Les banques doivent faire confiance aux femmes

De belles initiatives féminines…mais un difficile accès au crédit

Les femmes restent dans la majorité des pays africains le parent pauvre du système financier au niveau du crédit bancaire et la Côte d’Ivoire n’est pas une exception. En effet 60% des femmes n’obtiennent pas de prêts pour financer leurs activités et plusieurs raisons expliquent cette situation. Les femmes ne sont pas mise sur le même pied d’égalité que les hommes. Certaines conceptions plutôt dépassées veulent qu’elles ne puissent pas concilier les rôles de mère et de chef d’entreprise ou tout simplement d’entrepreneur.

Bien qu’elles portent sur elles dans plusieurs ménages le poids des dépenses quotidiennes grâce à leurs petites activités, il nous est donné de constater que la majorité de la population pauvre en Afrique est constituée de femmes. Malheureusement les pesanteurs traditionnelles qui ont tendance à tirer les femmes vers la misère sont aussi observées dans certaines institutions financières. Celles-ci privilégient bien souvent les hommes aux femmes dans le financement de leurs projets. Cassandra Kolber, représentant résident de la SFI (Société financière Internationale) en Côte d’Ivoire confirme que pour le même bilan, « les établissements financiers accordent plus de financement aux hommes qu’aux femmes ». L’entrepreneuriat féminin subit donc une véritable discrimination dans l’octroi des crédits à moyen et long terme. Selon Fahan Bamba responsable d’une structure de micro-finance « il s’agit d’une mauvaise appréciation que font les banques ». S’appuyant sur son expérience personnelle, il soutient que les femmes sont plus responsables dans les opérations de remboursement que les hommes. Sur le total des sommes prêtées par sa structure, les femmes représentent 95% des remboursements.

« Une femme préfère largement utiliser le bénéficie de son activité pour rembourser un prêt parce qu’elle veut rester digne et éviter l’humiliation. Contrairement à un homme, elle ne fera jamais d’amalgame entre les fonds dédiés à son entreprise et ceux dont elle peut se servir pour ses besoins personnels » nous explique Fahan Bamba.

Pour les banquiers, les conditions sont les mêmes que ce soit une femme ou un homme entrepreneur. Tout en reconnaissant les difficultés liées aux problèmes de garantie, les financiers expliquent qu’ils sont avant tout des entreprises comme toutes les autres, soucieuses de préserver leur survie. Cet argumentaire peut être compréhensible mais pour TOURE Massogbê, présidente de la Commission Développement de l’Entrepreneuriat Féminin de la CGECI, les établissements financiers doivent prendre un peu plus de risque dans le financement de l’entreprenariat.

« En côte d’Ivoire, les banque préfèrent les crédits à la consommation liés aux salaires, il faut aller au-delà, les entrepreneurs féminins sont des battantes qu’il faut accompagner dans le risque. Prenez un peu plus de risque et vous ne serez pas déçu » indique TOURE Massogbê.

SUY Kahofi

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À propos de Rédacteurs nousfemmes

Nousfemmes est un blog crée par SUY Kahofi, correspondant de presse et blogueur ivoirien. L'équipe de rédaction s'étoffe avec l'arrivée du journaliste d'Anderson Diédri, journaliste d'investigation.

Publié le août 2, 2014, dans FEMME ET SOCIETE, et tagué , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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