Les femmes et filles de ménage vers le SMIG

Les femmes et filles de ménage mieux protégé par la loi

Les femmes et filles de ménage mieux protégé par la loi

Le milieu des travailleurs domestiques en Côte d’Ivoire est un univers mafieux, à la limite de trafic humain où des jeunes hommes, femmes et souvent même des mineurs sont exploités. 85% des petites mains dans ce milieu sont des femmes et des jeunes filles. Celles-ci évoluent dans des conditions difficiles marquées par la précarité de leur emploi. Kouassi Valérie connaît bien cet univers fait de brimade et d’exploitation ; elle qui depuis 1985 a commencé toute jeune à servir comme fille de ménage.

« Mon père n’ayant plus les moyens de payer mes cours, j’ai commencé à exercer cette activité toute jeune pour m’en sortir. Mon parcours a été difficile car même mes patrons qui connaissaient le droit ne m’ont jamais déclarée à la Caisse de prévoyance sociale » nous explique Kouassi Valérie.

En 29 ans de travail elle aura eu plusieurs patrons dans ce milieu où les travailleuses subissent les humeurs des maîtres et maîtresses de maison. La moindre colère, le refus de céder aux attouchements, d’être la petite ami du patron…est souvent synonyme de renvoi.

Ce sont les conditions difficiles d’exercice des travailleurs domestiques majoritairement des femmes et jeunes filles souvent mineures qui ont poussé l’ONG RIDEFF à diligenter une enquête de terrain. Le Réseau Ivoirien pour la Défense des Droits de l’Enfant et de la Femme a voulu engager par cette action un plaidoyer auprès des autorités ivoiriennes pour que les travailleuses domestiques ne soient plus des laissées pour compte. Chantal Ayemou la présidente du RIDDEF soutient que l’enquête réalisée dans les 10 communes d’Abidjan permet de faire ressortir la misère de cette frange de la population.

22% des travailleurs domestiques sont des mineurs, le salaire moyen est de 22.000 f CFA pour 30 jours de travail, les heures de repos n’existent pas et les brimades, privation, violences physiques et sexuelles sont quasi quotidiennes. Violences sexuelles, attouchement et propositions indécentes obligent par moment les filles et femmes de maison à abandonner le domicile des employeurs.

« J’ai abandonné mon travail au service d’une famille à Cocody parce que mon patron m’a fait des avances. Son épouse était absente et il m’a fait croire qu’un de ses amis voulait de moi. En réalité c’était lui-même l’intéressé. Nos relations se sont dégradées et sans le dire à ma patronne j’ai décidé de partir » témoigne Zo Esther.

C’est donc pour éviter que les travailleurs domestiques ne soient victime de leurs employeurs que le projet de loi fixant les conditions du travail domestique et portant organisation des agences de placement des travailleurs domestiques a été adopté par l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire ce mardi 08 juillet 2014. L’honorable député Traoré Adjaratou Fadiga qui est l’initiatrice du projet soutient que les objectifs de cette loi sont clairs et tiennent en quatre grands points :

  • mettre en place une Agence nationale des services à la personne chargée de coordonner l’action de l’Etat en faveur du secteur ;
  • simplifier les procédures d’embauche et de déclaration ;
  • mettre en place un système d’aides financières publiques et rendre plus significatives les exonérations ;
  • améliorer la situation des salariés.

Belle initiative saluée par l’honorable député Boby Assa Emilienne, membre du caucus des femmes du parlement ivoirien. Cette loi aura une valeur très importante pour un grand corps de métier car sur 5 millions 60 mille habitants que compte Abidjan, 1 million sont des travailleurs domestiques !

« Il faut veiller à ce que ces personnes qui exercent dans ce milieu puissent vivre décemment et se faire une retraite au terme de leur capacité à œuvrer…je veux dire que lorsque ces personnes atteindront un certain âge elles auront besoin d’une sécurité sociale » estime l’honorable député.

Entre autres points importants évoqués par le projet de loi, la déclaration des travailleurs domestiques à la caisse nationale de prévoyance sociale et le salaire de base aligné sur le SMIG qui est de 63.300 f CFA en Côte d’Ivoire.

SUY Kahofi

Publicités

À propos de Rédacteurs nousfemmes

Nousfemmes est un blog crée par SUY Kahofi, correspondant de presse et blogueur ivoirien. L'équipe de rédaction s'étoffe avec l'arrivée du journaliste d'Anderson Diédri, journaliste d'investigation.

Publié le juillet 9, 2014, dans DROIT DE FEMME, et tagué , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :