Archives Mensuelles: octobre 2011

Elles portent des grossesses et sont toujours….dans les maquis !

"Les femmes doivent éviter de prendre de l’alcool quand elles attendent un bébé"

Phénomène de mode ou symbole de l’inconscience de certaines futures mamans ? Difficile de répondre à cette question tellement les jeunes filles qui sont enceintes et qui fréquentent les débits de boisson ont les arguments pour vous convaincre. Au cours de nos excursions dans les coins chauds de la capitale Ivoirienne il nous a été donné de constater que de nombreuses jeunes filles continuent de faire la fête dans les maquis, de boire et même de fumer avec un bébé dans le ventre ! « Moi personnellement je viens au maquis mais quand je suis enceinte je ne fume plus et je consomme plus d’alcool » affirme Solange, déjà maman d’un petit garçon. « Ce n’est pas parce que vous êtes enceinte que vous ne devez pas sortir ou vous amuser. Je trouve qu’il n’y a pas de honte à montrer son ventre car attendre un enfant n’est pas un délit je pense » ajoute la jeune dame. Chantal K. va plus loin dans la fréquentation des maquis malgré la grossesse qu’elle porte. « Je suis à ma troisième grossesse et je consomme toujours ma ‘’gigi’’ sans problème à chaque fois et je n’ai jamais eu de problème. Je ne sais pas si mes enfants sont habitués mais ils supportent (rires). Je trouve aussi chic d’être avec son mari au maquis ça lui permet de ne pas avoir envie de regarder ailleurs car la grossesse repousse certains hommes ! ».

Solides arguments pour justifier la présence des femmes enceintes dans les maquis ? Pas si sûr car même des femmes fustigent ce genre d’habitude. Explication avec Comoé Bénédicte. « Le maquis n’est pas un lieu ou il faut aller avec un enfant même quand il est encore dans votre ventre ! Je dirais que c’est dangereux car c’est un mineur (rires). Sérieusement je crois que nos sœurs doivent arrêter de se justifier et trouver des arguments pour boire et fumer quand elles attendent un bébé. Vous passez votre temps dans les maquis et vous vous plaignez que vos enfants deviennent des alcooliques ? » Pour le révérend Boni l’interaction entre la mère et le fœtus joue un rôle très import dans ce que deviendra un enfant demain. « La maman commence son rôle d’éducatrice une fois qu’elle est enceinte. Le milieu qu’elle fréquente, les personnes autour d’elle, les images de son quotidien, les propos qu’elle tient et même son alimentation agissent sur l’enfant. Alors que voulez-vous que votre enfant devienne quand vous restez assis dans un maquis ? » Le révérend Boni va plus loin en soulignant que les maquis, les bars et les autres débits de boisson sont aussi un monde métaphysique où des esprits rôdent ! Ceux-ci peuvent posséder la mère et agir sur l’enfant par la suite. « N’avez-vous jamais entendu des personnes rendre témoignage en disant qu’ils ont reçu un esprit mauvais depuis le ventre de leur mère ? Femmes faites attention car votre corps et votre esprit quand Dieu vous fait grâce de donner la vie ».

Dans une réalité plus scientifique et médicale, alcool, tabac et grossesse ne font pas bon ménage et c’est Docteur Popo Solange qui le démontre. « Le tabac et l’alcool sont pour les pays en voie de développement la première cause de mortalité. De nombreuses maladies telles que les cancers sont liés à la consommation de l’alcool et chez les femmes enceintes le risque est encore plus élevé. Elle peut perdre le bébé, ce dernier peut naître malformé ou malade et même mourir ! » Elle demande aux femmes de s’armer de courage et d’éviter de prendre de l’alcool quand elles attendent un bébé.

Suy Kahofi

Femme et Mode : Les taille-basses, ces pantalons qui scandalisent de plus en plus

Mêmes certaines femmes dénoncent les tailles basses

A chaque époque son style vestimentaire et de nos jours l’évolution de la mode impose même qu’il y ait un style vestimentaire par saison ou par période. Ainsi en Côte d’Ivoire, capitale de la culture africaine, les styles vestimentaires se succèdent en créant à chaque fois un véritable buzz. Après la folle époque des mini-jupes, des bas d’F et des tubes, nous voilà sous le règne des taille-basses ces fameux pantalons qui laissent (exprès ou pas) entrevoir les dessous et même les postérieurs. Cette mode qui vise à tout montrer, on ne sait pour quelle raison choque de plus en plus bon nombre d’Ivoiriens. De passage dans un bus aux abords du GSPM à Adjamé, nous sommes dépassés au carrefour par un scooter dont le passager à l’arrière (une femme) offrait un spectacle que beaucoup de personne ont pu commenter. En effet le jean en taille-basse de la jeune dame laissait voir tout l’arsenal de perles et une partie très importante des fesses puisse qu’elle ne portait visiblement pas de dessous.

Une mère de famille à l’avant du bus s’empresse de fermer les yeux de son fils mais la petite voix de ce dernier ne laisse personne indifférent : « maman je n’ai pas regardé la femme là ! ». « Ma sœur promène toi nu c’est mieux ! » lui lance par la vitre une jeune étudiante. Chaque jour à Abidjan les populations sont habituées à voir des jeunes filles et même des garçons qui se pavanent pratiquement nus. En descendant du gbaka ou du taxi, c’est sûr qu’une jeune fille a déjà permis à chacun de vous de voir cette projection érotique gratuite. De plus en plus d’Abidjanais ne supportent plus ce spectacle qui frôle une atteinte à la pudeur. « Comment des êtres qui réfléchissent peuvent s’habiller de la sorte ? » soutient Dame Kouassi avant d’ajouter « On ne peut pas être esclave de la mode à ce point. Le corps de la femme est sacré mais à force de se mettre nu c’est à peine si les hommes ont de la considération pour nous ». « C’est scandaleux je trouve ! Vous les voyez même dans les bureaux, à l’église, à la télévision avec ces vêtements qui n’honorent pas notre génération. Il faut que la police des mœurs se saisisse de ce problème car nous sommes fatigués de voir ‘’la poisse’’ quand nous sortons de chez nous » souligne Niamkey Clément, frigoriste. « Personne n’est contre la mode des jeunes mais si elle dérange on doit la revoir » souligne Touré Aïssata. « Nous sommes le miroir de la société et si aujourd’hui nous sortons nus quelle éducation donnerons-nous à nos enfants ? », s’interroge-t-elle. Les amoureux des taille-basses réagissent et dénoncent ceux qui ont travesti cette mode. « Les taille-basses sont à la mode et ils ne sont pas conçus pour exposer le corps de la femme. Ils se portent avec des dessous qui sont semblables à des maillots. Si quelqu’un en porte sans dessous il a ses raisons : soit se prostituer, soit attiré les regards » soutient Christiane Kakou. « Je ne suis pas contre les taille-basses c’est la mode des enfants, que voulez-vous ! Moi je demande à nos fils et nos filles d’être à la mode et non esclave de cette mode. Quelle est la différence entre nous et les animaux si tout le monde se promène nu ? » souligne Toho Gervais.

Suy Kahofi

Déclaration de la Ministre de la famille de la femme et de l’enfant concernant la journée internationale de la femme rurale

Les femmes rurales jouent un rôle important dans les systèmes de production

Chers compatriotes, Chères sœurs du Monde rural,

La Côte d’Ivoire, à l’instar des autres pays du monde, célèbre tous les 15 Octobre, la Journée Mondiale de la Femme Rurale. Décrétée depuis 1996 par l’organisation des Nations Unies, cette journée est une occasion de mémoire et de reconnaissance des mérites de la femme rurale pour sa contribution diverse et significative au processus de développement économique et à l’équilibre social. Elle est aussi une opportunité pour mieux appréhender les problèmes de la femme rurale et y apporter des réponses idoines.  En tant qu’instrument de développement et créatrice de richesses, la femme rurale contribue énormément au bien-être des familles et au-delà, à la croissance des économies rurales, voire nationales. Selon une étude des Nations Unies, 70% de la production vivrière, 50% de l’élevage et 60% de la commercialisation des produits agricoles en Afrique sont le fait de la femme rurale.

Particulièrement en Côte d’Ivoire, d’après le Recensement Général de la Population et de l’Habitat de 1998, même si dans le secteur agricole, seulement 25% des chefs d’exploitation sont des femmes et que le revenu de la femme représente en moyenne 22% de celui de l’homme, la production vivrière qui représente 70% de la valeur ajoutée agricole et la sécurité alimentaire sont assurées par la femme. Son accession à la propriété foncière demeure encore un vœu pieux. Le Gouvernement travaille dans le sens de réparer cette injustice. Les Institutions de Formation et d’Education Féminine sont à la disposition de la femme afin de bouter hors de la Côte d’Ivoire l’analphabétisme rurale. Le Ministère de la Famille, de la Femme et de l’Enfant, a initié, au cours du mois de septembre 2011, une formation à l’attention de cinq (5) groupements féminins issus de coopératives afin de leur donner des outils nécessaires à une meilleure gestion des leurs activités. Plus la femme du milieu rural maîtrise les mécanismes de production, mieux elle contribue de façon significative, à la sauvegarde de la sécurité alimentaire.

Le Gouvernement mesure la forte implication de la femme rurale dans la recherche de l’autosuffisance alimentaire ; particulièrement celle qui s’active dans la production de riz. Aussi, à l’endroit de celle-ci, recommande –t-il une amplification des initiatives à l’effet de permettre à la Côte d’Ivoire d’être autosuffisante en riz.

La satisfaction des besoins alimentaires sans cesse croissants des populations s’impose comme un défi à la femme rurale. Elle exige de ce fait un cadre de sérénité et de quiétude, d’où la nécessité de la restauration de la paix et de la cohésion sociale.  Dans ce contexte, il est aujourd’hui question, à l’échelle nationale, de réconcilier la Côte d’ivoire avec elle-même. C’est pourquoi le thème national de la Journée Mondiale de la Femme Rurale s’intitule « Rôle de la Femme Rurale dans la réconciliation nationale ». Ce thème est évocateur pour la Côte d’Ivoire en ce qu’elle met au cœur du processus de rétablissement de la paix et de la cohésion sociale, la femme rurale, celle-là même qui a été une victime majeure des crises. Rien ne peut se construire en Côte d’Ivoire sans l’apport de toutes ces femmes, qui très tôt le matin, organisent leur quotidien à partir du travail et de l’objectif qu’elles se sont assignés : lutter contre la pauvreté. Nous n’avons pas suffisamment démontré à la face du monde, à quel point leur implication dans la restauration de la cohésion sociale a été fondamentale pour la Côte d’Ivoire. Elles ont défié la pluie, le vent, le racket, les braquages, les violences et l’ingratitude. Elles n’ont jamais baissé les bras. Honneur à elles.

Le Gouvernement depuis le 1er juin, dans sa politique de développement des activités socio-économiques de la femme, met à la disposition de la femme rurale, un fond « Femme et Développement », qui servira à l’accompagner dans la mesure de ses possibilités. La Banque de la Femme est à l’étude, et c‘est ensemble, que nous éloignerons de la Côte d’Ivoire, les limites de la pauvreté. Que cette journée se présente pour la femme rurale, comme une journée de l’espoir et de projection dans l’avenir pour une Côte d’Ivoire réconciliée avec elle-même.

Vive la femme du Monde rural

Abidjan : Tout le monde veut être claire !

De nombreux produits demeurent dangereux pour votre santé !

Faut-il avoir la peau claire pour séduire ? Faut-il avoir la peau claire pour être belle ? Ou beau, d’ailleurs ? Nombreux sont les Abidjanaises et les Abidjanais qui répondent : oui ! Alors, pour séduire, à défaut d’être naturellement « clair », reste à s’éclaircir la peau.

Dans la capitale Ivoirienne, les habitués du rayon cosmétique savent où se rendre pour trouver de quoi entretenir leurs teints. Préoccupation ici très à la mode et en passe d’amorcer une vraie révolution. Il faut dire que si l’on ne parlait jusqu’ici que des femmes, les hommes ne sont plus en reste. Eux aussi ont cédé au doux chant des pommades, crèmes et autres produits éclaircissants. Une situation qui fait le bonheur et « les affaires » des commerçants.

Plaire à qui ?

Quel que soit le motif évoqué, le phénomène de la dépigmentation est bien réel à Abidjan. Si bien que des expressions sont nées pour le désigner : Tchatcho, teint Façonnable, salamandre, cirage…Comment en sommes-nous arrivés là ? Chaque Abidjanais, partisan ou réfractaire, a sa réponse. Pour le plus grand nombre, le phénomène de la dépigmentation c’est d’abord une affaire d’hommes. Entendez : « Si nous nous rendons belles, c’est surtout pour plaire au hommes ». Autre explication et non des moindres. « Au-delà du fait de plaire aux hommes, certaines femmes africaines nourrissent de véritables complexes face à la peau blanche. Le refus de s’accepter est toujours à la base d’une envie de changer« , soutient Sita, étudiante en sociologie. A cela, s’ajoute une folle envie de ressembler aux stars du cinéma et du petit écran. Enfin, il y a celles qui se dépigmentent pour leur propre plaisir. « On évolue dans la vie et dans le style aussi ! C’est une question de liberté et de choix« , affirme Assetou avant de conclure : « On ne change pas pour forcément plaire aux hommes mais avant tout pour son propre plaisir« .

No limits

 « Je pense bien que c’est surtout pour plaire aux hommes qu’un nombre important de femmes recourt à tous ces produits éclaircissants. Les hommes fondent littéralement quand ils voient les femmes claires. Cela contribue à complexer celles qui sont noires« , nous dit Géraldine. Assertion que confirme d’ailleurs certains hommes : « Je préfère les femmes claires mais celles qui le sont naturellement. Ça fait chic, ça fait classe« , souligne Marcel, informaticien. La chose étant entendue, si les hommes les préfèrent claires, claires elles seront. Dans cette quête, les produits éclaircissants sont leurs premières armes. Pour atteindre la bonne teinte, à la nuance près, elles ont recours à toutes les astuces. Dans cette affaire, le mot limite n’existe plus.

Ecoutons les expertes. Pour la composition des crèmes éclaircissantes, miser sur les produits ayant un fort taux d’hydroquinone. Un composant chimique dont l’action très corrosive sur la peau garantit un résultat rapide. Variante médicalisée : utiliser à forte dose les crèmes médicales habituellement prescrites pour les problèmes cutanés. Enfin, et pour celles qui ont les moyens, elles peuvent encore se faire faire des injections au sein des grandes cliniques de la Capitale. Voilà comment éviter la contrainte d’avoir à appliquer  une crème tous les jours. Tout y passe, tout est bon à prendre…ou presque.

Les beaux dégâts

D’avis d’experts, médicaux cette fois, les conséquences de la dépigmentation ont également le vent en poupe dans les hôpitaux. Brûlures graves, problèmes cutanés sévères, infections sous cutanées, odeur insupportable et pour ce qui est de la quête originelle, un teint difficile à situer : genoux et coudes noirs, menton plus rouge que clair… « C’est vrai que certaines femmes refusent d’admettre qu’elles ont recours à des produits éclaircissants mais quand elles sont devant nous chacune l’assume !« , souligne Docteur Kplé Thierry.

La dépigmentation n’est pas un phénomène nouveau : il s’est tout simplement amplifié. « Dans les années 70, les femmes ont commencé à se dépigmenter. Au départ c’étaient les cheveux qu’on lissait comme les blanches et après on est venu à la peau », précise Mme Béatrice N’cho. Face à ce retour en force ‘’des femmes claires’’, certains hommes ont décidé de retourner aux sources.  » Il y a tellement de teints clairs que je préfère chercher les noires : c’est plus authentique », confie Réné, enseignant. Certains Ivoiriens trouvent même qu’il est grand temps que la publicité pour les produits éclaircissants soit prohibée.

SUY Kahofi

Esther la mécanicienne du Plateau

Esther sous une voiture

Les difficultés de la vie ne doivent pas empêcher les femmes d’avancer

Si certaines jeunes filles qui ne vont plus à l’école rêvent de faire du commerce, la coiffure ou la couture, Esther décide de se lancer dans la mécanique. Voici donc une jeune fille dans un univers fait à l’origine (pour certains) pour les hommes et cela lui réussit bien !

Se salir pour gagner sa vie

Comme la  majorité des jeunes filles qui naissent en milieu urbain, LOHOUNE Esther Didi a eu la chance d’aller à l’école et aurait bien voulu faire de longues études. Hélas ! Les difficultés de l’existence humaine qui ne préviennent jamais avant de s’inviter dans nos vies l’obligent à renoncer à ce rêve. En effet Esther est en classe de Seconde Scientifique quand son père, un agent de la Télévision Nationale, rend sa démission et s’exile en Europe. Plus jamais il ne donnera de ces nouvelles à sa famille ! Esther voyant sa mère souffrir toute seule pour prendre soin de la famille renonce à ses études pour épauler sa mère. « Ma maman s’est mise à me chercher du travail mais personnellement je ne voulais pas faire les métiers qu’on disait tout fait pour les filles. La coiffure et la couture ne m’intéressaient pas alors je me demandais que faire ? » s’interroge la jeune fille. A cette question, la mère d’Esther trouvera très vite une réponse. Toute jeune elle rêvait de devenir mécanicienne et à défaut d’avoir pu réaliser ce rêve, c’est sa fille qui le fera. Esther nous raconte son arrivée à la mécanique « Ma mère m’a mise devant le fait accompli je dois dire. Un jour lors d’une balade à Treichville (Abidjan-sud) elle me fait passer devant un garage et m’indique une jeune mécanicienne en me posant la question : ‘’Que vois-tu ?’’ Et moi de lui répondre ‘’Je vois une fille en train de se salir’’ (rires) Ma mère insiste et me demande si je n’ai pas envie de faire ce métier. Comme toute réponse j’ai gardé le silence. Le lendemain autour de 5 heures du matin elle est venue me réveiller avec la même question et je lui ai dis ceci : ‘’Maman dans la vie tout s’apprend’’ ». Marché conclu entre la mère et la fille peut-on dire. Esther aura désormais pour univers le garage, le bruit des voitures et les petites moqueries des hommes !

« Il ne suffit pas d’être un homme pour être un bon mécanicien »

L’apprentissage ne fut pas facile ! « Dès le premier jour j’ai trouvé la caisse à outils si lourde que je me demandais si je n’allais pas déserter le garage ! (rires) » nous explique Esther. « Mon jeune patron (instructeur) a même parié que j’allais fuir comme toutes les jeunes filles qui s’étaient aventurées dans la mécanique. Nous avons fait un pari et je crois qu’aujourd’hui je l’ai remporté ! ». A force de courage et d’abnégation elle apprend son métier pendant sept ans avec une seule conviction : rien ne dit que la mécanique ne réussit qu’aux hommes. Elle n’a touché aucune rémunération durant son apprentissage : elle n’avait qu’une prime de transport pour rallier chaque jour le garage. Aujourd’hui, forte de son expérience c’est elle qui enseigne les rouages du métier aux étudiants sortis des centres techniques ! Elle regrette que ces derniers sortent des centres de formation avec des connaissances théoriques et vraiment rien côté pratique. Pour Esther le bon mécanicien est celui qui ne se presse pas dans le travail, qui prend son temps pour vérifier pièces par pièces en vue de trouver la panne et la réparer.

« Les femmes refusent que je touche leurs voitures »

La discrimination Esther la vit au quotidien. Les hommes ont tendance à la minimiser mais au final ils se rendent compte qu’elle maitrise son métier. « Un matin, un monsieur débarque avec sa voiture et demande à mon patron un bon mécanicien. Il me désigne et l’homme de dire : ‘’si c’est cette gamine qui doit toucher ma voiture je vais ailleurs’’. Le chef d’atelier insiste et il s’approche de moi pour m’expliquer son problème. Je fais le diagnostic de son véhicule et il veut me remettre les clés de sa voiture alors je lui dis : ‘’attendez que les grands mécaniciens arrivent pour réparer votre voiture’’ (rires) » nous raconte Esther. Finalement l’homme s’excusera en précisant qu’il a été vraiment surpris de voir une femme mécanicienne. Dans cette discrimination quasi quotidienne se sont les femmes qui s’illustrent d’une drôle de manière. Esther nous dira sans hésiter que se sont les femmes qui créent la véritable discrimination en refusant « qu’une autre femme s’occupe de leurs véhicules ». « Je suis choquée de voir des femmes avocates, juges, cadres de banque, ingénieurs, maires ou députés dire sans le cacher qu’elles préfèrent que les hommes s’occupent de leurs voitures. Comment voulez-vous que les hommes nous respectent quand nous même nous ne nous faisons pas confiance ? » s’interroge Esther. Pour elle sans le dire directement ces femmes sont en train de soutenir que seul les hommes doivent travailler !

Bien dans la tête et la peau

La mécanique n’est pas synonyme de saleté et Esther le montre très bien. En plus d’être belle elle s’entretien au quotidien. Un homme qui la verrait couverte de graisse ne lui dira certainement pas bonjour mais attendez qu’elle sorte de sa combinaison bleu pour sa robe de sortie ! A la voir toute ravissante et endimanchée, on se dirait qu’elle aurait pu être l’épouse d’un de ces gourous qui arrivent au garage en grosse cylindrée et dormir du matin au soir sans rien faire. Une vie facile pour une battante ? Jamais car avec Esther « il faut se battre pour mériter le respect des autres ».

SUY Kahofi

Le Nobel de la paix 2011 honore deux femmes africaines

Ellen Johnson-Sirleaf, la présidente du Libéria et Nobel de la Paix 2011

Le prix Nobel de la paix a été décerné vendredi à Ellen Johnson-Sirleaf, la présidente du Libéria qui brigue mardi un deuxième mandat, à sa compatriote Leymah Gbowee. Elles partagent le prix avec la Yéménite Tawakkul Karman, militante des droits des femmes et de la liberté de la presse. Les deux libériennes et la Yéménite sont récompensées pour leur combat pour la paix et les droits des femmes dans le monde.

Ellen Johnson-Sirleaf, première femme à avoir été élue présidente d’un Etat africain, a déclaré que ce prix constituait un hommage « aux nombreuses années de lutte pour la justice, la paix et le développement ». La présidente du Liberia, âgée de 72 ans, ancien haut cadre de la Banque mondiale et de la CityBank, s’était fait remarquer par sa détermination et son courage à s’opposer au chef de guerre Charles Taylor lors de l’élection présidentielle de 1997 qu’elle perdit. Encensée par la communauté internationale pour avoir réconcilié un pays meurtri et ravagé, elle est critiquée à l’intérieur pour la lenteur des réformes, des infrastructures de reconstruction et de la lutte contre la corruption au sein des sphères du pouvoir. « Nous l’acceptons au nom du peuple libérien, à qui revient tout le crédit », a-t-elle confié à la presse devant son domicile privé de Monrovia. Cette récompense intervient quatre jours avant une élection présidentielle dont l’issue est incertaine. La présidente sortante candidate à sa propre réélection affronte dans un climat tendu Winston Tubman, chef de l’opposition, ainsi que l’ancien chef rebelle Prince Johnson.

Après l’annonce du Nobel, les protestations les plus virulentes sont venues de son principal rival à la présidentielle de mardi Winston Tubman. Le dirigeant du Congrès pour le changement démocratique (CDC) joint par l’AFP, s’est indigné de cette désignation. « Mme Sirleaf ne mérite pas un prix Nobel de la paix, parce qu’elle a commis de la violence dans ce pays. Ce prix est inacceptable et non mérité ». Le président du comité Nobel norvégien a écarté l’idée selon laquelle la récompense serait une ingérence dans la campagne électorale au Liberia. Ce sera la deuxième élection présidentielle organisée dans le pays après la fin, en 2003, de 14 ans d’une guerre civile très cruelle qui a fait plus de 200.000 morts et mis à genoux une économie basée sur le bois, le minerai de fer et les diamants. Sa compatriote Leymah Gbowee est récompensée pour son travail de mobilisation et d’organisation des femmes de toutes ethnies et de toutes religions pour mettre fin à la guerre civile qui a déchiré le Liberia dans les années 1990 et garantir la participation des femmes aux élections. Agée de 39 ans, elle avait fait parler d’elle en prenant la tête d’une « grève du sexe » des Libériennes pour tenter de faire taire les armes dans son pays. Depuis sa création en 1901, seules 15 femmes ont reçu le prix Nobel de la paix.

SUY Kahofi

Côte d’Ivoire : Compendium des compétences féminines Ivoiriennes

La Première Dame de Côte d’Ivoire a invité les femmes à se mobiliser pour le respect de leurs droits

Permettre aux autorités Ivoiriennes d’avoir une base de données sur les femmes compétentes de Côte d’Ivoire en vue de rendre possible la parité homme femme dans les sphères politiques, administratives et économiques, voici la mission que s’est fixée la cellule présidentielle en charge des questions de genre et des affaires sociales. Cette cellule dirigée par Mme PEUHMOND, conseillère spéciale du Président Ivoirien chargé des questions de genre et des affaires sociales, vient de lancer le premier compendium des compétences féminines. Selon Mme YAO Euphrasie consultante internationale ce projet aura pour objectif de renforcer la visibilité, la participation et le leadership des femmes dans la gestion des affaires publiques et privée. Il aura également pour objectif d’identifier les secteurs où les femmes sont sous représentées.

Dans les faits, le compendium sera un annuaire des femmes compétences excellant dans divers domaines partant de la vendeuses du marché à la doctorante en économie. Le compendium sera à portée de main du Chef de l’Etat Ivoirien et de son Gouvernement pour qu’ils puissent faire appelle ou nommer les femmes en fonction de leurs capacités dans l’administration. Cette stratégie de promotion des compétences féminines s’impose car malheureusement en Côte d’Ivoire les femmes sont sous représentées dans les sphères de décision. Mme PEUHMOND, conseillère spéciale du Président Ivoirien chargé des questions de genre et des affaires sociales a souligné que le quota de 30% de femme dans la gestion des affaires publiques n’est pas encore atteint. Chiffre à l’appui elle a démontré que jusqu’à ce jour la Côte d’Ivoire ne compte aucune femme Préfet de Région, 1 consul sur 3 est une femme, seules 6 femmes figurent sur la liste des 47 chefs de mission diplômatique… Fort de ce triste constat, Mme Dominique Ouattara, la Première Dame de Côte d’Ivoire a invité les femmes à se mobiliser pour le respect de leurs droits et à lutter ensemble pour garantir un équilibre des genres dans tous les domaines de la vie publique.

Vu l’absence de statistiques préalables prenant en compte les compétences des femmes Ivoiriennes, les travaux visant à l’élaboration du compendium ne seront pas inscrit dans une durée de temps préétablie. Néanmoins une chose est sûre, toutes les femmes Ivoiriennes qui le souhaites, quelque soit leur niveau social seront répertoriées dans le compendium.

SUY Kahofi