Archives Mensuelles: décembre 2012

Le FAFCI pour vaincre la pauvreté chez les femmes Ivoiriennes

La Première Dame heureuse avec ses sœurs !

La Première Dame heureuse avec ses sœurs !

1 milliards de f CFA, voici la valeur de base du FAFCI, le Fond d’Appui aux Femmes de Côte d’Ivoire. Ce fond naît de la volonté de la Première Dame de Côte d’Ivoire d’aider ses sœurs à vaincre la pauvreté par la promotion d’activités génératrices de revenus. Selon Madame Dominique Ouattara, l’idée de ce fond est sa contribution à la lutte contre les difficultés financières qui sont celles des femmes au quotidien. Au-delà, ce fond permettra de résoudre une véritable inégalité dans l’accès au crédit. En effet force est de constater qu’en Côte d’Ivoire contrairement aux hommes, les institutions financières prêtent difficilement aux femmes. Le FAFCI vient donc pour combler ce vide par un accès plus facile des femmes au crédit. Dans un premier temps, le fond permettra à six milles (6000) femmes de Côte d’Ivoire de bénéficier de prêts remboursables sur douze (12) mois. Le taux d’intérêt du prêt est le plus bas du marché : 1% ! En plus, les femmes bénéficieront d’un coaching sur les méthodes de gestion durant la période du crédit. Un autre avantage, c’est que les femmes n’auront pas besoin d’un aval ou de frais annexes pour avoir accès au crédit. Voici une bonne nouvelle pour celles qui hier étaient marginalisées.

La Première Dame a insisté sur un point important dans les opérations de prêts. « Si les femmes de Côte d’Ivoire empruntent et remboursent normalement leurs prêts, le nombre de bénéficiaires pourrait passer de 6000 à 8000 femmes lors de la deuxième année d’exercice du Fond » a-t-elle précisé. Cette promptitude dans le remboursement des prêts pourrait pousser le Président Alassane Ouattara à tenir sa promesse d’appuyer le FAFCI d’une enveloppe de 5 milliards de f CFA. La concrétisation de cette promesse serait un point positif pour le Chef de l’Etat qui ambitionne réduire d’ici 2015 le taux de pauvreté en Côte d’Ivoire en dessous des 50% actuel. Aider les femmes à se prendre en charge c’est aider la cellule familiale à mieux vivre car selon les statistiques, le taux de pauvreté dans les ménages dirigés par les femmes est moins élevé que dans les ménages dirigés par les hommes ; soit un taux de 45,4% contre 49,6%. Pour revenir au FAFCI qui se veut un fond aux conditions d’accès souples, sa gestion est confiée à deux organes. Le Comité de Pilotage est présidé par la Première Dame Dominique Ouattara. Quant au Comité Technique il comprend les représentants du ministre de l’Economie et des Finances, celui de la Solidarité, de la Famille et de l’Enfant, le représentant de l’association des micro-finances et enfin celui de la Banque Atlantique de Côte d’Ivoire (BACI).

QUEEN Yelnamidjo A.

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Les femmes veulent un concubinage limité à 5 ans !

Les femmes pourraient-elles solliciter de nouveau l’institution dirigée par le Président Guillaume Soro ?

Les femmes pourraient-elles solliciter de nouveau l’institution dirigée par le Président Guillaume Soro ?

Au moment où la Côte d’Ivoire se remet petit à petit de la modification de l’article 58 relatif au statut de l’homme et de la femme dans le couple, le débat sur un autre projet féministe refait surface. Il s’agit d’une revendication des Organisations Non Gouvernementales féminines qui veulent voir la durée du concubinage réduite à 5 ans !

Pour ces organisations, il est impératif dans une relation de couple que la femme puisse avoir un statut légal. La vie à deux qui s’éternise avec un nombre incalculable d’enfant nés hors mariage doit cesser.

« Imaginez-vous des couples où l’homme et la femme vivent pendant 10, 15 voire 20 ans sans que jamais l’homme n’ait le courage d’épouser la femme ? Cette dernière n’a aucune assurance dans cette relation et le comble au cas où l’homme venait à décéder, ses parents peuvent venir et dépouiller la femme de tous les biens qu’ils ont eu durant ces années de vie commune », explique Namizata Sangaré, Présidente de l’OFACI (Organisation des Femmes Actives de Côte d’Ivoire).

Pour éviter que la femme ne soit lésée dans la relation de couple, l’OFACI estime qu’il serait juste de penser à une limitation de la durée du concubinage.

« Nous estimons que la norme pourrait être fixée à 5 ans. Au-delà de ces 5 années, l’homme aura obligation d’épouser la femme », soutient Namizata Sangaré.

