille et de l’Enfant, le représentant de l’association des micro-finances et enfin celui de la Banque Atlantique de Côte d’Ivoire (BACI).

QUEEN Yelnamidjo A.

A la découverte des ‘’femmes maçons’’ d’Iratéké à Grand-Béréby

‘’Femmes maçons’’ rénovant une maison

On les appelle affectueusement les ‘’femmes maçons’’ dans plusieurs localités de la Côte d’Ivoire. Leur rôle consiste à bâtir des maisons pas comme celles que nous voyons dans les grandes agglomérations mais des plus petites. Ces maisons sont essentiellement conçues à partir de la boue issue du mélange entre l’argile et des feuilles mortes dans certaines zones rurales. Pour tous les lecteurs qui ont déjà parcourus les savanes africaines, l’image de ces cases ou maisons traditionnels vous reviennent. Pour les autres la photo illustrant ce post vous permettra de découvrir l’architecture dont il est question. Pour nos ‘’femmes maçons’’ qui construisent ces maisons point besoin de truelles, de plomb, de règle, de ciment ou de béton armé. Un seau d’argile et de l’eau, et les voilà lancées ! Leurs mains pleines de boues vont et viennent sur les murs craquelés et lézardés au seau plein d’une boue argileuse, délicatement préparée. En infatigables ménagères villageoises, elles mettent du cœur à l’ouvrage pour redonner vie et charme aux maisons du village.

C’est à Iratéké, un petit village à forte dominance Koulango, à environ 40 km de Grand-Béréby que nous sommes allés pour croiser ces femmes. Comme la plupart des villages et hameaux du sud-ouest du pays, Iratéké est un village créé par des planteurs de cacao venus s’installés dans la zone forestière pour faire fortune. Depuis ce matin, Martine et sa sœur ont entrepris de réhabiliter la vielle cuisine de la maison. Celle-ci est depuis quelque temps dans un piteux état. Les murs sont devenus poreux et instables. Les termites ont sérieusement entamé les piliers qui soutiennent le petit bâtiment : ces derniers ont été dégarnis de la boue protectrice et de leur couverture de terre par la pluie. « On doit remplir les endroits où la terre est partie, sinon la cuisine peut tomber après une forte pluie. On essaie de faire de notre mieux », explique Martine, le front couvert de sueur. A première vue, cette activité semble facile à réaliser, cependant il faut dire que cela fait maintenant 2 jours que ces bonnes femmes sont à l’ouvrage. L’intérieur du bâtiment a été entièrement recouvert la veille. Aujourd’hui, elles comptent terminer la face extérieure. « C’est pas facile de rester courbé ou arrêté tout le temps. Les bras fatiguent rapidement pendant qu’on travaille. En plus, le mélange d’argile et d’eau rend la paume fragile. Quand nous lavons nos mains, nous avons des traces rugueuses dans la paume et sur les doigt», nous apprend notre maçon du jour. Malgré la hardiesse de la tâche, le challenge d’une cuisine rénovée et plus sécurisante est un défi qu’elles entendent relever à tout prix !

Une journée avec les balayeuses d’Abidjan

Les balayeuses d'Abidjan autravail

Vêtue de blouses vertes ou oranges, les balayeuses d’Abidjan ont la lourde charge de rendre matin et soir les rues de la capitale Ivoirienne propres. Pion essentiel de l’opération pays propre initiée par les nouvelles autorités Ivoiriennes depuis le moi de mai, elles travaillent dans des conditions assez difficiles à la merci des automobilistes souvent imprudents et elles sont obligées d’acheter elles-mêmes leur propre matériel de travail. Chaque femme débourse en moyenne 500 francs par semaine pour l’achat de deux balais indispensables à son activité, un cache-nez à 700 f et est tenue de remplacer son sceau à 1000 francs l’unité pour le ramassage lorsque le besoin se fait sentir. Cela ne poserait aucun problème si ces femmes étaient bien payés malheureusement les arriérées de salaire s’accumulent au fil des mois. 3 mois, 4, 5 ou même 6 dans certaines entreprises ! « Les agents recruteurs sont arrivés et après avoir écrit nos noms sur une feuille ils nous ont donné la garantie que nous serons payé à 3000 f par jour. Puis ils sont passés à 2500 puis 2000 ! Après trois moi de travail nous n’avons pas reçu un seul centime. Nos patrons nous disent que l’Etat n’a pas encore versé notre argent » affirme Djénébou.

