Archives Mensuelles: mars 2012

Lutte contre les fistules obstétricales 17 médecins renforcent leurs capacités à Man

En vue du CHR de Man

L’Etat de Côte d’Ivoire veut combattre avec efficacité les fistules vésicaux-vaginales. Pour y parvenir, le ministère de  la Santé et de la lutte contre le Sida a initié des caravanes  de lutte contre cette maladie invalidante. Celle de Man a lieu du 13 au 23 février 2012. Durant cette caravane, des médecins issus de plusieurs villes du pays pourront renforcer leurs capacités dans la prise en charge de cette maladie. « Nous venons encadrer une équipe de jeunes chirurgiens tous sortis de la faculté de médecine d’Abidjan. Au nombre de 17, Ils se forment sur place en sous spécialités au traitement des fistules vésicaux-vaginales»,  a indiqué le professeur Gnanazan Bi N’Guessan Gabriel, chef de service neurologie du Centre hospitalier universitaire de Treichville à Abidjan. Cette caravane est aussi une aubaine pour les patientes atteintes de fistules obstétricales  d’être prises en charge pendant cette période. « Nous ferrons l’effort pour prendre en charge le maximum de patiente», a assuré le professeur. Selon lui, le traitement est gratuit.

Cette prise en charge s’inscrit dans le cadre d’un projet initié par l’état de Côte d’Ivoire avec un financement du Fond des nations unis pour la population (UNFPA). « En plus des centres pilotes de prise en charge de ces malades notamment à Man, à Korhogo, à Bouaké,  l’Etat de Côte d’Ivoire envisage ouvrir plusieurs autres centres à Bondoukou, à Séguéla, San-Pedro et Bouna », précise le docteur Kouamé Bilé, coordonnateur national du projet fistule. Le professeur Doumbia Yacouba,  professeur agrégé de Gynécologie et d’obstétrique du Chu de Bouaké a quant à lui insisté sur la prévention de cette maladie. « Il faudrait  que les femmes se rendent dans les centres de santé pour leurs accouchements tout en respectant les consultations prénatales. Que les parents évitent de mariage précoce des les filles », a-t-il conseillé. La fistule obstétricale est un traumatisme  ravageur qui a pour conséquence la perte d’urine ou de la matière fécale de façon incontrôlée. Cette maladie survient à l’issue d’un accouchement difficile. A Man, le centre de prise en charge a ouvert en juin 2007 grâce à un partenariat entre le ministère en charge de la santé et l’Unfpa. Nombreuses sont les femmes qui y ont été opérées et guéries  de cette maladie dite “maladie de la honte“.

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Attribution de la bourse d’étude Hubert H. Humphrey à Mademoiselle Madeleine SIALOU

Le Chargé d'Affaires par interim, M. Donald Weinberg posant avec Mlle. Madeleine Sialou

L’Ambassade des Etats-Unis a le plaisir d’annoncer la participation de Mademoiselle Madeleine Sialou au programme Hubert H. Humphrey 2012-2013. Mademoiselle Sialou étudiera la bibliothéconomie à l’Université de Syracuse dans l’Etat de New York. Mademoiselle Sialou est diplômée d’Archivistiques de l’Ecole de Formation à l’Action Culturelle (EFAC) de l’Institut National Supérieur des Arts et de l’Action Culturelle (INSAAC). Elle est présentement la Directrice du Département des Musées de l’EFAC et Sous-directrice de la Formation continue en Art et Culture au Ministère de la Culture et de la Francophonie.

Crée en 1978, le Programme Hubert H. Humphrey permet aux participants d’enrichir leur expérience professionnelle grâce à un voyage d’études de dix mois aux Etats-Unis. Il s’adresse essentiellement aux jeunes professionnels ivoiriens issus de divers secteurs d’activités. Le programme Humphrey fait partie intégrante du programme Fulbright, programme phare d’échange international du Gouvernement des Etats-Unis, conçu pour promouvoir la compréhension mutuelle entre le peuple des Etats-Unis et ceux des autres pays. La bourse Fulbright offre aux participants — choisis pour leur mérite académique et leur potentiel de leadership — l’opportunité d’étudier, d’enseigner ou d’effectuer des recherches, d’échanger des idées et de contribuer à trouver des solutions aux préoccupations internationales communes.

Fondée en 1870, l’Université de Syracuse enregistre quelques 20.000 étudiants provenant des 50 états des Etats-Unis et de plus de 120 pays à travers le monde. Quelques 700.000 personnes vivent dans la ville de Syracuse dans le centre de l’Etat de New York.

Femme et postes électifs en Côte d’Ivoire

Jacqueline Lohoues Oble, seule femme candidate aux dernières présidentielles Ivoiriennes

Les femmes Ivoiriennes selon les derniers chiffres liés au recensement de la population en Côte d’Ivoire représentent près de 55% de la population. Considérées comme de véritables acteurs de la vie socio-économique, elles peinent pourtant à émerger au plan politique. Bien qu’étant actives dans les partis politiques, rares sont celles qui passent l’étape de simple organisatrice de buffet lors des campagnes, d’animatrice de stand ou de distributrice de tracts et tee-shirt. Jetons un regard sur les statistiques d’avant la crise post-électorale pour avoir un aperçu de cette faible représentativité féminine. Les femmes représentent 8,5% du parlement Ivoirien, à l’exception de Madame Tia Monnet de Biankouma tous les Conseils Généraux étaient dirigés par les hommes ! Qu’est ce qui peut bien expliquer cette faible représentativité des femmes sur l’échiquier politique et pourquoi les femmes s’engagent aussi peu en politique pour se positionner à des postes électifs ? Les Ivoiriennes expliquent cette situation par les pesanteurs culturelles et les coutumes. « Quand un homme met au monde deux enfants il a tendance à scolariser le petit garçon et a oublié la petite fille. Elle reste à la maison pour aider sa maman. Du coup elle est formatée pour devenir une ménagère et elle grandit avec cet esprit. Elle s’émancipe difficilement et cela est vérifié dans nos société du nord où la femme est pratiquement un être de seconde zone » nous explique Aïssatou KONE enseignante. Pour YAO Sandrine les femmes ont un peu trop peur des hommes. « Nous avons-nous-mêmes peur de nous émancipé. Quand dans un parti politique on demande à une femme d’être candidate elle attend que son mari décide à sa place, elle refuse parce qu’elle a peur des hommes et elle se sent inférieure » soutien la jeune étudiante. Dambélé Assana va plus loin en soulignant « qu’en Afrique les femmes n’ont pas droit à la parole en public et cela crée comme un blocage. La femme reste en retrait de l’assemblée pour faire la cuisine et pouponner les enfants ».

La peur d’affronter les hommes, les problèmes culturels, les coutumes, les problèmes de discrimination basée sur le genre expliquent bien cette sous-représentativité des femmes aux postes électifs. Comme toutes ces intervenantes, Charles Yahovi Djékpo, Directeur résident du National Democratic Institute (NDI) pointe aussi du doigt les facteurs culturels dans nos sociétés africaines. « Nous sommes dans une ambiance culturelle caractérisée par une domination masculine très forte. On est un peu dans la situation que Molière dénonçait dans Les femmes savantes. ‘’La femme comme la poule doit s’abstenir de chanter devant le coq’’ ! Nous sommes dans un contexte culturel où la femme a sa place à la maison et non dans les assemblées ou les grandes rencontres politiques. Elle reste donc le gardien de la maison et rien d’autre ! Pourtant les femmes dans nos sociétés africaines sont celles qui portent les foyers à travers leurs activités génératrices de revenus ». Les femmes si présentes dans la sphère socio-économique sont donc victimes d’une certaine manière d’une injustice politique qui ne dit son nom. Pourtant les femmes sont convaincues que si elles prennent le pouvoir d’importantes mutations peuvent s’opérer dans la vie de la Nation Ivoirienne. « Une femme lorsqu’elle décide de faire quelque chose elle le fait et elle le fait bien ! Elle ne donne pas dans les demi-mesures et les fausses promesses car sa dignité de femme est en jeu » estime Aïssatou KONE. « Les hommes ont montré leurs limites il est temps de laisser les femmes s’exprimer aussi et de mettre leur savoir-faire au service du peuple. Regardez vous-mêmes, les femmes qui ont pu accéder à des postes de responsabilité élevés ont donné la preuve qu’elles sont dignes de confiance. Alors pourquoi penser que la femme doit se tenir à l’écart du débat politique ? » s’interroge Dambélé Assana. Pour que les femmes soient plus présentes en politique pour briguer les postes électifs Charles Yahovi Djékpo, Directeur résident du National Democratic Institute propose comme première pistes de solution un engagement sincère des femmes. « Les femmes n’ont rien à envier aux hommes pour ce qui est du talent en politique. Il suffit qu’elles aient un peu confiance en elles. Il faut aussi et surtout que le gouvernement Ivoirien traduise de façon concrète les conventions sur la parité qu’il a signées au plan International et sous-régional. C’est seulement en définissant un cadre juridique nouveau que les femmes pourront se sentir à l’aise en politique ».

SUY Kahofi

Que fait ta mère ?

Conférences allaitement en ligne. Enfants autour du monde nous parlent de leurs mères merveilleuses ! En l’honneur de toutes les femmes qui soutiennent les mères qui allaitent à travers le monde.

La Fondation Ahikpolé lance le concept « Lundi Rouge », pour dénoncer les violences faites aux femmes et aux enfants

Des milliers de femmes ont marché pour dire non aux violences faites aux femmes et aux enfants

Des milliers de femmes et d’enfants vêtus de rouge, ont marché ce samedi à Bassam pour condamner les violences subies par le couple « femme – enfant », en Côte d’Ivoire et dans le monde. Une initiative de la Fondation Ahikpolé qui a lancé ce même jour, le concept « Lundi Rouge ». «… Nous les enfants, nous ne voulons pas être battus, violés, torturés, et enrôlés de force. S’il vous plait. Chers parents. Tous les lundis, n’oubliez pas de mettre sur notre tenue un petit tissu rouge. Pour que nous marquions notre solidarité à nos mamans et à nos amis victimes des violences », s’est exprimée Djereké pascaline, 7 ans. Cette cérémonie a eu lieu dans l’enceinte de la salle du Centre Culturel Devant un auditoire, composé d’autorités administratives, d’ONG, et de membres de la Société Civile.

Un acte symbolique

Elles étaient des milliers de femmes et d’enfants vêtus de rouge, à se réunir sur la place de la Paix, à Bassam. Objectif, poser un acte symbolique pour dénoncer les violences faites aux femmes et aux enfants. Une vaste campagne de sensibilisation sur la responsabilité de chacun dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants. La ville de Bassam était rouge pourrait on dire. Les femmes et les enfants soutenues par des ONG de défense des droits de l’enfant et de la femme, ont voulu « en finir » avec les violences perpétrées à leur endroit. Elles ont marché tout le long de la rue de la Victoire, traversées le pont de la Victoire, pour aller ensuite remettre un document aux Autorités administratives de la ville. Un acte hautement symbolique. Dame Salimata Porquet, participante à cette marche explique la symbolique de ce geste : « en 1949, les femmes marchèrent pour exiger la libération de leurs époux. Elles avaient été brimées, violentées… Nous marchons aujourd’hui pour dire Non aux violences subies par les femmes… Non aux violences subies par les enfants et enfin… Non à la violence sur toutes ses formes… ». Les femmes ont remis un document aux autorités administratives de Grand Bassam pour qu’ils le remettent ensuite à « qui de droit ». Un document qui veut que les autorités de Bassam ainsi que celles de toutes la Côte d’Ivoire s’engagent à bannir ce fléau.

Ahikpolé International lance le concept « Lundi Rouge »

La Fondation Ahikpolé International, initiatrice de cette marche lance l’opération « Lundi Rouge ». Cette opération est une invite à chacun, pour affirmer son engagement à lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Par le port systématique et symbolique, tous les lundis, d’un vêtement ou d’un objet de couleur rouge, l’on prouve son adhésion à lutter contre les violences subies par les femmes et les enfants dans le monde. Pour Ahikpolé International ce geste est une sorte d’éveil de conscience qui vise à graver dans l’esprit de chacun, l’existence de ce fléau et surtout sa contribution pour l’éradiquer. Le choix du rouge pour dire Stop. Autrement dit, quand il y a le rouge, il y a un danger. Aussi faudra t- il s’arrêter. Le rouge aussi pour symboliser la vie de ces nombreuses femmes et enfants qui ont succombé aux violences. À l’instar d’Amina Filali, une adolescente marocaine de 16 ans qui s’est suicidée, par ce qu’elle a été contrainte d’épouser son violeur.
Ahikpolé de Chantale, présidente de la Fondation a lancé un appel au parrain de cette cérémonie, Aka Sayé Lazare, Directeur Géneral de la Radiodiffusion ivoirienne (RTI), pour qu’il l’aide à faire la promotion de cette opération. Un appel bien reçu par le DG qui a invité « toutes les bonnes volontés à s’approprier ce concept, à l’instar du ruban rouge pour le sida ».

7 conseils pour bien allaiter

Du lait maternel pour des bébés sains!

Tous les spécialistes de l’enfant sont unanimes : l’allaitement est la meilleure alimentation pour bébé. C’est une option naturelle et économique. Si l’allaitement se passe bien, le lait maternelle est la meilleure option pour que votre bébé fasse ses premiers pas dans la vie mais encore faut-il savoir donner le sein ! Pour un allaitement parfait et pour donner un bon départ à votre bébé voici sept (7) conseils à suivre bien sûr après avoir bien essuyez vos auréoles conformément aux consignes de la sage-femme.

1 – Ne paniquer pas si le lait tarde à monter. Les débuts de l’allaitement sont généralement difficiles et le moral de la mère influe sur la sécrétion du lait. Il y a aussi la fatigue. Pour stimuler la lactation, rien de plus ingénieux que de faire téter votre bébé des deux côtés.

2 – Il n’y a pas d’heure précise pour la tétée de bébé dans les premières semaines de sa vie : dès que le bébé en manifeste l’envie, il faut le faire téter. Petit à petit, il boira toutes les 3 à 4 heures. Mais nourrir son enfant à la demande ne signifie pas qu’il a droit au sein toutes les 5 minutes ! Dans la mesure du possible, on maintient au minimum deux heures d’intervalle afin de facilité la digestion. Mais si bébé a faim, son estomac n’y peut rien : il faut le satisfaire ! Et n’oubliez pas de vous organiser pour les tétées de nuit.

3 – Bébé mange tout ce que maman mange, il faut donc varier votre alimentation. Eviter l’alcool, les cigarettes, les régimes amincissants, les tranquillisants, les somnifères, les hormones et les laxatifs. Mais si vous devez prendre des médicaments pendant quelques jours, faites appel au tire-lait et au frigo. Evitez le café et le thé. Il est plutôt conseillé de boire au moins deux litres d’eau par jour éviter la déshydratation.

4 – Il n’est pas rare d’avoir les seins engorgés. Il suffit de vous mettre sous une douche bien chaude et de vous masser les seins pour régler le problème. En cas de force majeure, vous pouvez tirer votre lait et le conserver soigneusement pour votre bébé. Le lait maternel se conserve bien au congélateur pendant 24 heures et au congélateur pendant 1 mois à 18°.

5 – On peut se faire mal en allaitant si on adopte une mauvaise posture. Les crevasses et les gerçures ne sont pas causées pas bébé mais par votre mauvais positionnement. Vous pouvez par mesurez de précaution, prendre un peu de lait (antiseptique) ou du beurre de karité après la tétée et le mettre sur votre auréole.

6 – Le sevrage forcé du bébé est très rare mais si le médecin vous l’impose faut êtes obligé de l’appliquer. Néanmoins dans l’immense majorité, on choisira de sevrer bébé dans la douceur en diminuant progressivement les tétées. On peut utiliser des coussinets d’allaitement (de préférence lavables), si vos seins continuent de produire du lait que bébé ne boira plus. Pas de sevrage quand bébé est malade ou a une percée de dent.

7 – On reprend le boulot mais on ne peut sevrer ? On a droit à une autre tranche horaire d’une heure par jour pour allaiter ou tirer notre lait pendant les heures de travail.

Détail à ne pas oublier, l’absence d’ovulation pendant l’allaitement ne signifie pas, qu’on ne peut pas avoir un autre bébé. Faites donc très attention à moins de vouloir un autre enfant tout de suite !

  • Merci aux mères interrogées pour leurs précieux conseils !

SUY Kahofi 

Journée internationale de la femme a Prikro : les femmes s’engagent à lutter pour leur épanouissement

L’autonomisation des femmes passe par des AGR

Les femmes de Prikro, localité située à 320 km au nord-est d’Abidjan, se sont engagées à lutter pour mieux se prendre en charge. C’était à l’occasion de la commémoration de la Journée Internationale de la Femme, qui s’est déroulée le 13 mars 2012, en présence de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI). Dans sa lecture du message du Secrétaire général des Nations Unies, la cheffe de la délégation de l’ONUCI, Néné Ba a dépeint un tableau sombre des difficultés rencontrées par les femmes dans le monde, avant de demander aux gouvernants, à la société civile et au secteur privé, d’œuvrer pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes. La responsable de l’Association des femmes de Prikro Georgette Oulaï Minnouan a, pour sa part, salué l’engagement de tous et particulièrement des Nations Unies, dans le plaidoyer pour le bien-être et l’épanouissement des femmes.

Parlant de la situation des femmes de Prikro, elle a estimé que des efforts devraient être faits pour leur promotion. « Malgré l’inexistence de systèmes de formations fiables et performantes dans les zones rurales, nous demeurons des actrices incontournables de l’économie familiale, rurale et nationale et  il apparait clairement que la mise sur pied d’un programme de formation des femmes et des jeunes filles peut survenir de la volonté des collectivités locales et des fils et filles de la région », a-t-elle noté. A sa suite, le préfet du département de Prikro, Samuel Séry Gbaza, s’inspirant de l’historique de la journée, a appelé les cadres à s’inscrire dans le sens du message de l’ONUCI, non sans conseiller aux femmes  de se mettre au travail. « Cette journée doit être une occasion de jeter un regard en arrière pour voir les pas franchis dans les domaines du respect du genre, de l’égalité devant les lois et les droits et l’occasion pour les femmes de penser à ce qui a été fait et sur ce qui peut être fait pour faire valoir leurs besoins et leurs préoccupations sur la scène nationale et internationale », a-t-elle lancé en direction des femmes. Il faut noter que l’Association des femmes de Prikro est composée de femmes danseuses traditionnelles, ouvrières, commerçantes, ménagères et des épouses des fonctionnaires de la localité.

Letagonin 2012 / Huit femmes battantes distinguées pour leur bravoure

Patricia Kalou, promotrice de Letagonin

Revêtue pour la circonstance de couleur rose, la Caisse de stabilisation (Caistab) du Plateau a servi de cadre le samedi 10 mars 2012 au dîner gala marquant la clôture du 3ème Salon international de la femme battante dénommée Letagonin. Par leur charisme, huit (8) femmes ont été distinguées ‘’letagonin’’ c’est-à-dire femmes battantes en langue Gouro. Elles sont issues de différentes sphères d’activités et œuvrent fortement au développement du pays. Ce sont Yasmina Ouégnin Guessend, Ginette Ross la présidente du club de football Issia Wazi, Véronique Aka Bra Kanon, Rosalie Boti (présidente de la coopérative du vivrier du marché Cocovico), Marie Paule Kodjo – directrice de l’Ong Playdoo, Salimata Porquet, Dao Mariam Gabala et Tantie Oussou. Patricia Kalou, directrice de l’agence Première Ligne et commissaire générale dudit salon (qui s’est tenu les 7, 8, 9 et 10 mars) a précisé qu’il s’agit de «femmes battantes» qui ont fait preuve de courage et de bravoure. Elle a surtout adressé sa reconnaissance à la Première Dame de Côte d’Ivoire, Dominique Ouattara pour son soutien et sa volonté de porter haut l’image de la femme. Le ministre de la Famille, de la Femme et de l’Enfant du gouvernement sortant, Raymonde Coffie Goudou, a indiqué qu’il fallait faire un bilan de la présence des femmes dans tous les secteurs d’activités. Selon elle, la femme doit faire preuve d’un peu plus de dynamisme pour faire valoir ses compétences mais surtout se faire valoir. Elle a donc encouragé Patricia Kalou pour son initiative qui vise à promouvoir la «femme battante». Les invités de Patricia Kalou ont été gratifiés par un défilé de mode proposé par la styliste Wafa Sarkis. Le moment le plus attendu était la prestation de la diva camerounaise Grace Decca qui a fait monter la température de la salle par sa voix et ses déhanchements. Le bal a ainsi été ouvert dans une ambiance de salsa. Etaient également présents plusieurs artistes dont David Tayorault et Mulukuku Dj.