Cette requête pour certains hommes est réaliste. « Après 5 ans de vie commune et peut-être un ou deux enfants, dites moi qui aura envie d’une telle femme si l’homme décide de ne pas l’épouser ? », s’interroge Mr Kouassi Hubert, agent municipal. « J’estime que si vous aimez vraiment une femme après un an maximum de vie commune vous pouvez l’épouser. Il ne faut pas la garder, la faner et lui dire demain qu’elle aille se faire voir ailleurs ! Cela n’est pas correcte », soutient Tra Bi, un instituteur.

Le concubinage en perte de vitesse ?

Parlant du concubinage lui-même qui était une pratique très prisée, il semble ne plus avoir d’adeptes aujourd’hui puisse que les Ivoiriens et les Ivoiriennes se marient de plus en plus jeune.

« Dans nos sociétés traditionnelles, le concubinage était une période « d’essai » où l’homme et la femme devaient apprendre à se connaître. Cette période précédait généralement la dot qui officialisait la relation entre un homme et une femme. De nos jours, avec l’influence de l’Eglise, cette pratique est de plus en plus condamnée », explique Mme Abo Florence, une mère de famille.

Cette période d’essai où l’on « étudie son conjoint » est jugée sans intérêt pour de nombreux Ivoiriens.

« Peut-on finir d’étudier ou de connaître un homme ? », s’interroge M. Ehui. « Je pense que le concubinage ne se justifie pas : il contribue à accroître l’esprit du libertinage autour du mariage », conclut notre interlocuteur. Sanogo Abou, un commerçant n’est pas de cet avis.

« On a coutume de dire que l’homme se marie quand il peut, c’est-à-dire quand il a les moyens. La femme se marie quand elle veut et c’est vrai ! Si le concubinage dure c’est surtout une question de moyens. Les femmes sont de fidèles abonnées des mariages grandioses et je vous assure que rares sont celles qui accepteront un mariage à quatre. Au-delà, si le jeune homme n’a pas les moyens, comment il s’occupe de sa femme ? », s’interroge Abou.

Koua Ange, une jeune étudiante trouve absurde l’argument des moyens financiers et elle ne passe pas par quatre chemins pour le balayer du revers de la main.

« Quand vous vivez en concubinage, est-ce que c’est avec du gravier que vous utilisez pour nourrir votre concubine ? », demande indignée la jeune femme.

«On n’a pas besoin de millions pour vivre avec une femme. J’en connais qui touche 300.000 par mois et qui disent ne pas avoir les moyens d’une vie à deux. Pourtant certains avec 100.000 ou même moins fondent des foyers. Alors que les hommes arrêtent de nous faire entendre ce vieux disque, il est connu ! »

Le concubinage à 5 ans : un projet réaliste ?

Si à l’unanimité ou presque, le concubinage est décrié comme une pratique qui ne fait pas honneur à un couple, les avis sont plutôt partagés sur la nécessité d’en limiter la durée à 5 ans. Certains Ivoiriens trouvent cette loi réaliste et utile si elle était adoptée. D’autres estiment que le mariage qui est une union libre et basé sur l’amour serait revêtu d’un caractère contraignant.

« Je trouve que 5 ans c’est trop long ! Il faut revoir la durée à la baisse : deux ans maximum et la loi vous fait obligation d’épouser celle avec qui vous vivez ! », soutient Claudine N’guessan.

Bien que M. Karamoko estime que le projet est réaliste, il pense qu’il serait difficile de « prendre » les hommes à ce jeu ! « Les hommes sont ce qu’ils sont et ils ne sont pas prêts de changer. Ils peuvent contourner cette loi, vivre avec une femme quatre ans et la cinquième inventer une histoire et la mettre à la rue », fait remarquer notre interlocuteur.

Mlle Koné, une étudiante estime qu’elle n’est pas contre un tel projet de loi mais s’interroge sur la valeur qu’ aura une telle relation.

« Le mariage est un engagement libre entre deux parties. Limiter le concubinage signifie forcer la main aux hommes et donc tronquer l’esprit de la liberté et de l’amour dans le mariage. J’estime qu’on ne doit pas obliger quelqu’un à aller devant le maire mais plutôt laisser le soin aux membres du couple de choisir le type de leur union ».

Peut-on légiférer sur le concubinage ?

Madame Konan Marie Laure est juriste, elle estime que légiférer autour du concubinage ferait de l’ombre à une autre loi qui fonde la vie à deux au regard du droit positif. Il s’agit de la loi relative au mariage !

« Il faut d’abord comprendre que le concubinage n’est pas un contrat mais un fait de société. C’est lorsqu’une relation est contractuelle que les parties décident de la durée de ce contrat : elle est à durée déterminée ou indéterminée », soutient  Madame Konan.

« A mon avis une loi sur le concubinage pour donner un effet juridique à cette forme d’union n’a pas lieu d’exister puisque nous avons déjà la loi sur le mariage. Ce que la société souhaite c’est que la relation entre deux personnes de sexe différent qui vivent ensemble soit officialisée par le canal du mariage. La loi sur le mariage existe et je pense qu’au lieu d’espérer une nouvelle législation sur le concubinage il faut plutôt penser à faire la promotion de la loi sur le mariage pour amener plus de couples à régulariser leur situation », conclut Madame Konan.

