Archives Mensuelles: avril 2013

Lutte contre la pauvreté : l’OFACI accompagne 8 coopératives

Remise symbolique de matériel par l'Ambassade de France

Remise symbolique de matériel par l’Ambassade de France

L’OFACI, l’Organisation des Femmes Actives de Côte d’Ivoire continue sa politique d’émancipation de la femme à travers son autonomisation. C’est dans cet ordre d’idée que l’organisation de promotion des droits de la femme a décidé de lancer un projet d’appui à 8 coopératives issues des zones CNO (Centre, Nord et Ouest). Le projet baptisé « appui à la dynamisation de 8 coopératives féminines des régions centre, nord et ouest de la Côte d’Ivoire » a été officiellement présenté aux femmes, aux hommes de médias, aux bailleurs et agences d’appui technique ce 26 avril 2013. Le siège de l’ONG Transparency Justice (Abidjan-Cocody) a servi de cadre à cette cérémonie.

Sur le bien fondé du projet, Mme Sangaré Namizata, présidente de l’OFACI a affirmé que « le premier cas de violation des droits de la femme est la pauvreté ». Vaincre donc ce fléau c’est garantir les autres droits de la femme et l’amener à être un atout incontournable pour la société dans lequel elle vie. Cette raison motive le choix de 8 coopératives féminines qui regroupent des centaines de femmes et qui ont été durement éprouvées par la récente crise socio-politique que le pays a connu. Les coopératives bénéficiaires sont la COOPAGED et UNITE de Duékoué, CODOMAN de Man, TRA N’GLIN EYONIAN de M’bahiakro, YEDJIYOMOTININ de Korhogo, SIGUI TE MOGOSSON de Tingrela, BOUCAMI de Bocanda et BENGUEMA de Kani. Ces coopératives agricoles ont reçu des outils et des intrants pour accroître leur production. Ce geste d’une haute portée sociale a été rendu possible grâce au soutien de l’Ambassade de France en Côte d’Ivoire via son service de coopération. Selon Laurent Souquière, 1er conseiller de l’Ambassade de France, la représentation diplomatique a accepté de soutenir le projet à cause du sérieux de l’OFACI et surtout à cause de la portée et de l’impact du projet pour les populations à la base. Il a souligné que la lutte contre la pauvreté s’inscrivait au cœur des nouvelles orientations de la coopération Franco-Ivoirienne.

L’exécution à proprement dit du projet bénéficiera de l’accompagnement de l’ANADER (Agence Nationale d’Appui au Développement Rural). Son directeur général Dr Cissé Sidiki est venu témoigner aux femmes tout son soutien et la disponibilité de ses équipes pour le suivi des activités sur les sites agricoles retenus par le projet. Ce suivi agricole et l’accompagnement des 8 coopératives se feront grâce à un programme qui s’articule autour de 3 axes.

« Le premier axe est le renforcement des capacités des organisations paysannes par des formations à l’esprit coopératif, la commercialisation des produits, la recherche de financement et les procédures de gestion coopératif. Le deuxième axe est l’appui technique aux femmes grâce à un apport d’intrant et de matériel. Enfin le troisième axe est l’aide pour la reconnaissance officiel des coopératives et tant qu’organisations légales » Nous explique Hortence Karaboily, chargé des programmes à OFACI.

Mme Biaga Dégnan Cécile Antoinette au nom des bénéficiaires a remercié l’Ambassade de France en tant que principal bailleur du projet, l’OFACI pour l’initiative qui vise à promouvoir l’émancipation des femmes et l’ANADER pour son soutien technique. Elle a souligné que les coopératives feront un bon usage du matériel qu’elles ont reçu.

SUY Kahofi

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Elections locales : des campagnes civilisées pour les femmes

Les femmes ont leur mot à dire dans le processus électoral

Les femmes ont leur mot à dire dans le processus électoral

Il est bon de rendre à César ce qui appartient à César et ce n’est pas peu de le dire quand on parle de démocratie en Côte d’Ivoire. Les femmes Ivoiriennes ont toujours clamé leur maturité politique et elles le montrent encore. En effet le mérite des campagnes électorales apaisées revient largement aux Ivoiriennes qui pendant les deux semaines de débat pour convaincre n’ont pas fait preuve de violence envers leurs concurrents. Contrairement aux hommes qui se distingués par les casses, la violence verbale, le sabotage et les agressions, les femmes ont mis leur temps à profit pour mener une campagne pacifique. Pour Nathalie Koné, directrice du CEFCI (Centre Féminin pour la Démocratie et les Droits Humains en Côte d’Ivoire) « il ne s’agit pas de sanctifier les femmes en leur reconnaissant cet esprit de non violence mais c’est tout simplement admettre que les femmes ont plus le sens de la responsabilité que les hommes ». Une pensée populaire ivoirienne justifie cette position : « lorsqu’un homme se regarde dans un miroir il se voit tout seul ! Or une femme en se regardant dans un miroir voit également les personnes qui l’accompagnent ».

Les femmes ont essayé de se faire entendre durant ces campagnes mais le manque de moyens et l’absence de soutient de la part des partis politiques a limité leurs actions. Elles étaient donc fragilisées face aux hommes mais elles sont à féliciter pour leur courage et leur engagement. Les chiffres le montrent les partis politiques ont refusé de faire confiance aux femmes. Sur 659 têtes de listes il n’y a que 36 femmes pour les élections municipales. Au régional, sur 84 têtes de liste il n’y a que 2 femmes ! Les notions de parité ne semblent pas émouvoir les décideurs des partis politiques qui préfèrent reléguer les femmes aux cuisines des meetings et à la distribution des tee-shirts. Il y a certes très peu de femmes candidates mais les femmes qui représentent 52% de la population Ivoirienne sont une masse électorale à ne pas négliger. Si les politiciens le savent, très peu de candidats pensent à elles dans leur programme de société. « Lors des tournées dans les quartiers, les hommes sont invités à exposer leurs problèmes. Que fait-on des aspirations des femmes ? » se demande Bamba SINDOU le coordonateur général du Regroupement des Acteurs Ivoiriens des Droits de l’Homme (RAIDH). Pour le militant des droits de l’homme il est temps que les futurs maires et présidents des conseils régionaux mettent la femme au cœur du processus de développement des communes et des régions.

Notons que les activités de monitoring des campagnes électorales n’ont signalé aucun cas de violences basées sur le genre.

SUY Kahofi

Femmes et médias, partenaires pour une meilleure gouvernance en Afrique de l’Ouest

Les partenaires au projet étaient tous présents à l’étape d’Abidjan

Les partenaires au projet étaient tous présents à l’étape d’Abidjan

L’URPCI (l’Union des Radios de Proximité de Côte d’Ivoire) et son partenaire historique l’IPAO (l’Institue Panos d’Afrique de l’Ouest) viennent de lancer un important projet de promotion de la bonne gouvernance en Afrique de l’Ouest avec le soutien financier de l’Union Européenne. Ce 05 avril à l’hôtel Ibis-Plateau (Abidjan), les trois entités ont officiellement donné le top départ du projet dénommé « Femmes et médias, partenaires pour une meilleure gouvernance en Afrique de l’Ouest ». Il s’agit d’un projet qui sera mis en œuvre dans cinq pays de la sous région sur une période de trois (3) ans. Ainsi les acteurs des médias, les organisations de la société civile (les OSC actives pour les droits et la participation des femmes dans la bonne gouvernance) et les femmes du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, de la Guinée et de la Sierra Leone bénéficieront d’un renforcement de capacité pour accroître la participation des citoyens dans le contrôle de l’action publique.

Pour Karamoko Bamba le Président de l’URPCI « ce projet est le bienvenu car il intervient à un moment très important de la vie de la Côte d’Ivoire ». Il s’agit du contexte électoral mais également celui du processus de réconciliation nationale. Voici pourquoi, le Président de l’URPCI n’a pas manqué de remercier l’IPAO pour son engagement aux côtés des médias de la sous région. Il a aussi plaidé pour une synergie des efforts pour que les productions réalisées dans le cadre de ce projet soient mutualisés pour le bien des populations. Sur le contexte et le bienfondé du projet, Mme Pauline Bend Directrice des Programmes de l’IPAO soutient que « le projet « Femmes et médias, partenaires pour une meilleure gouvernance en Afrique de l’Ouest » intervient dans un contexte marqué par un déficit de contrôle citoyen, un déficit d’information et un déficit de cadre juridique ». A travers ce projet l’IPAO et ses partenaires dans les cinq pays cibles veulent permettent aux médias de jouer un rôle de veille et d’éveille des consciences sur l’importance des femmes dans la gestion de la chose publique. Pour Mr Sangaré Abdoulaye, le conseiller du Ministre de la Communication représentant la tutelle, un tel projet ne peut que recevoir le soutien du ministère vu son importance. Aussi il a invité les professionnels des médias à œuvrer pour une meilleure vulgarisation des droits de la femme. Il s’est félicité du choix de la Côte d’Ivoire et a souhaité plein succès au projet.

Dans les cinq pays cibles des organisations représentatives de la société civile seront les porteurs du projet. Les partenaires de l’IPAO pour ce projet sont : le Centre du Commerce International pour le Développement (CECIDE) pour la Guinée, le Ghana Community Radio Network (GCRN) pour le Ghana, l’Union des Radios de Proximité de Côte d’Ivoire (URPCI), Femme, Droit et Développement en Afrique (WILDAF) pour le Bénin, la Mano River Women’s Peace Network (MORWOPNET) et la Society for Democratic Inititiatives (SDI) pour la Sierra Leone. Créé en juin 2000, l’IPAO est une organisation régionale africaine non gouvernementale indépendante, qui a pour mission de démocratiser la communication, et consolider des espaces publics pour des sociétés africaines ouvertes, où les opinions des citoyens sont éclairées, et leurs voix amplifiées et entendues. Son siège est à Dakar et l’IPAO mène des actions dans les 15 pays de la CEDEAO et en Mauritanie. Notons qu’au cours de la cérémonie officielle de lancement du projet « Femmes et médias, partenaires pour une meilleure gouvernance en Afrique de l’Ouest », les organes de régulation et d’auto-régulation des médias ont été dignement représentés. Nous citerons la Haute Autorité de la Communication Audio-visuelle (HACA), le Conseil National de la Presse (CNP), le Fond de Soutien au Développement de la Presse (FSD)…Du côté des OSC, les organisations féminines les plus représentatives au plan national ont répondu présentes à l’invitation de l’URPCI.

SUY Kahofi

L’OFACI vulgarise les instruments de protection des droits de la femme

Les femmes se forment à la maîtrise des Instruments qui protègent leurs droits

Les femmes se forment à la maîtrise des Instruments qui protègent leurs droits

Les instruments qui protègent les droits de la femme existent mais nombreuses sont celles qui n’en n’ont pas connaissance. C’est donc pour aider les femmes Ivoiriennes à mieux les connaitre que l’OFACI, l’Organisation des Femmes Actives de Côte d’Ivoire a décidé d’initier un séminaire de formation régionale du 03 au 05 avril au siège du CERAP (Centre de Recherche et d’Action pour la Paix). Selon Namizata Sangaré la Présidente de l’OFACI, tous les textes de loi au plan National et International qui protègent les femmes seront revisités dans une approche pédagogique pour permettre à chaque participante de pouvoir les vulgariser à son tour. Au compteur des textes de loi inscrits à l’ordre du  chronogramme de la formation figurent en pôle position les résolutions des Nations Unies, la CEDEF (Convention sur l’Elimination de toutes les Formes de Discrimination à l’Egard de la Femme), les chartes africaines et leurs protocoles additionnels sans oublier les instruments nationaux comme la déclaration solennelle de la Côte d’Ivoire sur l’égalité des chances, l’équité et le genre. Au-delà des femmes, ce séminaire de formation régional intègre également dans son approche pédagogique les agents des forces de l’ordre. Cette présence des hommes en arme est indispensable dans la mesure où ils sont les premiers interlocuteurs des femmes en cas de violence basées sur le genre. Le présent séminaire de formation de 72 heures s’inscrit dans le cadre d’un vaste projet de l’OFACI intitulé « Projet de formation de leaders féminins sur les mécanismes nationaux et internationaux pour une protection effective des droits de la femme en Côte d’Ivoire ». Le projet sera exécuté dans 82 localités sélectionnées dans les cinq grandes régions du pays.

Deux modules ont meublé le premier jour de formation. Une initiation aux notions de droits de l’homme, droits humanitaires et principes fondamentaux suivi d’une revue des instruments nationaux de protection des droits de la femme. Au terme des échanges, les femmes n’ont pas manqué de souligner leur satisfaction face aux efforts de l’Organisation des Nations Unies, de l’Union Africaine et des ONG dans leur politique de protection des droits de la femme. Pour Coulibaly Bintou de l’ONG Tabita d’Adiaké « il est impératif que les femmes sachent dans chaque recoin du pays qu’elles ont des droits et qui sont ceux qui doivent les protéger ». Elle estime avoir avancé dans sa compréhension des droits de la femme et pense déjà à un programme de vulgarisation de ses acquis auprès de ses sœurs dès son retour dans sa localité. Le son de cloche n’est pas différent pour Assoua Akissi Marie Florence de la section OFACI Akoupé. Elle soutient que son approche de formation inclura une pédagogie basée sur les langues locales. « Nombreuses sont nos sœurs qui n’ont pas eu la chance d’aller à l’école. Pour elles nous prévoyons des séances de sensibilisation dans les langues locales pour mieux les instruire sur la portée des textes de loi qui les protège » conclu-t-elle. Le séminaire de formation régional s’achève ce vendredi 05 avril avec une formation à l’endroit des forces de l’ordre.

SUY Kahofi