Le représentant spécial adjoint de l’ONU en Côte d’Ivoire plaide pour l’autonomisation de la femme rurale

Ndolamb Ngokwey le représentant spécial adjoint de l’ONU en Côte d’Ivoire

Malgré le rôle qu’elle joue dans la survie des nations, la femme  rurale  reste  marginalisée et un partenariat fort entre les secteurs publics et privés et la société civile pour son autonomisation doit être encouragé, selon le Représentant Spécial adjoint du Secrétaire Général des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire, Ndolamb Ngokwey. « Cela donnera aux femmes les moyens pouvant leur permettre de s’épanouir et de contribuer plus librement et plus efficacement au développement socio-économique », a dit vendredi, 9 mars 2012, M. Ngokwey, lors de la commémoration de la Journée internationale de la Femme. Cette année, la cérémonie principale commémorant la Journée en Côte d’Ivoire a eu lieu le 9 mars à Dabou, ville située à une quarantaine de kilomètres à l’ouest d’Abidjan. Elle a réuni des représentants des Nations Unies, de l’Etat ivoirien, et de la société civile ivoirienne, notamment les associations féminines. La Journée avait également été célébrée, la veille, dans d’autres villes du pays. Dans chaque localité, la cérémonie a comporté des activités culturelles en plus de la lecture du message spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la journée.

A Yamoussoukro, la Journée a été marquée par une marche des femmes, et une conférence sur le thème choisi pour 2012 – Autonomisation de la femme rurale et éradication de la faim et de la pauvreté – animée par l’ONG International Rescue Committee (IRC). A Man et à Korhogo, des tables rondes ont également été organisées sur le même thème. Parmi les questions traitées lors de ces échanges figurent les mutilations génitales féminines et la lutte contre la pauvreté. Les  représentantes d’organisations féminines ont prôné la multiplication des campagnes de sensibilisation sur les mutilations génitales et l’application effective des lois interdisant et réprimant ces pratiques. Par ailleurs, elles se sont engagées à soutenir, avec l’appui des partenaires nationaux et internationaux, toute initiative visant à lutter contre la faim et la pauvreté. La Journée internationale de la Femme est célébrée tous les 8 mars depuis son officialisation le 8 mars 1977 par les Nations Unies, qui, à cette occasion, avait invité chaque pays du monde à célébrer une journée pour les droits des femmes.

Il n’y a pas de honte à apprendre et les femmes le savent

Les femmes sont les plus nombreuses dans les centres d’alphabétisation

Les femmes sont les plus nombreuses dans les centres d’alphabétisation

Il m’a été donné de constater que la plupart des auditeurs des centres d’alphabétisation de la capitale Ivoirienne étaient des femmes. La moyennes d’âge de ces apprenantes était pratiquement de 25 à 30 ans avec par endroit des femmes qui avaient déjà passé la quarantaine ! C’est avec une certaine passion et du respect que je les admirais répéter avec joie des syllabes les unes après les autres comme au cours élémentaire première année. Leur courage m’a permis de me poser une question : contrairement aux hommes pourquoi ont-elles décidé de revenir sur les bancs pour apprendre ? Quel sentiment peut bien pousser une femme malgré son âge avancé à accepter de renouer avec la lecture et l’écriture comme une gamine ? J’ai compris à la fin de mon périple que les femmes ont résolument donné un sens à l’expression il n’y a pas d’âge pour apprendre !

Sortir de l’obscurité à tout prix !

