A la découverte des ‘’femmes maçons’’ d’Iratéké à Grand-Béréby

‘’Femmes maçons’’ rénovant une maison

On les appelle affectueusement les ‘’femmes maçons’’ dans plusieurs localités de la Côte d’Ivoire. Leur rôle consiste à bâtir des maisons pas comme celles que nous voyons dans les grandes agglomérations mais des plus petites. Ces maisons sont essentiellement conçues à partir de la boue issue du mélange entre l’argile et des feuilles mortes dans certaines zones rurales. Pour tous les lecteurs qui ont déjà parcourus les savanes africaines, l’image de ces cases ou maisons traditionnels vous reviennent. Pour les autres la photo illustrant ce post vous permettra de découvrir l’architecture dont il est question. Pour nos ‘’femmes maçons’’ qui construisent ces maisons point besoin de truelles, de plomb, de règle, de ciment ou de béton armé. Un seau d’argile et de l’eau, et les voilà lancées ! Leurs mains pleines de boues vont et viennent sur les murs craquelés et lézardés au seau plein d’une boue argileuse, délicatement préparée. En infatigables ménagères villageoises, elles mettent du cœur à l’ouvrage pour redonner vie et charme aux maisons du village.

C’est à Iratéké, un petit village à forte dominance Koulango, à environ 40 km de Grand-Béréby que nous sommes allés pour croiser ces femmes. Comme la plupart des villages et hameaux du sud-ouest du pays, Iratéké est un village créé par des planteurs de cacao venus s’installés dans la zone forestière pour faire fortune. Depuis ce matin, Martine et sa sœur ont entrepris de réhabiliter la vielle cuisine de la maison. Celle-ci est depuis quelque temps dans un piteux état. Les murs sont devenus poreux et instables. Les termites ont sérieusement entamé les piliers qui soutiennent le petit bâtiment : ces derniers ont été dégarnis de la boue protectrice et de leur couverture de terre par la pluie. « On doit remplir les endroits où la terre est partie, sinon la cuisine peut tomber après une forte pluie. On essaie de faire de notre mieux », explique Martine, le front couvert de sueur. A première vue, cette activité semble facile à réaliser, cependant il faut dire que cela fait maintenant 2 jours que ces bonnes femmes sont à l’ouvrage. L’intérieur du bâtiment a été entièrement recouvert la veille. Aujourd’hui, elles comptent terminer la face extérieure. « C’est pas facile de rester courbé ou arrêté tout le temps. Les bras fatiguent rapidement pendant qu’on travaille. En plus, le mélange d’argile et d’eau rend la paume fragile. Quand nous lavons nos mains, nous avons des traces rugueuses dans la paume et sur les doigt», nous apprend notre maçon du jour. Malgré la hardiesse de la tâche, le challenge d’une cuisine rénovée et plus sécurisante est un défi qu’elles entendent relever à tout prix !

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À propos de Rédacteurs nousfemmes

Nousfemmes est un blog crée par SUY Kahofi, correspondant de presse et blogueur ivoirien. L'équipe de rédaction s'étoffe avec l'arrivée du journaliste d'Anderson Diédri, journaliste d'investigation.

Publié le mars 2, 2012, dans ACTIVITES DE FEMME, et tagué , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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