Celles que ces femmes appellent patrons ne sont que des intermédiaires chargés de la supervision des activités de nettoyage et du recrutement. Kouassi Monique est l’une des rares que nous retrouvons sur le terrain et elle ne cache pas les difficultés auxquelles les femmes sont confrontées mais pour défendre certainement les intérêts de son entreprise elle insiste sur le fait que les femmes seront payé dans les jours qui viennent et même soignées. En attendant que les véritables propriétaires ne se montrent pour assumer leurs responsabilités vis-à-vis de leurs employés les drames sur le bitume s’enchainent au quotidien. « Une de nos collègues a été fauché par une voiture. Elle a été conduite à l’hôpital par les pompiers. Les patrons sont venus la voir mais ne l’ont pas pris en charge : elle a dû se soigner elle-même » nous explique Adja. Les femmes sont livrées à elles-mêmes et elles ignorent pour la plupart où se situe le siège des entreprises qui sont sensées les embaucher.

Grâce à des numéros griffonnés sur un bout de papier par nos balayeuses nous avons pu joindre deux entreprises qui n’ont pas pu justifier leur existence légale. D’autres responsables n’ont pas souhaité répondre à nos questions faute d’une autorisation de leur hiérarchie. Avec des entreprises fantômes qui pullulent dans le domaine des travaux de nettoyage les balayeuses d’Abidjan ont peut le dire sont des victimes qui auront du mal à se faire entendre à plus forte raison toucher l’intégralité de leurs salaires.

SUY Kahofi

Déclaration de la Ministre de la famille de la femme et de l’enfant concernant la journée internationale de la femme rurale

Les femmes rurales jouent un rôle important dans les systèmes de production

Chers compatriotes, Chères sœurs du Monde rural,

La Côte d’Ivoire, à l’instar des autres pays du monde, célèbre tous les 15 Octobre, la Journée Mondiale de la Femme Rurale. Décrétée depuis 1996 par l’organisation des Nations Unies, cette journée est une occasion de mémoire et de reconnaissance des mérites de la femme rurale pour sa contribution diverse et significative au processus de développement économique et à l’équilibre social. Elle est aussi une opportunité pour mieux appréhender les problèmes de la femme rurale et y apporter des réponses idoines.  En tant qu’instrument de développement et créatrice de richesses, la femme rurale contribue énormément au bien-être des familles et au-delà, à la croissance des économies rurales, voire nationales. Selon une étude des Nations Unies, 70% de la production vivrière, 50% de l’élevage et 60% de la commercialisation des produits agricoles en Afrique sont le fait de la femme rurale.

Particulièrement en Côte d’Ivoire, d’après le Recensement Général de la Population et de l’Habitat de 1998, même si dans le secteur agricole, seulement 25% des chefs d’exploitation sont des femmes et que le revenu de la femme représente en moyenne 22% de celui de l’homme, la production vivrière qui représente 70% de la valeur ajoutée agricole et la sécurité alimentaire sont assurées par la femme. Son accession à la propriété foncière demeure encore un vœu pieux. Le Gouvernement travaille dans le sens de réparer cette injustice. Les Institutions de Formation et d’Education Féminine sont à la disposition de la femme afin de bouter hors de la Côte d’Ivoire l’analphabétisme rurale. Le Ministère de la Famille, de la Femme et de l’Enfant, a initié, au cours du mois de septembre 2011, une formation à l’attention de cinq (5) groupements féminins issus de coopératives afin de leur donner des outils nécessaires à une meilleure gestion des leurs activités. Plus la femme du milieu rural maîtrise les mécanismes de production, mieux elle contribue de façon significative, à la sauvegarde de la sécurité alimentaire.

Le Gouvernement mesure la forte implication de la femme rurale dans la recherche de l’autosuffisance alimentaire ; particulièrement celle qui s’active dans la production de riz. Aussi, à l’endroit de celle-ci, recommande –t-il une amplification des initiatives à l’effet de permettre à la Côte d’Ivoire d’être autosuffisante en riz.

La satisfaction des besoins alimentaires sans cesse croissants des populations s’impose comme un défi à la femme rurale. Elle exige de ce fait un cadre de sérénité et de quiétude, d’où la nécessité de la restauration de la paix et de la cohésion sociale.  Dans ce contexte, il est aujourd’hui question, à l’échelle nationale, de réconcilier la Côte d’ivoire avec elle-même. C’est pourquoi le thème national de la Journée Mondiale de la Femme Rurale s’intitule « Rôle de la Femme Rurale dans la réconciliation nationale ». Ce thème est évocateur pour la Côte d’Ivoire en ce qu’elle met au cœur du processus de rétablissement de la paix et de la cohésion sociale, la femme rurale, celle-là même qui a été une victime majeure des crises. Rien ne peut se construire en Côte d’Ivoire sans l’apport de toutes ces femmes, qui très tôt le matin, organisent leur quotidien à partir du travail et de l’objectif qu’elles se sont assignés : lutter contre la pauvreté. Nous n’avons pas suffisamment démontré à la face du monde, à quel point leur implication dans la restauration de la cohésion sociale a été fondamentale pour la Côte d’Ivoire. Elles ont défié la pluie, le vent, le racket, les braquages, les violences et l’ingratitude. Elles n’ont jamais baissé les bras. Honneur à elles.

Le Gouvernement depuis le 1er juin, dans sa politique de développement des activités socio-économiques de la femme, met à la disposition de la femme rurale, un fond « Femme et Développement », qui servira à l’accompagner dans la mesure de ses possibilités. La Banque de la Femme est à l’étude, et c‘est ensemble, que nous éloignerons de la Côte d’Ivoire, les limites de la pauvreté. Que cette journée se présente pour la femme rurale, comme une journée de l’espoir et de projection dans l’avenir pour une Côte d’Ivoire réconciliée avec elle-même.

Vive la femme du Monde rural

Esther la mécanicienne du Plateau

Esther sous une voiture

Les difficultés de la vie ne doivent pas empêcher les femmes d’avancer

Si certaines jeunes filles qui ne vont plus à l’école rêvent de faire du commerce, la coiffure ou la couture, Esther décide de se lancer dans la mécanique. Voici donc une jeune fille dans un univers fait à l’origine (pour certains) pour les hommes et cela lui réussit bien !

Se salir pour gagner sa vie

Comme la  majorité des jeunes filles qui naissent en milieu urbain, LOHOUNE Esther Didi a eu la chance d’aller à l’école et aurait bien voulu faire de longues études. Hélas ! Les difficultés de l’existence humaine qui ne préviennent jamais avant de s’inviter dans nos vies l’obligent à renoncer à ce rêve. En effet Esther est en classe de Seconde Scientifique quand son père, un agent de la Télévision Nationale, rend sa démission et s’exile en Europe. Plus jamais il ne donnera de ces nouvelles à sa famille ! Esther voyant sa mère souffrir toute seule pour prendre soin de la famille renonce à ses études pour épauler sa mère. « Ma maman s’est mise à me chercher du travail mais personnellement je ne voulais pas faire les métiers qu’on disait tout fait pour les filles. La coiffure et la couture ne m’intéressaient pas alors je me demandais que faire ? » s’interroge la jeune fille. A cette question, la mère d’Esther trouvera très vite une réponse. Toute jeune elle rêvait de devenir mécanicienne et à défaut d’avoir pu réaliser ce rêve, c’est sa fille qui le fera. Esther nous raconte son arrivée à la mécanique « Ma mère m’a mise devant le fait accompli je dois dire. Un jour lors d’une balade à Treichville (Abidjan-sud) elle me fait passer devant un garage et m’indique une jeune mécanicienne en me posant la question : ‘’Que vois-tu ?’’ Et moi de lui répondre ‘’Je vois une fille en train de se salir’’ (rires) Ma mère insiste et me demande si je n’ai pas envie de faire ce métier. Comme toute réponse j’ai gardé le silence. Le lendemain autour de 5 heures du matin elle est venue me réveiller avec la même question et je lui ai dis ceci : ‘’Maman dans la vie tout s’apprend’’ ». Marché conclu entre la mère et la fille peut-on dire. Esther aura désormais pour univers le garage, le bruit des voitures et les petites moqueries des hommes !

« Il ne suffit pas d’être un homme pour être un bon mécanicien »

L’apprentissage ne fut pas facile ! « Dès le premier jour j’ai trouvé la caisse à outils si lourde que je me demandais si je n’allais pas déserter le garage ! (rires) » nous explique Esther. « Mon jeune patron (instructeur) a même parié que j’allais fuir comme toutes les jeunes filles qui s’étaient aventurées dans la mécanique. Nous avons fait un pari et je crois qu’aujourd’hui je l’ai remporté ! ». A force de courage et d’abnégation elle apprend son métier pendant sept ans avec une seule conviction : rien ne dit que la mécanique ne réussit qu’aux hommes. Elle n’a touché aucune rémunération durant son apprentissage : elle n’avait qu’une prime de transport pour rallier chaque jour le garage. Aujourd’hui, forte de son expérience c’est elle qui enseigne les rouages du métier aux étudiants sortis des centres techniques ! Elle regrette que ces derniers sortent des centres de formation avec des connaissances théoriques et vraiment rien côté pratique. Pour Esther le bon mécanicien est celui qui ne se presse pas dans le travail, qui prend son temps pour vérifier pièces par pièces en vue de trouver la panne et la réparer.

« Les femmes refusent que je touche leurs voitures »

La discrimination Esther la vit au quotidien. Les hommes ont tendance à la minimiser mais au final ils se rendent compte qu’elle maitrise son métier. « Un matin, un monsieur débarque avec sa voiture et demande à mon patron un bon mécanicien. Il me désigne et l’homme de dire : ‘’si c’est cette gamine qui doit toucher ma voiture je vais ailleurs’’. Le chef d’atelier insiste et il s’approche de moi pour m’expliquer son problème. Je fais le diagnostic de son véhicule et il veut me remettre les clés de sa voiture alors je lui dis : ‘’attendez que les grands mécaniciens arrivent pour réparer votre voiture’’ (rires) » nous raconte Esther. Finalement l’homme s’excusera en précisant qu’il a été vraiment surpris de voir une femme mécanicienne. Dans cette discrimination quasi quotidienne se sont les femmes qui s’illustrent d’une drôle de manière. Esther nous dira sans hésiter que se sont les femmes qui créent la véritable discrimination en refusant « qu’une autre femme s’occupe de leurs véhicules ». « Je suis choquée de voir des femmes avocates, juges, cadres de banque, ingénieurs, maires ou députés dire sans le cacher qu’elles préfèrent que les hommes s’occupent de leurs voitures. Comment voulez-vous que les hommes nous respectent quand nous même nous ne nous faisons pas confiance ? » s’interroge Esther. Pour elle sans le dire directement ces femmes sont en train de soutenir que seul les hommes doivent travailler !

Bien dans la tête et la peau

La mécanique n’est pas synonyme de saleté et Esther le montre très bien. En plus d’être belle elle s’entretien au quotidien. Un homme qui la verrait couverte de graisse ne lui dira certainement pas bonjour mais attendez qu’elle sorte de sa combinaison bleu pour sa robe de sortie ! A la voir toute ravissante et endimanchée, on se dirait qu’elle aurait pu être l’épouse d’un de ces gourous qui arrivent au garage en grosse cylindrée et dormir du matin au soir sans rien faire. Une vie facile pour une battante ? Jamais car avec Esther « il faut se battre pour mériter le respect des autres ».

SUY Kahofi