L’ambiance est plutôt bonne enfant dans ce centre d’alphabétisation de la coordination de Yopougon I (Abidjan). Dans cette salle de classe d’un autre style la plus jeune apprenante à 17 ans et la plus âgées en a 67 ! C’est vers cette dernière que nous nous tournons en premier : elle est commerçante et mère de huit enfants. Malgré ses charges professionnelles et ménagères elle trouve le temps chaque soir de venir apprendre à lire et écrire. « J’étais très dépendant des autres pour tout ce qui nécessitait la lecture ou l’écriture. Pour remplir un document administratif il fallait que je paye quelqu’un : 100 ou 200 f CFA. C’était difficile parce que vous n’avez plus aucun secret. Aujourd’hui je sais lire, écrire mon nom, remplir certains documents administratifs…Je ne le fais pas encore comme ceux qui ont eu la chance d’aller très jeune à l’école mais je me débrouille assez bien » nous dit Kouassi Claudine tout sourire. La mère de famille pour joindre l’acte à la parole se propose de nous faire une lecture. La voix de la femme âgée se métamorphose comme celle d’une petite en classe de CP. Le rythme de la lecture est lent et Kouassi Claudine suis du doigt chaque mot de son livre qu’elle prononce. Comme elle Patricia qui est aussi une commerçante a décidé de venir apprendre à lire et à parle correctement le français à la suite de nombreuses bourdes lexicales qui lui ont valu des moqueries inoubliable. « J’étais souvent ridicule quand je parlais avec des amies : je faisais trop de fautes. Un jour lors d’une discussion très sérieuse je me suis amusez à dire ‘’mettre de l’eau dans son verre’’ au lien de ‘’mettre de l’eau dans son vin’’ ! Chaque fois que quelqu’un prononçait cet expression je n’attendais que ‘’mettre de l’eau dans son verre’’.  Une camarade qui avait fait l’école s’est terriblement moquée de moi. La nuit dans le secret de ma chambre je me suis jurée que plus personne ne se moquerait de moi à cause de mon niveau de langue ». Patricia retrouve le centre d’alphabétisation avec la rage d’apprendre et cette ambition de combler son retard l’encourage à apprendre plus vite. Pour Akissi Pauline l’obscurité dans laquelle elle vivait devenait insupportable. Elle évitait même de parler en public de peur d’être ridicule. « J’avais peur de parler aux gens car chaque fois que faisais une faute autour de moi il n’y avait que des rires ! En Côte d’Ivoire quand vous faites une erreur en parlant votre entourage se moque de vous pendant plusieurs jours. Même quand un homme m’aimait je le fuyais ou je me montrais désagréable envers lui pour ne pas qu’il se rende compte que je suis une analphabète ! Tout ça c’est du passé » nous dit fièrement Pauline avant de conclure « celles qui hier se moquaient de moi sont admiratifs devant mes progrès et je n’ai plus honte ».

Apprendre ça change la vie !

Dans un centre d’alphabétisation les méthodes utilisées pour l’apprentissage à la lecture et à l’écriture sont différentes de celles du cursus classiques. Il s’agit essentiellement de symboles bien adaptés aux réalités Ivoiriennes. Il y a au total neuf (9) symboles propres aux centres d’alphabétisation et c’est Madame Koffi le chef d’antenne de la coordination d’alphabétisation de Yopougon 1 qui nous fait découvrir l’univers de ces symboles. « Nous avons le pilon débout [ǀ], le pilon penché à droite [/], le pilon penché à gauche [\], le pilon couché [_], les citrons [O], la calebasse ouverte à droite [Ɔ], la calebasse ouverte à gauche [C], la calebasse posée [U] et la calebasse renversée [∩] ». Il y a de véritables avantages à savoir lire et écrire. Quelque soit l’âge, les moniteurs des centres d’alphabétisation ne cessent d’inviter les Ivoiriens à apprendre pour sortir de l’obscurité. Ne pas savoir lire et écrire c’est comme si vous étiez dans le monde mais à l’écart de ce monde : tout est symboles et signes étranges sur des façades, des bouts de papier et dans des gros livres qui n’ont pas de sens. Dodo Mélanie est une autre coordinatrice en alphabétisation et c’est elle qui nous montre de quelle manière les apprenantes des centres arrivent à changer radicalement dans leur vie une fois qu’elles savent lire et écrire. « Lorsque les apprenants arrivent au début de la campagne d’alphabétisation* ils ne savent même pas former une seule lettre mais à la fin c’est un miracle ! Ils savent lire et écrire mais au-delà leurs activités génératrices de revenus changent radicalement au plan organisationnel. Les commerçantes savent désormais faire la différence entre le capital et le bénéfice. Ceux qu’on devaient accompagner partout deviennent autonomes et plus respectés ».

« Il n’y pas de honte à apprendre quelque soit son âge » voici le message que les apprenantes du centre d’alphabétisation m’ont laissé et qu’elles laissent à toutes les personnes qui hésitent à retourner sur les bancs d’une salle de classe !

SUY Kahofi

*la campagne d’alphabétisation est l’équivalent de l’année scolaire