A 120 ans, la doyenne de la Côte d’Ivoire garde le regard vif

Yapi Ognonchi Marie Marthe

Officiellement, elle a 120 ans (selon ses papiers de baptême de l’Eglise catholique).  Mais officieusement, 130 ans, selon ses proches rencontrées le vendredi 16 septembre 2011 dans son village de Seguié, situé à environ 20 kilomètres d’Agboville (sud de la Côte d’Ivoire). Elle est mère de neuf enfants dont quatre sont en vie. Le plus âgé des enfants qui vit encore a 70 ans. Une de ses petites-filles a 59 ans. Elle a 70 arrières petits-enfants et 18 « arrières-arrières petits-enfants ». Yapi Ognonchi Marie Marthe, la plus que centenaire de Seguié est à elle seule une curiosité, une passion et une grâce de Dieu. Echanger avec elle, dès que nous avons eu l’information de son existence, à notre arrivée à Seguié, était devenue une sorte de drogue à laquelle nous voulions au plus vite goûter. Et nous n’avons pas eu tort ! Dès le seuil de la vieille demeure qui lui sert de maison, elle nous accueille aux alentours de 17 heures en nous sermonnant avec une autorité affectueuse sur notre retard.

Ce n’est pas du tout, une vieille grabataire que nous rencontrons mais, oh miracle du Seigneur une plus que centenaire qui tient encore sur ses frêles jambes qu’une canne aide à soutenir. Mieux Yapi Ognonchi, a toute ses facultés mentales. Elle nous rencontre l’histoire de son premier mariage qui n’a pas duré du fait des difficultés de santé de son premier amour et de son décès alors qu’elle a tenté le tout pour le tout. Ses déplacements  dans le village voisin de Boguié  puis à Adzopé pour sauver celui qui l’avait choisi en premier, certainement au début de l’année 1900. Elle se remariera à son décès et aura neuf enfants dont quatre hommes et cinq femmes. Le secret de sa longévité ? Elle croit que cela est dû à la grâce que Dieu lui a donné, à la protection de la Vierge Marie et à l’amour qu’elle s’est toujours efforcée de partager autour d’elle. “Dieu a toujours été auprès de moi. C’est lui qui me soutient. Je prie toujours la Vierge Marie. Elle entend mes prières. Je ne supporte pas voir les gens souffrir autour de moi. Déjà jeune fille, je partageais toujours le peu de nourriture que je pouvais avoir. Sur la route du champ, je préférais porter les bagages des grandes personnes plutôt que le mien. Que je revenais d’ailleurs chercher après. Peut-être que c’est pour tout cela que le Seigneur m’a béni’’, raconte-t-elle en riant mais avec beaucoup de sérieux tout de même. Pour elle, seul le respect des aînés et la foi en Dieu peut garantir une longévité semblable à la sienne. C’est aussi le principal conseil qu’elle donne aux jeunes. Même si elle envie ceux qui quittent  le monde maintenant.

« Je pense avoir suffisamment  vécu », lâche-t-elle l’air quelque peu amusé. D’ailleurs, il y a 10 ans, à sa demande, on a simulé l’organisation de ses funérailles dans son village de Seguié  pour célébrer ses 120 ans. En matière culinaire, Yapi Ognonchi Marie Marthe, dit ne pas avoir d’interdit. Elle mange tout ce qui est sain. Et affectionne surtout le foutou de banane mélangé au manioc.

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À propos de Rédacteurs nousfemmes

Nousfemmes est un blog crée par SUY Kahofi, correspondant de presse et blogueur ivoirien. L'équipe de rédaction s'étoffe avec l'arrivée du journaliste d'Anderson Diédri, journaliste d'investigation.

Publié le février 29, 2012, dans PORTRAIT DE FEMME, et tagué , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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