Femmes, acteurs engagés pour la présidentielle de 2015

Campagne encourageant le vote des femmes

Campagne encourageant le vote des femmes

Les Organisations féminines de la société civile sont fortement impliquées dans le processus électoral depuis la fin de la crise de 2010. Pour la présidentielle d’Octobre 2015, elles multiplient les actions pour une forte mobilisation des femmes le jour du scrutin.

Au lendemain des indépendances, la Côte d’Ivoire a clairement affiché sa volonté de faire la promotion de la femme. Le pays fut l’un des premiers d’Afrique sub-saharienne à nommer une femme ministre autour des années 70. Jeanne Gervais née Jeanne Ahou Siefer-N’Dri, fut la première femme dans un gouvernement ivoirien. Inspectrice de l’Enseignement primaire, elle fut nommée ministre par le président Félix Houphouët-Boigny en charge de la condition féminine de 1976-1983. Elle inaugura la politique de promotion du genre dans les instances politiques et de prise de décision après une longue carrière de député de 1965 à 1980. Cette ardeur dans la promotion du genre au pays des éléphants va malheureusement s’effriter au fil des années pour céder la place aujourd’hui à un véritable combat des femmes pour s’imposer dans les instances de prise de décision. Et pour y arriver, les femmes ont décidé d’en « découdre » avec les hommes sur le champ de la politique en dépit de la rudesse de cet univers. Les femmes ivoiriennes l’ont compris, sans un engagement sur le terrain de la politique elles ne pourront pas influencer sur les lois qui garantiraient leur épanouissement dans la société. L’engagement des femmes en politique est étroitement accompagné par les organisations féminines de la société civile. Cet accompagnement est quasi quotidien et ne dépend pas seulement des différents cycles électoraux.

Encourager les femmes à tous les niveaux

Les organisations féminines de la société civile déploient une stratégie qui s’inscrit dans le temps. Chaque jour est un jour de mobilisation et surtout de formation à destination des femmes. La première mission que les organisations féminines se sont assignées était la sensibilisation et la formation à l’éducation citoyenne. Ces formations avaient pour objectif d’expliquer aux femmes « pourquoi voter, comment voter et comment le vote participe au développement socio-économique du pays » nous explique Docteur Marie Paul Kodjo coordinatrice générale de la COFEMCI-REPC (Coordination des femmes de Côte d’Ivoire pour les élections et la reconstruction post-crise). Cette étape était importante dans la mesure où les femmes (notamment celles du milieu rural) sont le plus souvent victimes de discrimination. « Certains hommes empêchent les femmes d’aller voter quand ils ne leur imposent pas un candidat » se désole Docteur Marie Paul Kodjo. Les femmes devaient comprendre qu’un candidat ne se choisi pas sur la base du lien de parenté ou parce qu’il a été choisi par le conjoint. Le choix du candidat repose sur son programme notamment celui qui présente des avantages pour la promotion de la condition des femmes. La sensibilisation consiste aussi à inviter les femmes à s’inscrire massivement sur la liste électorale en vue d’exercer librement leur droit de vote le jour du scrutin. Comprendre le processus électoral, s’inscrire sur les listes et enfin prendre part aux différents cycles électoraux comme votants mais aussi candidates. C’est pour susciter et encourager ces candidatures féminines que le CEFCI (Centre féminin pour la démocratie et les droits humains en Côte d’Ivoire) a initié un programme baptisé : « projet d’appui à l’implication et à la participation des femmes et des jeunes au processus électoral« . Le CEFCI a sensibilisé plus de 300 femmes de 10 partis politiques intéressées par les postes électifs (députation, mairie, conseils régionaux). Le centre a édité le Cahier de la femme candidate, véritable guide pour les femmes qui souhaitent mener à bien leur campagne et concevoir un bon programme.

