Les femmes Ivoiriennes veulent être plus présentes à l’hémicycle

Les femmes après la lutte veulent aussi décider pour la nation.

Depuis son indépendance et malgré les projets de loi visant à accroître la représentativité des femmes à l’Assemblée Nationale, la Côte d’Ivoire peine à avoir un nombre significatif de femmes député. Loin derrière les avancées en termes de parité homme – femme obtenue par des pays de la sous-région comme le Mali, le pays éprouve d’énormes difficultés à respecter le quota 1/3 de femme pour les sièges disponibles. Plusieurs raisons expliquent cette représentation faible des femmes non seulement à l’Assemblée Nationale mais également dans les sphères de décision des partis politiques. Comme dans la vie de tous les jours, les femmes dans les partis politiques doivent jouer les seconds rôles : elles sont bonnes pour la restauration, la décoration et jouer aux hôtesses lors des meetings. Les rares qui arrivent à se faire une place au sommet de l’échelle dans les partis politiques doivent faire face à un esprit machiste bien connu en Côte d’Ivoire qui consiste à croire que les femmes ne peuvent pas diriger ! Lors des primaires pour le choix des candidats l’option du 50/50 sur les listes n’est pas respecté et au final les partis présente encore et toujours un nombre insignifiant de femme lors des élections.

Pour Mme Yao Euphrasie consultante internationale sur les questions d’équilibre des genres il faut penser à ‘’forcer la main’’ aux partis politiques pour que ceux-ci pensent à l’équilibre des genres dans le choix des candidats. « Lors des législatives au Niger, le Président avait demandé aux partis politiques de proposer des listes avec des femmes pour permettre à l’Assemblée Nationale d’avoir au moins une dizaine de femmes députés. Les partis n’ont pas respecté cette prescription en prétextant que les femmes sont introuvables ! Alors la commission électorale a invalidé la majorité des listes à moins de 48 heures du vote. Voyant la menace planer sur eux les partis politiques on ne sait par quel miracle ont retrouvé les femmes nigériennes qu’ils disaient absentes de la sphères politiques ». A travers cet exemple, Mme Yao Euphrasie pense qu’il faut des mesures plus strictes pour donner la chance à plus de femmes de siéger à l’hémicycle. En attendant que ce vœu ce réalise, la Coalition des Femmes Leaders de Côte d’Ivoire accompagne les femmes Ivoiriennes qui ont pu déposer leurs dossiers pour être député a l’issu du vote du 15 décembre. Des séminaires de renforcement de capacité sont organisés à leur attention et la Coalition veut à travers cette action encourager les femmes pour qu’elles gagnent massivement après le vote. « Nous avons eu 104 femmes candidates pour ces législatives mais nous voulons que ces femmes deviennent des candidates gagnantes ! Nous avons formé ces femmes et nous voulons qu’elles mesurent l’enjeu de l’acte qu’elles ont posé à savoir bravé les préjugés pour se lancer à l’assaut de l’hémicycle. Pour la Côte d’Ivoire nouvelle, nous les femmes voulons des députés qui proposent des textes de loi adaptés aux besoins du peuple, nous voulons des députés qui impactent la vie de leurs concitoyens de façon responsable par leurs décisions et nous pensons que les femmes sont capables d’être ce modèle de députés pour notre pays » souligne Mariam Dao Gabala, présidente de la Coalition des Femmes Leader de Côte d’Ivoire.

A travers ces séminaires de formation et de renforcement des capacités des femmes candidates à la députation, les femmes Ivoiriennes font jouer la solidarité féminine. En effet les femmes de tous les partis politiques et même les candidates indépendantes se réunissent pour recevoir les enseignements d’expert sur comment mener à bien leurs campagnes et proposer un programme utile aux populations. Les femmes candidates veulent ainsi partager leurs petits secrets pour qu’au final il puisse avoir au bas mot 85 femmes députés à l’Assemblée Nationale car selon Mariam Dao Gabala « c’est le minimum pour que les femmes puissent prendre des décisions qui impactent la vie de la Nation ».

SUY Kahofi

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À propos de Rédacteurs nousfemmes

Nousfemmes est un blog crée par SUY Kahofi, correspondant de presse et blogueur ivoirien. L'équipe de rédaction s'étoffe avec l'arrivée du journaliste d'Anderson Diédri, journaliste d'investigation.

Publié le novembre 19, 2011, dans DROIT DE FEMME, FEMME ET SOCIETE, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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