Femme et postes électifs en Côte d’Ivoire

Jacqueline Lohoues Oble, seule femme candidate aux dernières présidentielles Ivoiriennes

Les femmes Ivoiriennes selon les derniers chiffres liés au recensement de la population en Côte d’Ivoire représentent près de 55% de la population. Considérées comme de véritables acteurs de la vie socio-économique, elles peinent pourtant à émerger au plan politique. Bien qu’étant actives dans les partis politiques, rares sont celles qui passent l’étape de simple organisatrice de buffet lors des campagnes, d’animatrice de stand ou de distributrice de tracts et tee-shirt. Jetons un regard sur les statistiques d’avant la crise post-électorale pour avoir un aperçu de cette faible représentativité féminine. Les femmes représentent 8,5% du parlement Ivoirien, à l’exception de Madame Tia Monnet de Biankouma tous les Conseils Généraux étaient dirigés par les hommes ! Qu’est ce qui peut bien expliquer cette faible représentativité des femmes sur l’échiquier politique et pourquoi les femmes s’engagent aussi peu en politique pour se positionner à des postes électifs ? Les Ivoiriennes expliquent cette situation par les pesanteurs culturelles et les coutumes. « Quand un homme met au monde deux enfants il a tendance à scolariser le petit garçon et a oublié la petite fille. Elle reste à la maison pour aider sa maman. Du coup elle est formatée pour devenir une ménagère et elle grandit avec cet esprit. Elle s’émancipe difficilement et cela est vérifié dans nos société du nord où la femme est pratiquement un être de seconde zone » nous explique Aïssatou KONE enseignante. Pour YAO Sandrine les femmes ont un peu trop peur des hommes. « Nous avons-nous-mêmes peur de nous émancipé. Quand dans un parti politique on demande à une femme d’être candidate elle attend que son mari décide à sa place, elle refuse parce qu’elle a peur des hommes et elle se sent inférieure » soutien la jeune étudiante. Dambélé Assana va plus loin en soulignant « qu’en Afrique les femmes n’ont pas droit à la parole en public et cela crée comme un blocage. La femme reste en retrait de l’assemblée pour faire la cuisine et pouponner les enfants ».

La peur d’affronter les hommes, les problèmes culturels, les coutumes, les problèmes de discrimination basée sur le genre expliquent bien cette sous-représentativité des femmes aux postes électifs. Comme toutes ces intervenantes, Charles Yahovi Djékpo, Directeur résident du National Democratic Institute (NDI) pointe aussi du doigt les facteurs culturels dans nos sociétés africaines. « Nous sommes dans une ambiance culturelle caractérisée par une domination masculine très forte. On est un peu dans la situation que Molière dénonçait dans Les femmes savantes. ‘’La femme comme la poule doit s’abstenir de chanter devant le coq’’ ! Nous sommes dans un contexte culturel où la femme a sa place à la maison et non dans les assemblées ou les grandes rencontres politiques. Elle reste donc le gardien de la maison et rien d’autre ! Pourtant les femmes dans nos sociétés africaines sont celles qui portent les foyers à travers leurs activités génératrices de revenus ». Les femmes si présentes dans la sphère socio-économique sont donc victimes d’une certaine manière d’une injustice politique qui ne dit son nom. Pourtant les femmes sont convaincues que si elles prennent le pouvoir d’importantes mutations peuvent s’opérer dans la vie de la Nation Ivoirienne. « Une femme lorsqu’elle décide de faire quelque chose elle le fait et elle le fait bien ! Elle ne donne pas dans les demi-mesures et les fausses promesses car sa dignité de femme est en jeu » estime Aïssatou KONE. « Les hommes ont montré leurs limites il est temps de laisser les femmes s’exprimer aussi et de mettre leur savoir-faire au service du peuple. Regardez vous-mêmes, les femmes qui ont pu accéder à des postes de responsabilité élevés ont donné la preuve qu’elles sont dignes de confiance. Alors pourquoi penser que la femme doit se tenir à l’écart du débat politique ? » s’interroge Dambélé Assana. Pour que les femmes soient plus présentes en politique pour briguer les postes électifs Charles Yahovi Djékpo, Directeur résident du National Democratic Institute propose comme première pistes de solution un engagement sincère des femmes. « Les femmes n’ont rien à envier aux hommes pour ce qui est du talent en politique. Il suffit qu’elles aient un peu confiance en elles. Il faut aussi et surtout que le gouvernement Ivoirien traduise de façon concrète les conventions sur la parité qu’il a signées au plan International et sous-régional. C’est seulement en définissant un cadre juridique nouveau que les femmes pourront se sentir à l’aise en politique ».

SUY Kahofi

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À propos de Rédacteurs nousfemmes

Nousfemmes est un blog crée par SUY Kahofi, correspondant de presse et blogueur ivoirien. L'équipe de rédaction s'étoffe avec l'arrivée du journaliste d'Anderson Diédri, journaliste d'investigation.

Publié le mars 23, 2012, dans FEMME ET SOCIETE, et tagué , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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