Archives Mensuelles: mars 2013

USA : Deux Ivoiriennes au programme des Visiteurs Internationaux

Mesdames Fati Karine ABDOU et Ktiengyo Nathalie KONE épse TRAORE posant avec le Conseiller de Presse et des Affaires Culturelles, M. Jonathan Cebra

Mesdames Fati Karine ABDOU et Ktiengyo Nathalie KONE épse TRAORE posant avec le Conseiller de Presse et des Affaires Culturelles, M. Jonathan Cebra

Mesdames Fati Karine ABDOU et Ktiengyo Nathalie KONE épse TRAORE ont été sélectionnées pour le programme des Visiteurs Internationaux sur le thème : « Femmes leaders politiques ». Au cours de ce programme financé par le gouvernement américain, les participantes exploreront le rôle des femmes en tant que leaders pour les changements sociaux et politiques aux Etats-Unis. Elles étudieront également comment les leaders d’opinion tiennent compte de plus en plus des préoccupations des femmes dans leurs discours politiques. En outre, les participantes seront instruites sur l’important rôle que jouent les organisations non-gouvernementales et communautaires pour soutenir les femmes leaders et contribuer à l’autonomisation des femmes tant sur le plan professionnel que personnel. Les participants pourront nouer des contacts avec des hommes d’affaires influents et des leaders communautaires, y compris des femmes parlementaires tant au niveau fédéral, national que local. Les participantes visiteront Washington, D.C, Denver dans le Colorado, Minneapolis dans le Minnesota et New York.

Madame. ABDOU est la Directrice de la Section Développement Economique de Care International Côte d’Ivoire. Elle est diplômée en Gestion de la Qualité, Gestion de Projets et en Marketing International de ISCJJ-ORLY, Abidjan. Madame. KONE epse TRAORE est la Directrice Executive du Centre Féminin pour la Démocratie et les Droits de l’Homme de Côte d’Ivoire. Depuis 2010 elle est également la vice-présidente du FOSCAO (WASCSAF-Forum Ouest-Africain de la Société Civile). « International Visitor Leadership Program » est un programme d’échanges professionnels visant à promouvoir la compréhension mutuelle entre le peuple des États-Unis et ceux des autres pays. A cet effet, des visites de courts séjours aux Etats-Unis sont soigneusement élaborés pour les dirigeants étrangers confirmés ou émergents des classes dirigeantes et politiques, des média, de l’éducation, des arts, des entreprises et des autres secteurs clés. Les visiteurs internationaux viennent aux Etats-Unis rencontrer et s’entretenir avec leurs homologues professionnels et apprécier par la même occasion la diversité ethnique, culturelle, politique et socio-économique des Etats-Unis. Plus de 190.000 Visiteurs Internationaux ont participé au programme depuis son lancement en 1940.

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Femmes Ivoiriennes et prise de décision

Piliers de nos Nations, les femmes méritent de diriger les instances de prise de décision

Piliers de nos Nations, les femmes méritent de diriger les instances de prise de décision

Il y a eu certes des avancées pour la promotion de leurs droits mais les femmes ivoiriennes sont conscientes que des batailles encore plus importantes sont à remporter. Les femmes savent que leur présence au sein des instances de prise de décision peut faire bouger les lignes. Mais comment parvenir à intégrer ces instances de prise de décision quand rares sont les femmes qui sont choisies par les hommes ? La question mérite d’être posée ! Avec une présence estimée à 12% au parlement, 5 ministres dans un gouvernement de 26 membres, aucune femme présidente de conseil régional ni même membre du conseil constitutionnel, les femmes Ivoiriennes reconnaissons-le sont très peu présentes ou même pas du tout dans les organes de prise décision. Cette sous-représentation est l’origine d’un retard immense dans l’application des textes de loi pour la promotion des droits de la femme ratifié par le pays au plan international et continental. Les nombreuses politiques pour « genrer » la fonction public, le parlement et les instances de prise de décision politique, économique et social n’ont pas encore porté de fruits.

Pour Nathalie Koné la Directrice Exécutive du CEFCI, (le Centre Féminin pour la Démocratie et les Droits Humains en Côte d’Ivoire), « le poids de la tradition ivoirienne qui veut que les femmes soient toujours dans l’ombre des hommes » explique en grande partie cette situation. Ce machisme quasi institutionnalisé a fini par confiner les femmes dans un véritable complexe d’infériorité. Dans les partis politiques ou les entreprises, rares sont les femmes ivoiriennes qui osent s’engager pour briser ce tabou. Namizata Sangaré est la Présidente de l’OFACI, (l’organisation des femmes actives de Côte d’Ivoire, la Côte d’Ivoire) et elle estime que les autorités Ivoiriennes doivent s’engager dans une autre forme de promotion de la gente féminine. « Cette promotion passe par une application pure et simple des textes contraignants de la CEDEF » soutient la Présidente de l’OFACI. Il s’agit d’une convention sur l’élimination de toutes les discriminations à l’égard des femmes. Un instrument spécifiquement lié aux droits des femmes qui a été adopté par l’Assemblée Générale des Nations Unies en 1979 et dont la Côte d’Ivoire est devenue Etat-partie le 18 décembre 1995. A défaut d’avoir des hommes disposés d’eux-mêmes à promouvoir le genre dans les instances de prise de décision, les femmes ivoiriennes estiment que les textes de lois plus strictes doivent être appliqués par l’instauration du quota homme-femme à tous les niveaux. Ce point de vue est également celui d’Aminata Kassé Faye, Directrice du NDI (National Democratic Institut) pour le Burkina Faso. « Il faut une réelle volonté politique pour que les choses changent. Les femmes ne doivent plus être considérées comme un bétail électoral ou celles qui sont bonne à chanter lors des meetings. Il faut que des lois sur la parité soient adoptées par nos Assemblées Nationales pour que l’équilibre des genres soit respecté ».

Cet équilibre dans les instances de prise de décision pourra mettre un point à des fléaux comme les violences sexuelles et physiques à l’égard des femmes Ivoiriennes, violences qui ont pris une ascension assez inquiétante.

SUY Kahofi