Ce que les femmes considèrent donc comme un combat pour plus de droit pourrait avoir plus d’inconvénients que d’avantages. Une loi sur le concubinage pourrait conforter l’informel et le libertinage dans les unions mais tous ne sont pas de cet avis !

SUY Kahofi

Femmes égales partenaires dans le processus de réconciliation

Femmes Ivoiriennes lors du Forum National

Femmes Ivoiriennes lors du Forum National

Peut-on penser réellement un processus de réconciliation en Côte d’Ivoire sans les femmes ? Pour le NDI (le National Democratic Institut for International Affairs) il serait utopique de réussir à restaurer la paix sans compter avec les femmes qui ont été les premières à mener des actions de paix pour détendre l’atmosphère sociale au lendemain de la crise post-électorale. C’est pour cette raison que le NDI s’est associé à la CDVR (la Commission Dialogue Vérité et Réconciliation) pour consacrer un forum national de formation aux femmes ivoiriennes en vu de mieux les outiller pour qu’elles soient des Ambassadeurs de paix dans leurs communautés. Ce forum de 48 heures s’est achevé ce 05 décembre à l’Hôtel TIAMA (Abidjan-Plateau) avec de fortes recommandations.

L’implication des femmes de façon plus active dans le processus de réconciliation national est une recommandation de la résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies qui a été bien reçu par les femmes ivoiriennes vu leur engagement sur le terrain pour la paix. « Les femmes se sont engagées depuis la fin de la crise post-électorale pour promouvoir la paix dans leurs différentes régions, villes et localités. Je pense qu’il faut aujourd’hui accorder plus de place aux femmes dans le processus de réconciliation nationale car à l’origine elles n’ont pas attendu qu’on leur reconnaisse cet engagement pour faire un plaidoyer pour la paix. Les femmes symbolisent la vie et elles entendent se mobiliser pour protéger la vie en Côte d’Ivoire » souligne Nathalie Koné du Centre Féminin pour la Démocratie et les Droits Humains en Côte d’Ivoire. Les bases de la mobilisation étant jetées par les femmes elles-mêmes, le National Democratic Institut for International Affairs estime qu’il faut donner d’avantage d’outils aux femmes pour mieux faire d’où l’organisation de ce Forum National. Docteur Charles Yahovi Djrékpo Directeur-Résident du NDI pour la Côte d’Ivoire en fait un plaidoyer aux élans historiques. « En Côte d’Ivoire lorsque les hommes étaient mis en prison par le pouvoir colonial se sont les femmes qui ont marché sur la prison pour infléchir cette tendance. Les femmes ne demandent qu’une seule chose c’est que les décideurs à tous les niveaux les impliquent d’avantage dans les processus de décision ». Docteur Charles Yahovi Djrékpo soutient qu’une telle implication des femmes dans les mécanismes de décision est une bonne chose pour la Côte d’Ivoire, la sous-région et l’Afrique qui bien trop souvent paye un lourd tribut à la guerre.

Des recommandations du Forum National

Selon Caroline Hubbard chargé de programme sénior pour l’implication des femmes en politique (NDI Washington DC), il serait prétentieux pour le NDI de pouvoir décortiquer en deux jours la problématique de l’implication des femmes dans le processus de paix et de réconciliation. Néanmoins, ce Forum est voulu comme une plate forme de rencontre et d’apprentissage pour rapprocher les femmes et les amener à travailler ensemble. Cette stratégie du NDI s’avère payante au regard des recommandations faites par les femmes à la CDVR, à l’Assemblée Nationale, au Gouvernement, aux chefs traditionnels et religieux. Le Forum recommande entre autre qu’une loi sur la parité au niveau des postes de décision soit prise, que les femmes leaders d’opinion et des OSC soient formées, organisées et qu’elles reçoivent les moyens nécessaire dans l’exécution de leurs activités pour la paix et la réconciliation. Il s’agit également d’encourager l’implication des médias publics dans le processus de réconciliation nationale soutenu par un engagement politique véritable et de mettre sur pied des mécanismes pour écouter les victimes et leur rendre justice en procédant à la réparation des dommages subis. Pour le Président Charles Konan Banny de la Commission Dialogue Vérité et Réconciliation, l’engagement des femmes dans le processus de réconciliation n’est plus à plaider. Il s’agit désormais de mieux les impliquer dans tous les mécanismes de prise de décision par la promotion du genre dans les instances de prise de décision. Femmes comme égales partenaires dans le processus de paix et de réconciliation, une campagne du NDI qui s’appui sur toutes les femmes sans exclusion pour la cause de la réconciliation.

SUY Kahofi