Hélène Gnionsahe coordinatrice de la CSCI

Hélène Gnionsahe coordinatrice de la CSCI

Femmes, acteurs engagés pour 2015

Comme en 2010, les femmes ont répondu en 2015 à l’appel de la Commission électorale indépendante (CEI) et des Organisations de société civile (OSC). Elles se sont inscrites sur les listes électorales et prendront donc une part active au vote. Le GOFEHF veille particulièrement à ce que cet engagement se matérialise. Le Groupe des organisations féminines pour l’égalité hommes et femmes initie des campagnes de sensibilisations auprès des femmes pour qu’elles puissent sortir massivement voter dans la paix et la discipline. La dernière action du groupe s’est faite à l’endroit des femmes de Koumassi du 7 au 12 octobre avec 100 agents de sensibilisation qui ont pu toucher 20.321 femmes. La formation et la sensibilisation ne se limite pas à la ville d’Abidjan. L’OFACI (Organisation des femmes actives de Côte d’Ivoire) a investie depuis plusieurs semaines les localités de San-Pedro, Man, Lakota et Ferkessédougou. L’organisation sensibilise certes les femmes mais forme aussi les hommes et les leaders communautaires sur la nécessité de laisser les femmes participer librement au scrutin. De son côté, le WIPNET Côte d’Ivoire (Femme dans l’édification de la paix) a reçu lors d’une conférence débat les deux (2) candidates à la présidentielle d’octobre 2015. L’évènement a coïncidé avec la célébration du 15ème anniversaire de la résolution 13-25. Les candidates ont démontré comment leurs différents programmes tiennent compte du genre et des besoins spécifiques des femmes et des petites filles dans le traitement des conflits et la recherche de la paix. La sensibilisation pour une meilleure participation des femmes au scrutin présidentiel passe aussi par internet et les réseaux sociaux.

Les Amazones du web et My’stic, deux organisations de bloggeuses et d’utilisatrices des outils 2.0 sont très actives sur la toile. Elles diffusent via Twitter, Facebook et des blogs des messages de paix et de campagne apaisée pour un scrutin sans violence. Du e-branding électoral qui touche directement une cible de plus en plus connectée. Pour Christiane Pelchat, directrice résidente du NDI (National democratic institute) la démocratisation de l’outil informatique doit aussi servir la cause de la paix. C’est pourquoi les campagnes sur le web sont à encourager car elles contribuent à accroitre la visibilité des projets à destination des femmes et des jeunes. Les femmes ivoiriennes ne seront pas seulement de simples votants. Elles seront aussi observatrices du processus. C’est un engagement pris par les plateformes de la société civile. La Plateforme des organisations de la société civile pour l’observation des élections en Côte d’Ivoire (POECI) lance l’opération de comptage rapide des votes ou PVT (Parellel vote tabulation) avec l’usage des technologies de l’information et de la communication (TIC) pour une présidentielle apaisée en octobre. 755 observateurs seront déployés dont 50% de femmes. La Plateforme des organisations de la société civile pour des Elections Apaisées Crédibles et Equitables en Côte d’Ivoire (PEACE-CI) va aussi déployer 2000 observateurs dont 40% de femmes. « Cette notion du genre est importante car elle permet d’impliquer tous les acteurs dans le processus » précise Fofana Mamadou, coordonnateur du projet PEACE-CI.

Promouvoir la démocratie par le vote

Les femmes ont décidé de ne pas attendre le cycle de la présidentielle pour le préparer. Il n’y a donc pas de raison qu’elles ne puissent pas être présentes dans les centres de vote le jour du scrutin. Cependant, avant le 25 octobre, elles ont encore le temps de passer à la loupe les projets de société de chaque candidat. C’est seulement sur cette base qu’elles pourront effectuer un choix judicieux. Un choix propice au développement socio-économique mais aussi à la promotion de la femme en Côte d’Ivoire. « On ne choisit pas un candidat parce qu’il est de ma région, parce qu’il est de mon village, parce qu’il est de mon ethnie. On porte son choix sur un candidat parce qu’il a un bon programme de société capable de contribuer au développement du pays » soutient Hélène Gnionsahe coordinatrice de la CSCI, la Convention de la société civile ivoirienne. Pour Chantal Ayemou la présidente du Réseau ivoirien pour la défense des droits de l’enfant et de la femme (RIDDEF) « si les femmes s’abstiennent de voter, elles subiront le choix des autres ». Prendre part au vote c’est non seulement promouvoir la démocratie mais aussi la cause de la femme ivoirienne.

Anderson Diédri

Publicités

À propos de Rédacteurs nousfemmes

Nousfemmes est un blog crée par SUY Kahofi, correspondant de presse et blogueur ivoirien. L'équipe de rédaction s'étoffe avec l'arrivée du journaliste d'Anderson Diédri, journaliste d'investigation.

Publié le octobre 23, 2015, dans FEMME ET SOCIETE, et tagué , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :