VIH-SIDA : l’inquiétante féminisation de la pandémie en Afrique de l’Ouest

Docteur Xavier Crespin, directeur général de l’OOAS

Docteur Xavier Crespin, directeur général de l’OOAS

La forte féminisation du VIH-SIDA en Afrique de l’ouest est une situation très inquiétante selon le directeur général de l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS). Docteur Xavier Crespin a de nouveau tiré sur la sonnette d’alarme lors de la 5ème réunion du Comité multi-sectoriel de lutte contre le VIH/SIDA de la CEDEAO qui s’est tenue à Abidjan les 14 et 15 juillet 2014. La forte féminisation de la pandémie en Afrique de l’ouest est une tendance observée depuis 2004. L’ONUSIDA estimait déjà que 59 % des personnes séropositives en Afrique sont des femmes. 75 % des jeunes infectés sont des filles et pour chaque garçon infecté, il y a cinq à six filles qui le sont !

Les jeunes femmes âgées de 15 à 25 ans courent un risque au moins trois fois plus élevé d’être infectées par le VIH/SIDA que les hommes de la même tranche d’âge. Cette dernière tendance s’explique par le fait que les jeunes filles deviennent sexuellement actives de façon précoce. En plus de ces chiffres alarmants, l’on note également un accès plutôt difficile aux ARV surtout pour les femmes en âge de procréer. Concernant les femmes enceintes, la couverture PTME (prévention de la transmission mère-enfant) est de 39% dans l’espace CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest). Les raisons qui favorisent la féminisation du VIH-SIDA sont clairement identifiées. Il s’agit entre autres, du faible accès à l’éducation, à l’emploi, aux crédits, aux soins de santé primaire, à la terre et à l’héritage. A cela, il faut ajouter les mariages précoces, forcés, la polygamie, les rapports sexuels intergénérationnels, les cas de viol et le poids des traditions.

Inverser la tendance de la féminisation suppose donc une approche sexo-spécifique tenant compte des effets de la maladie sur les femmes et les hommes. Les raisons de la forte féminisation du VIH-SIDA étant identifiées, il est important que les communautés à la base et les pouvoirs publics s’engagent à lutter main dans la main. Il s’agit d’éradiquer des fléaux comme les mariages forcés, l’excision, les rapports sexuels intergénérationnels notamment dans le milieu scolaire et veiller à un accès des femmes aux intrants de lutte contre la maladie. Selon le Docteur Xavier Crespin, directeur général de l’Organisation Ouest Africaine de la Santé, l’OOAS prend en compte cette notion de Genre et VIH-SIDA. L’organisation invite les pays membres de la CEDEAO à mettre en place des stratégies idoines de luttes spécifiques contre l’extrême vulnérabilité des femmes. Ces stratégies de lutte doivent inclure une notion capitale : celle de la disponibilité des ARV et leur accès pour les femmes et les jeunes filles.

Anderson Diédri

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À propos de Rédacteurs nousfemmes

Nousfemmes est un blog crée par SUY Kahofi, correspondant de presse et blogueur ivoirien. L'équipe de rédaction s'étoffe avec l'arrivée du journaliste d'Anderson Diédri, journaliste d'investigation.

Publié le juillet 16, 2014, dans SANTE FEMME, et tagué , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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