Les femmes veulent un concubinage limité à 5 ans !

Les femmes pourraient-elles solliciter de nouveau l’institution dirigée par le Président Guillaume Soro ?

Les femmes pourraient-elles solliciter de nouveau l’institution dirigée par le Président Guillaume Soro ?

Au moment où la Côte d’Ivoire se remet petit à petit de la modification de l’article 58 relatif au statut de l’homme et de la femme dans le couple, le débat sur un autre projet féministe refait surface. Il s’agit d’une revendication des Organisations Non Gouvernementales féminines qui veulent voir la durée du concubinage réduite à 5 ans !

Pour ces organisations, il est impératif dans une relation de couple que la femme puisse avoir un statut légal. La vie à deux qui s’éternise avec un nombre incalculable d’enfant nés hors mariage doit cesser.

« Imaginez-vous des couples où l’homme et la femme vivent pendant 10, 15 voire 20 ans sans que jamais l’homme n’ait le courage d’épouser la femme ? Cette dernière n’a aucune assurance dans cette relation et le comble au cas où l’homme venait à décéder, ses parents peuvent venir et dépouiller la femme de tous les biens qu’ils ont eu durant ces années de vie commune », explique Namizata Sangaré, Présidente de l’OFACI (Organisation des Femmes Actives de Côte d’Ivoire).

Pour éviter que la femme ne soit lésée dans la relation de couple, l’OFACI estime qu’il serait juste de penser à une limitation de la durée du concubinage.

« Nous estimons que la norme pourrait être fixée à 5 ans. Au-delà de ces 5 années, l’homme aura obligation d’épouser la femme », soutient Namizata Sangaré.

Cette requête pour certains hommes est réaliste. « Après 5 ans de vie commune et peut-être un ou deux enfants, dites moi qui aura envie d’une telle femme si l’homme décide de ne pas l’épouser ? », s’interroge Mr Kouassi Hubert, agent municipal. « J’estime que si vous aimez vraiment une femme après un an maximum de vie commune vous pouvez l’épouser. Il ne faut pas la garder, la faner et lui dire demain qu’elle aille se faire voir ailleurs ! Cela n’est pas correcte », soutient Tra Bi, un instituteur.

Le concubinage en perte de vitesse ?

Parlant du concubinage lui-même qui était une pratique très prisée, il semble ne plus avoir d’adeptes aujourd’hui puisse que les Ivoiriens et les Ivoiriennes se marient de plus en plus jeune.

« Dans nos sociétés traditionnelles, le concubinage était une période « d’essai » où l’homme et la femme devaient apprendre à se connaître. Cette période précédait généralement la dot qui officialisait la relation entre un homme et une femme. De nos jours, avec l’influence de l’Eglise, cette pratique est de plus en plus condamnée », explique Mme Abo Florence, une mère de famille.

Cette période d’essai où l’on « étudie son conjoint » est jugée sans intérêt pour de nombreux Ivoiriens.

« Peut-on finir d’étudier ou de connaître un homme ? », s’interroge M. Ehui. « Je pense que le concubinage ne se justifie pas : il contribue à accroître l’esprit du libertinage autour du mariage », conclut notre interlocuteur. Sanogo Abou, un commerçant n’est pas de cet avis.

« On a coutume de dire que l’homme se marie quand il peut, c’est-à-dire quand il a les moyens. La femme se marie quand elle veut et c’est vrai ! Si le concubinage dure c’est surtout une question de moyens. Les femmes sont de fidèles abonnées des mariages grandioses et je vous assure que rares sont celles qui accepteront un mariage à quatre. Au-delà, si le jeune homme n’a pas les moyens, comment il s’occupe de sa femme ? », s’interroge Abou.

Koua Ange, une jeune étudiante trouve absurde l’argument des moyens financiers et elle ne passe pas par quatre chemins pour le balayer du revers de la main.

« Quand vous vivez en concubinage, est-ce que c’est avec du gravier que vous utilisez pour nourrir votre concubine ? », demande indignée la jeune femme.

«On n’a pas besoin de millions pour vivre avec une femme. J’en connais qui touche 300.000 par mois et qui disent ne pas avoir les moyens d’une vie à deux. Pourtant certains avec 100.000 ou même moins fondent des foyers. Alors que les hommes arrêtent de nous faire entendre ce vieux disque, il est connu ! »

Le concubinage à 5 ans : un projet réaliste ?

Si à l’unanimité ou presque, le concubinage est décrié comme une pratique qui ne fait pas honneur à un couple, les avis sont plutôt partagés sur la nécessité d’en limiter la durée à 5 ans. Certains Ivoiriens trouvent cette loi réaliste et utile si elle était adoptée. D’autres estiment que le mariage qui est une union libre et basé sur l’amour serait revêtu d’un caractère contraignant.

« Je trouve que 5 ans c’est trop long ! Il faut revoir la durée à la baisse : deux ans maximum et la loi vous fait obligation d’épouser celle avec qui vous vivez ! », soutient Claudine N’guessan.

Bien que M. Karamoko estime que le projet est réaliste, il pense qu’il serait difficile de « prendre » les hommes à ce jeu ! « Les hommes sont ce qu’ils sont et ils ne sont pas prêts de changer. Ils peuvent contourner cette loi, vivre avec une femme quatre ans et la cinquième inventer une histoire et la mettre à la rue », fait remarquer notre interlocuteur.

Mlle Koné, une étudiante estime qu’elle n’est pas contre un tel projet de loi mais s’interroge sur la valeur qu’ aura une telle relation.

« Le mariage est un engagement libre entre deux parties. Limiter le concubinage signifie forcer la main aux hommes et donc tronquer l’esprit de la liberté et de l’amour dans le mariage. J’estime qu’on ne doit pas obliger quelqu’un à aller devant le maire mais plutôt laisser le soin aux membres du couple de choisir le type de leur union ».

Peut-on légiférer sur le concubinage ?

Madame Konan Marie Laure est juriste, elle estime que légiférer autour du concubinage ferait de l’ombre à une autre loi qui fonde la vie à deux au regard du droit positif. Il s’agit de la loi relative au mariage !

« Il faut d’abord comprendre que le concubinage n’est pas un contrat mais un fait de société. C’est lorsqu’une relation est contractuelle que les parties décident de la durée de ce contrat : elle est à durée déterminée ou indéterminée », soutient  Madame Konan.

« A mon avis une loi sur le concubinage pour donner un effet juridique à cette forme d’union n’a pas lieu d’exister puisque nous avons déjà la loi sur le mariage. Ce que la société souhaite c’est que la relation entre deux personnes de sexe différent qui vivent ensemble soit officialisée par le canal du mariage. La loi sur le mariage existe et je pense qu’au lieu d’espérer une nouvelle législation sur le concubinage il faut plutôt penser à faire la promotion de la loi sur le mariage pour amener plus de couples à régulariser leur situation », conclut Madame Konan.

Ce que les femmes considèrent donc comme un combat pour plus de droit pourrait avoir plus d’inconvénients que d’avantages. Une loi sur le concubinage pourrait conforter l’informel et le libertinage dans les unions mais tous ne sont pas de cet avis !

SUY Kahofi

Publicités

À propos de Rédacteurs nousfemmes

Nousfemmes est un blog crée par SUY Kahofi, correspondant de presse et blogueur ivoirien. L'équipe de rédaction s'étoffe avec l'arrivée du journaliste d'Anderson Diédri, journaliste d'investigation.

Publié le décembre 19, 2012, dans Uncategorized, et tagué , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. La modification de l’article 58 de la loi sur le mariage est une très bonne initiative pour nous les femmes. C’est une avancée considérable pour les droit des femmes en cote d’ivoire mais pour penser mariage il faut se pencher sur ce fléau qui mine plusieurs « foyer » qu’est le concubinage. vivre avec un homme pendant plus de 5ans sans être mariée est un abus vue que des femmes y laissent leur jeunesse, leur fertilité, leur vie sans pouvoir en tirer les avantages à elle reconnu si elles avaient fait plus de 5ans de mariage. (Succession, par exemple).
    la femme a besoin de se sentir en sécurité. pour ma part il y a plus d’avantages dans le mariage et aucun dans le  »long concubinage ». espérons que cette loi puisse voir le jour.
    +++FLORA ASSOI+++

  2. Excusé mon impertinence, mais je pense qu’il vaudrait mieux que l’on vote une loi qui protégerai la femme vivant en concubinage.il faut réfléchir a comment aider ces personnes vivant en concubinage à officialiser leur relations. peut être il faut exiger lors des mariages traditionnelles qu’on le légalise par le mariage civile, cela en les sensibilisants.les hommes pourront vivre avec des femmes durant 4 ans et partir simplement sans engagement

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :