Archives Mensuelles: août 2011

Une femme de conviction engagée contre le SIDA

Yapi Rolande Présidente de l'ONG Ruban Rouge

Chaque année qui passe permet au SIDA, le mal du siècle de gagner du terrain si bien qu’à ce jour un nombre important de personnes sont infectées à travers le monde. Au cœur de cette triste vie qu’est celle des malades, des bonnes volontés se sont regroupées au sein d’Organisation Non Gouvernementale pour apporter un peu de lumière et de bien être à ces malades. Elles se sont aussi données pour mission de porter l’information de la prévention contre la maladie aux personnes saines afin de les aider à ce protéger.

En Côte d’Ivoire, l’ONG Ruban Rouge Côte d’Ivoire est l’une des plus anciennes ONG de lutte contre le SIDA. Une jeune dame de cœur dirige cette organisation qui est très active. Mlle Yapi Rolande est la Directrice Exécutive de ruban rouge côte d’ivoire. L’ONG qu’elle dirige existe depuis le 1 juin 1994 et compte un peu plus de 150 bénévoles répartis sur toute l’étendu du territoire national. Ces personnes qui abattent un travail de sensibilisation sont sélectionnées sur la base d’un principe fondamental selon Mlle Yapi. « Il faut avant tout avoir de l’amour pour son prochain et surtout pour les malades car le plus grand problème avec le SIDA s’est la stigmatisation. Il faut savoir donner du réconfort à ces personnes qui sont rejetées par leurs familles ». Dans son hôpital de jour, l’ONG assure la répartition des ARV aux malades, réalise des séances de massage pour les soulager et s’occupe du suivi des mères infectées mais porteuse d’une grossesse. L’ONG distribue aussi des préservatifs, seul moyen de se protéger lors des rapports sexuels. Il est vrai que le SIDA se soigne mais ne se guérir pas hélas et pour Mlle Yapi, l’action la plus importante reste la sensibilisation. « Le SIDA est une réalité voici pourquoi l’ONG mène en priorité des actions de sensibilisation. Dans les entreprises, les lycées et collèges, les villages et les villes, Ruban Rouge ne perd pas une seule occasion de sensibiliser les masses sur le danger qui les guette ».

Plusieurs partenaires soutiennent Mlle Yapi et son équipe dans leurs actions : Geneva Global, la Banque Mondiale par le PUMLS, Equilibre et population pour être court. La bibliothèque de l’ONG offre aussi une documentation de qualité à tous ceux qui la fréquentent. « La bibliothèque reçoit des élèves pour leurs exposés, des étudiants pour leurs thèses, des journalistes pour leurs émissions…Elle joue un rôle important car par ces livres, chacun s’informe et se forme pour se protéger du SIDA ». La lutte se poursuit car il faut l’engagement de tous pour faire reculer la maladie. Aux amis et parents, il faut savoir que la stigmatisation tue. Il faut soutenir les malades en leur apportant amour et réconfort. Que chacun soit informé de son statu sérologique pour se protéger et protéger les autres.

Suy Kahofi

Fistule obstétricale : le calvaire des femmes de la honte

Pourquoi sont-elles rejetées ?

Dans nos hameaux les plus reculés, elles appartiennent à un club de rejetées. Aucun homme ne voudra d’elle c’est sûr ! Leur réputation de femme empestant l’urine et les excréments les précède. Elles n’ont jamais voulu être des victimes de cette maladie qui les emprisonne dans les cases mais hélas ! Les femmes de la honte exclues des cercles de danse et de réjouissance sont victimes fistule obstétricale, une maladie mal connu des masses et qui fait souffrir un nombre important de femmes. Dans nos quartiers et villages elles portent des noms que beaucoup ont déjà entendus : ‘’femme sans frein’’, ningin nin mousso (femme qui urine au lit en malinké)… Fistule obstétricale, vous avez certainement déjà entendu ce mot ou plutôt vous connaissez probablement cette maladie dont les causes sont des pratiques que les ONG de protection de la femme combattent chaque jour.

La fistule obstétricale c’est quoi ?

La fistule est un problème mondial, mais elle est surtout commune en Afrique où les cas de femmes atteintes sont légions. Elle survient d’ordinaire pendant un accouchement prolongé, quand une femme n’obtient pas la césarienne qui serait nécessaire. La fistule obstétricale est la constitution d’une communication anormale (une fistule) entre la vessie et le vagin (fistule vésico-vaginale) ou entre la vessie et le rectum (fistule vésico-rectale) survenant à la suite d’une grossesse compliquée. En des termes plus simples, la fistule obstétricale est le résultat de la rupture d’un nombre important de tissus entre la vessie et le vagin ou vessie et le rectum. Les mariages précoces sont d’une manière à l’origine de ce mal car qui dit mariage précoce parle aussi de grossesses et accouchements précoces. Un développement insuffisant du bassin de la jeune fille ne permettant pas le passage aisé du nouveau-né, l’accouchement laisse des séquelles graves.

Les conséquences

Les femmes atteintes de fistule obstétricale restent rarement sèche, elles dégagent une mauvaise odeur due à la présence d’urine et/ou de selles dans leurs vêtements. Elles sont souvent rejetées par leur époux ou leur partenaire, évitées par leur communauté et blâmées de leur état. Les femmes non soignées non seulement peuvent s’attendre à une vie de honte et d’isolement, mais risquent aussi de connaître une mort lente et prématurée pour cause d’infection et d’insuffisance rénale.

Le traitement

Vue précocement, la mise en place d’un cathéter dans la vessie permet de diminuer la pression sur les tissus et d’obtenir un certain nombre de fermetures spontanés des fistules. En cas d’échec de cette méthode ou si la patiente est vue tardivement, seule une réparation chirurgicale est possible. Même en cas de succès de la fermeture, une incontinence peut subsister, par lésion des sphincters de la vessie, dont le traitement reste complexe et aléatoire.

Que faire pour prévenir ce mal ?

La fistule obstétricale, le plus dur c’est de pouvoir se confier à quelqu’un. Aussi dans votre entourage, si vous connaissez une femme de qui ‘’on dit qu’elle fait pipi au lit’’ établissez le contact car vous pouvez la sauver ! Rien ne sera facile mais vous ne perdez rien à essayer parce que quelque part un parent à vous ou une de vos connaissances peut en souffrir. S’engager à lutter contre les mariages précoces c’est aussi faire front à cette maladie. En retardant les premiers accouchements, les femmes ont plus de chance d’atteindre leur maturité pour pouvoir mettre au monde des enfants bien portants et elles aussi préserver leur être. La fin de la stigmatisation de la fistule pourra aussi permettre aux femmes d’en parler autour d’elles. A ce niveau les leaders d’opinion et responsable des structures étatiques pourront mettre un accent sur les campagnes de proximité. Afin le traitement préventif le plus efficace reste l’amélioration des conditions socio-économiques permettant une prise en charge médicale correcte des accouchements difficiles.

Suy Kahofi

Retrouvez via ce lien un reportage de la VOA sur le sujet http://www.youtube.com/v/WDabJamj_mY

La série ‘’C’’ n’est pas un dépotoir pour femmes incapables

« Quand on n’aime pas quelque chose on ne le fait pas ! »

En Côte d’Ivoire quand une jeune fille n’a pas pu réussir à l’école ces parents la prédestinent le plus souvent pour la coiffure ou la couture. Il n’est donc pas surprenant de voir dans cet univers passionnées et filles obligées par la famille se côtoyer avec des moments de tension.

Professions dévalorisées ?

« En classe de 3ème à la suite d’une grossesse contractée en pleine année scolaire mes parents m’ont obligé à faire le difficile choix entre garder l’enfant et arrêter les cours ou m’en ‘’débarrasser’’ et continuer. Adolescente je considérais cet enfant comme le fruit d’un Grand amour. J’ai gardé l’enfant et pour me prendre en charge mes parents m’ont trouvé un atelier où j’ai appris la couture sur le tas ». Comme Nikèse de nombreuses jeunes filles qui sont aujourd’hui accoudées à leurs machines à coudre dans les ateliers sont des filles venues à la couture par nécessité. Les difficultés de la vie et les erreurs de jeunesses pour certaines les ont obligés à se rabattre sur ce métier. On pourrait dire que c’est au fil du temps que l’amour de confectionner des habits est arrivé. A analyser de prêt la couture comme la coiffure sont des professions comme les autres et il n’y a aucune honte à les pratiquer puisse qu’elles rapportent de l’argent. En Côte d’Ivoire malheureusement, ces professions passent pour être le point chute des femmes incapables. Cette mentalité est tellement ancrée dans la mémoire collective que le célèbre groupe de zouglou ivoirien Espoir 2000 en a fait un hymne. Dans cette chanson très appréciée dans les maquis, la femme ivoirienne dépeinte comme un être vivant au crochet des hommes et ne sachant rien faire de ces dix doigts est bonne pour la coiffure et la couture. C’est d’ailleurs a ce groupe qu’on doit l’expression série C ! Pour la catégorie des couturières et coiffeuses venues à ces métiers par amour c’est le comble de l’injure. « Quand une jeune fille se prostitue les hommes sont les premiers à se plaindre. La société la rejette et elle devient le contre exemple parfait pour sa communauté. Si cette même s’adonne à la coiffure ou à la couture on trouve encore que c’est parce qu’elle ne veut rien faire qu’elle choisit ces métiers. Alors dite-moi à quoi se prédestine une femme ? A la cuisine ? A faire des enfants ? » s’interroge Kouassi Antoinette la coiffeuse du marché de Treichville fière de 12 ans d’ancienneté. En plus des préjugés liés à la coiffure et la couture, Antoinette est convaincue que si ces métiers ne sont pas respecté c’est aussi en parti la faute de celles qui les pratiquent. « Quand dans un atelier l’apprenti à le courage de dire à son patron ou sa patronne ‘’c’est parce que je n’ai pas pu poursuivre mes études que je suis ici’’ ! Entendre une petite fille vous dire ça c’est difficile à supporter surtout quand vous êtes à la coiffure par amour ».

Revaloriser la coiffure et la couture

Plaikaissi Jether est élève Centre de Formation Michelle Yakice d’Abidjan, une école de couture officiellement reconnue par les autorités Ivoiriennes. Depuis sa tendre enfance elle rêvait d’habiller les mannequins sur le T. Elle ne vit que pour la couture et de ces premières poupées qu’elle habillait toute petite à ce jour c’est son rêve qui se concrétise chaque jour. A voir le sérieux des cours de son école et sa manière d’accorder de l’importance à tout ce qui touche à la mode, on comprend qu’elle veut montrer à tous ceux qui minimise la couture qu’ils ont tord. « La couture est un métier noble et je refuse que certains pensent que se sont les ratés qui y viennent ! Dites moi si dans ce pays les grands couturiers ont quelque chose à envier aux autres chefs d’entreprises ? » me demande Jether. Elle a bien raison de me poser cette question car c’est sûr que le carnet d’adresse d’Alphadi, Pathéo, Nicole Bouabré, Ciss Saint Moïse et les autres grands couturiers d’Abidjan sont tout aussi fournis que celui de n’importe quel autre homme d’affaire. Leurs noms sont devenus de véritables marques déposées et des sésames dans le pays. Quand on décide de faire la coiffure et de la couture pour s’en sortir et surtout par amour, on est récompensé et c’est ce que soutien Gilles Touré, couturier de renom Ivoirien. « Il faut arrêter de penser qu’on vient aux métiers de la mode par nécessité et pour cela il faut que les mentalités changent en commençant par les parents qui doivent faire l’effort de demander à leurs filles ce qu’elles veulent faire au lieu de les contraindre à accepter un métier qu’elles n’aiment pas ». Il faut donc revaloriser les métiers de la mode mais comment le faire pour que les femmes qui les pratiquent ne soit pas mal vu ; N’dri Benjamin, chef d’atelier dans un magasin de confection pense avoir des pistes de solution. « Aujourd’hui quand vous prenez les chambres d’artisanat et même de commerce, les coiffeuses et les couturières occupent une place importante. Aussi pour aider nos sœurs qui sont des piliers de la société, il faut des fonds d’aide et de promotion pour les femmes. Elles doivent avoir les moyens d’équiper leurs salons et leurs ateliers. A côté de cela penser à vraiment accompagner les centres de formation en acceptant les diplômes d’Etat. A ce jour en Côte d’Ivoire, seul le CAP couture est officiellement reconnu or nous avons des patrons qui ont des centres capables de former au BTS ».

SUY Kahofi

Micro trottoir : Pour ou contre l’égalité des salaires homme/femme

A diplôme égal, un salaire égal !

Le débat sur l’égalité des salaires homme femme est encore présent en Côte d’Ivoire. D’un côté ceux qui à la lumière des lois estiment que les femmes doivent avoir un salaire semblable à celui des hommes et de l’autre ceux qui pensent que la « femme Ivoirienne ne fait rien avec ce qu’elle gagne » et qu’à ce titre elle doit se contenter de ce qu’elle touche !

« Elles vont avoir le même salaire que nous pour quoi ? »

Ils sont des hommes de couches sociales et de niveaux intellectuels différents, ils ne se trouvent pas vieux jeu, ne pensent pas non plus être des ennemis de la femme ou même être contre leur émancipation. Leur seule logique c’est que la femme Ivoirienne fait preuve d’un manque de maturité si grand que le débat autour du salaire homme/femme ne doit pas se poser. Premier argument qu’ils défendent : la femme Ivoirienne ne fait rien avec ce qu’elle gagne ! « Prenez un ratio de 100 foyers Ivoiriens. Dans 60% d’entre eux l’homme fait tout, dans 30% la femme fait l’effort d’épauler l’homme et dans 10% d’entre eux la femme pèse plus que l’homme au plan finance » nous explique Mr Koissy Joachim chargé de donné dans un cabinet d’étude privé. « Ces chiffres sont vérifiables au quotidien, dans nos quartiers et à chaque coin de rue. Même dans le parlé des femmes on arrive à desceller celles qui assurent des charges dans leurs foyers et celles qui attendent tout de l’homme » conclu-t-il. En effet de nombreuses femmes sont convaincues que l’homme étant le chef de famille, toutes les charges de la maison lui reviennent ! « Même la boite d’allumette qui ne coûte 25 f CFA elles sont obligés de nous attendre pour l’acheter. Quand vous avez le malheur de leur demander si elles ne travaillent pas, elles vous répondent que leurs salaires sont là pour leurs besoins personnels » affirme Mr Yanon Jacques enseignant. La femme doit donc travailler pour s’acheter sa pommade, son tissage, son rouge à lèvre, ses pagnes qui ont déjà remplis tous les placards et malles de la maison…Elle s’entretien donc avec son salaire et rien d’autre ! « Alors quand vous voulez seulement utiliser ce que vous gagner pour ‘’briller’’ et laisser les hommes souffrir seuls ; comment voulez-vous que l’autorité vous donne un salaire comme celui des hommes ? » s’interroge Mr Sanogo Drissa chef de distribution de produits pharmaceutique. « A diplôme égal, un salaire égal comme on l’entend chanter par moment mais moi de dirais à engagement familial égal et salaire égale » soutien Koffi N’guessan Yannick ingénieur TP. Alors Mesdames, qu’en pensez-vous ? « Certaines de nos sœurs exagèrent ! Il arrive qu’elles touchent plus que leurs maris à la fin du mois mais elles se rabattent toujours sur le peu que monsieur gagne pour les besoins de la famille. Je pense que si nous voulons trouver une oreille attentive dans ce combat pour l’égalité des salaires il va falloir changer notre manière de faire dans nos foyers » affirme Sonia Aka assistante de direction.

L’égalité des salaires s’impose

Si de nombreuses femmes comme Sonia Aka estiment que la balle du changement se trouve entre les mains des femmes, elles sont aussi nombreuses à soutenir qu’au-delà des critiques l’égalité des salaires est une question de droit. Le droit ne peut pas dire une chose et son contraire ! « Le préambule de notre constitution le dit clairement : chaque homme, chaque femme dans ce pays naissent égaux en droit. Alors pourquoi donner plus à un homme pour le même travail qu’il produit aux côtés d’une femme ? » se demande Chantal Anzian étudiante en droit. « On peut reprocher beaucoup de chose aux femmes entre autre leur manque d’engagement dans leurs foyers mais pour une question de respect de la loi fondamentale de notre pays, je crois qu’un ajustement salarial s’impose » conclu Chantal. Pour Kra Isidore, agent municipal la Côte d’Ivoire doit s’approprier réellement le concept d’émancipation de la femme en encourageant les femmes à tous les niveaux. « Je crois que les femmes méritent amplement de toucher le même salaire que les hommes pour le même boulot. On parle souvent de leur manque d’engagement dans leurs foyers mais je dois vous avouer que je connais des familles à Abidjan où se sont les femmes qui font tout ! Le moment est donc venu de rendre à César ce qui appartient à César ». « Je pense que le monde a trop évolué pour que cette conception aussi archaïque du traitement salarial homme/femme puisse subsister. Nous méritons nos salaires et ce que nous devons en faire n’engage que nous seule pour celles qui vivent seules et nos maris pour nous qui sommes passés devant le Maire ! » déclare Mme Broh Hortense gérante d’une structure de micro-finance. « Dans un couple tout est une question d’éducation de la femme. L’homme est celui qui porte la culote comme on le dit et à ce titre il doit clairement définir ce que son épouse doit faire. Si elle refuse de contribuer aux charges de sa propre maison en disant que son argent appartient à ses parents, c’est qu’elle n’est pas prête pour une vie à deux » nous explique Mme Broh. Les femmes pour jouer pleinement leur rôle de pilier de la famille comme c’est déjà le cas doivent aussi recevoir de la société des engagements clairs quant à leur épanouissement. Cela passe par la revalorisation de ses acquis sociaux et surtout la reconnaissance de ses efforts. Ce n’est donc pas trop demander aux hommes de permettre aux femmes de toucher le même salaire qu’eux. Tout est une question de savoir comment amener la femme à partager les charges au quotidien.

Suy Kahofi

Les femmes de la société civile s’engagent pour la paix

Apres la lutte pour la démocratie place a la relance économique

Les Organisations féminines de la société civile ne veulent pas jouer les seconds rôles dans une Côte d’Ivoire nouvelle à l’heure où l’on parle de plus en plus de paix, de réconciliation mais surtout de reconstruction. Les femmes Ivoiriennes représentent en effet un peu plus de 52% de la population et elles demeurent un maillon indispensable dans la chaîne de développement économique. A ce titre il est quasi impossible de parler de reconstruction sans leur faire appelle. Les femmes Ivoiriennes pourtant reviennent de loin car à vouloir œuvrer pour le respect de la démocratie elles ont payé leur engagement de leurs vies ! Namizata Sangaré de l’OFACI, l’Organisation des Femmes Actives de Côte d’Ivoire nous fait le point sur la situation des droits de la femme en Côte d’Ivoire. « Avoir tout ce qui s’est passé dans ce pays je me demande bien si des femmes ont des droits ! Pour une histoire d’élection des femmes ont été tuées, violées, ont été victimes de licenciement et certaines ont perdu leur fond de commerce car il a servit à nourrir la famille. Certaines femmes sont aujourd’hui des veuves et n’ont aucun soutien ».

Pourtant ce triste tableau de la situation de la femme ne saurait désarmer les animatrices des Organisations féminines. Le Centre Féminin pour la Démocratie et les Droits Humains en Côte d’Ivoire en abrégé CEFCI vient d’asseoir une stratégie qui vise à amener les femmes Ivoirienne à jouer un rôle plus important dans le processus de réconciliation. Nathalie Koné la Présidente du CEFCI estime qu’il est impossible de parler de réconciliation sans se référer aux femmes « car une femme qui pardonne c’est une nation qui panse plus vite ses meurtrissures ». En quoi consiste la stratégie du CEFCI et quelles sont ses enjeux ? Elément de réponse avec la Présidente de l’organisation. « L’enjeu principal c’est que nous voulons former les organisations de la société civile pour qu’elles soient à même d’exister, de se pérenniser et aussi de mener des actions à impact sur le terrain avec les populations à la base. Il faut aussi former pour que ces associations puissent participer au processus de réconciliation et au mouvement de développement post-crise ». Les femmes doivent être formées pour accompagner au mieux le processus de réconciliation mais attention à ne pas oublier de prendre en compte leurs difficultés existentielles. Namizata Sangaré Présidente de l’OFACI. « C’est vrai qu’il faut parler de paix et de réconciliation mais il ne faut pas oublier d’accompagner les femmes. Si vous allez croiser une femme qui a perdu son mari et que vous lui parlez de réconciliation, elle vous écoutera une fois, deux fois mais pas une troisième fois car elle à d’autres problèmes d’ordre existentiel. Il faut donc trouver des moyens pour que les femmes puissent de nouveau se prendre en charge car nombreuses sont celles qui sont aujourd’hui chef de famille ».

Comme hier pour l’enrôlement sur les listes électorales, le vote de la présidentielle et les nombreuses marches pour la démocratie, les femmes répondent oui à l’appel de la mère Patrie pour l’unité mais attendent un soutient ferme de la part des nouvelles autorités.

SUY Kahofi

Mes jus : mon entreprise !

Sous le soleil elles gagnent leurs vie en désaltérant les passants !

Elles ont entre 25 et 55 ans et elles partagent une même activité : la commercialisation des jus en sachet. Jus de bissap, de gingembre, d’orange, de lait à la menthe et j’en passe…il y a en a de tous les goûts et de toute les saveurs pour attirer les clients. Grâce à leur commerce, elles nourrissent leurs familles respectives et réalisent leurs projets. N’dri Marceline vient de souffler ses 28 bougies et cela fait 4 ans qu’elle vit de la vente de jus. Elle a démarré son activité avec la somme de 5000 f CFA. « J’ai abandonné l’école à cause d’une grossesse que j’ai contractée en classe de première. Mon père n’était plus prêt à me scolariser. J’ai donc choisi de vendre des jus ! Mon fond de commerce vient de ma mère » souligne t’elle. Grâce à ce commerce dans les rues d’Abidjan elle a pu réunir l’argent pour financer des cours du soir et passer son BAC. Malgré le fait qu’elle sera bientôt institutrice adjointe dans un village de la Côte d’Ivoire, elle n’attend pas arrêter cette activité. « A mes débuts je vendais seul mais aujourd’hui j’ai avec moi 4 jeunes filles. Elles m’aident à préparer les jus et à les vendre : c’est donc une PME que j’ai. Si j’arrête ces jeunes filles se retrouveront sans emploi ».

A l’image de Marceline, Mme Kouamé Brigitte vend des jus en sachet sur les marchés d’Abidjan. « Lorsque je me suis marié je n’exerçais aucune activité car mon homme est allé me chercher au village où j’aidais mes parents dans les travaux champêtres. A Abidjan j’ai vu que les femmes (pour certaines) ne se tordaient pas le pouce en longueur de journée mais avaient des activités. J’ai voulu faire un magasin de vente de pagne mais au dernier moment j’ai opté pour les jus ». Au début son mari a eu du mal à la comprendre mais aujourd’hui il sait que sa femme a réussit son pari. Mme Kouamé possède cinq congélateurs qui sont entreposé dans une grande salle. Au fil de la journée des jeunes gens à vélo viennent remplir leurs glacières et retournent dans les rues de la capitale. Le secret de leur réussite, ces deux Dames le doivent à leur persévérance et l’amour de ce commerce. « Souvent lorsque vous regardez vos bénéfices vous avez envie de tout arrêter tellement les chiffres sont insignifiants mais à ce moment vous devez vous dire qu’il faut persévérer » affirme Marceline. Les petites astuces pour faire les bons jus diffèrent d’une femme à l’autre mais la propreté et l’hygiène des ustensiles dans la préparation et le conditionnement des jus est très important. Mme Kouamé nous dira tout simplement que la meilleure manière de réussir dans ce milieu c’est de faire des jus pour la vente comme si on le faisait pour nous même.

SUY Kahofi

Le calvaire des petites servantes d’Abidjan

De nombreuses agences de placement poussent à Abidjan

Elles sont les ‘’aides de camp’’ des femmes au foyer trop absorbées par leurs activités professionnelles pour s’occuper de certaines tâches ménagères. Elles, se sont les petites servantes d’Abidjan, les nounous, les bonnes comme certains continuent de les appeler. Nous les avons rencontrés et leur existence n’est pas du tout rose !

Filles exploitées à tous les niveaux

Dans un super-marché d’Abidjan la capitale Ivoirienne on peut lire cette petite annonce : ‘’jeune fille sérieuse, sachant faire la cuisine et gentille chercher un emploi de garde d’enfant ou servante. Contactez l’agence au 09…….’’. Ce type d’annonce qui sont souvent visibles à tous les coins de rue d’Abidjan sont placardées par des agences de placement de personnel de maison. C’est généralement à ces agences que les filles désœuvrées s’adressent en vu de trouver un boulot chez les familles aisées de la ville. Malheureusement c’est à partir de la prise de contact avec l’agence que les problèmes commencent. Souvent illettrées et de milieux défavorisés, elles apposent sans le savoir une croix ou un semblant de signature sur des documents qui font d’elles de véritables esclaves. Pour un salaire qui excède rarement les 50.000 f CFA, l’agence ou les démarcheurs percevront entre 25 et 35 % chaque mois. La jeune fille travaille finalement pour 25.000 à 35.000 pour 30 jours ! Une fois l’employeur trouvé les problèmes ne s’arrêtent pas et Mélanie, une servante à Cocody Sainte-Marie nous en parle dans un français bricolé pour la circonstance. « Vraiment travail de servante, si tu n’es pas courageuse tu ne peux pas faire ça ! Tu peux tomber sur n’importe qui : des personnes qui sont gentilles, d’autres méchantes. Tu travailles de 4 h 30 jusqu’à ce que tout le monde dorme et ce n’est pas tout il y d’autres problèmes ». A ce niveau de notre échange c’est Blandine Koffi qui une garde-bébé qui témoigne. « Si tu es un peu joli c’est fini ! Si ce n’est pas le patron qui met sa main dans ton soutien-gorge et tape tes fesses du matin au soir, se sont ses enfants qui veulent faire ‘’chat noir’’ sur toi la nuit ! » Le mot est lâché la pratique du ‘’chat noir’’ ou le harcèlement sexuel à haute intensité des nounous. Notre micro tendu vers les populations et nous nous rendons compte que le phénomène est bien connu. « Le chat noir désigne le mari ou les enfants de la maison qui la nuit tombée rampe pour tenter d’abuser des filles de ménage une fois la maitresse de maison endormie. Si elle ne cède pas, se sont les menaces ou le renvoi » nous explique Kablan un démarcheur. Malheur pour la jeune fille si à tord ou à raison la maitresse de maison soupçonne une relation entre elle et le mari. La tension s’installe et le plus souvent les jeunes filles sont battues. Savanneh Glwadis qui est aujourd’hui une tranquille vendeuse dans un magasin sait ce que peut être la furie d’une maitresse de maison cocufiée. « Je cherchais un peu d’argent pour payer des cours de formation qualifiante et j’ai commencé à travailler chez une dame. Elle croyait que je couchais avec son mari. D’injures en injures elle est arrivée à me percer la tête avec le talon de sa chaussure ! J’ai souffert longtemps de problème à la tête : le monsieur a présenté des excuses à ma famille et m’a soigné mais jusqu’à ce jour sa femme est convaincue que j’avais une relation avec son homme ».

« Nous sommes aussi des hommes »

Violentées, affamées, jalousées par leurs employées, les servantes doivent se battre souvent pour manger et toucher leurs salaires à la fin du mois. Cocody, Yopougon, Port-Bouët… à chaque quartier ses réalités, à chaque fille son histoire mais dans l’ensemble on retiendra que des traitements inhumains sont souvent réservés aux jeunes filles. Bien sûr certaines d’entre elles s’illustrent négativement en commettant des peccadilles qui obligent les employés à retenir leurs salaires. Les autorités Ivoiriennes et les ONG conscientes des difficultés que vivent ces filles ont sommé les agences d’observer certaines règles. Il est désormais interdit aux agences et aux employeurs de faire travailler des mineurs et d’appliquer des sévices corporels aux jeunes filles. En cas de violation de ces principes elles peuvent porter plainte. Encore faut-il que les autorités policières leurs reconnaissent des droits dans la mesure où elles partent défavorisées face à leurs ‘’bourreaux’’ ! Ce combat pour la reconnaissance des droits des servantes est à mettre à l’actif de l’AIDF (Association Ivoirienne pour les Droits de la femme) de Dame Constance Yahi. L’AIDF continue la sensibilisation à tous les niveaux pour que les filles de ménage soient traitées comme des êtres humains et non comme des esclaves. « Je crois qu’il est très dangereux de maltraiter ces filles car elles tiennent la vie de toute la famille entre leurs mains » affirme Kouassi Hugues assistant social. « Elles font la cuisine pour toute la maison, elles gardent nos enfants et les accompagnent à l’école…Imaginez vous si elles sont habitées par le désire de se venger à la suite d’un mauvais traitement : il suffit d’une substance nocif dans une seule sauce et c’est le malheur ! » nous explique Kouassi Hugues. Pour l’assistant social, la meilleure manière de faire de ces filles des personnes vraiment utiles c’est de les traiter dignement. « Chaque fille qui nait dans une famille est appelée à devenir demain quelqu’un au service d’une famille ou même d’une entreprise. A ce titre chaque femme est quelque part une servante potentielle. Alors faites à la fille d’autrui ce que vous voulez pour votre propre fille » conclu-t-il.

SUY Kahofi

Pourquoi les femmes demandent autant le divorce ?

Les liens sacrés du mariage ne tardent plus à se rompre !

Elles sont nombreuses aux portes des Mairies, dans les Eglises, sur Internet et dans les agences matrimoniales à la recherche de l’homme de leurs vies. Les femmes depuis leur tendre enfance aspirent à une vie de couple. Certains symboles de la tendre enfance le montre déjà : elles jouent à la poupée en incarnant la mère, les dînettes plantent décor de la cuisine et elles grandissent dans la tête plus vite que les hommes. Pourtant en Côte d’Ivoire, pays de la présente enquête les femmes qui aiment tant le mariage sont celles qui demandent le plus la séparation. Faisons d’abord un Etat des lieux. Le vendredi matin est le jour où le tribunal du Plateau prononce les décisions de divorce. Au moins 6 divorces sont prononcés chaque vendredi se qui représente à peu près de 300 cas en une année. Maître Jean-Jacques Allouko, avocat qui a l’habitude des plaidoiries de divorce nous donne ici les principales caractéristiques des demandes de divorce en Côte d’Ivoire. « Environ 60% des candidats au divorce sont des couples de jeunes dont l’âge varie entre 35 et 40 ans. Parmi eux, certains ont moins d’une année de mariage. De façon générale, les demandes en divorce concernent toutes les tranches d’âge et d’années de mariage. Parmi les dossiers que nous traitons, les demandes en divorce émanent le plus des femmes ». Pourquoi autant de femmes demandent-elles le divorce ? Notre petite enquête montre très clairement que les problèmes de maltraitance, de manque de considération et d’incompatibilité d’humeur sont des arguments fallacieux. Deux causes sont à l’origine de cette situation : l’infidélité et l’impuissance sexuelle. La première cause du divorce est l’infidélité : elle émane des deux parties. Aussi bien chez la femme que chez l’homme. Les femmes infidèles, sûres de trouver le bonheur ailleurs n’hésitent pas à demander le divorce. « Toujours avides de sensations fortes, elles en veulent toujours plus au lit. Eternelles insatisfaites c’est à peine si elles se cachent avec leurs amants. Si elle ne demande pas en premier le divorce, elles vous poussent à le faire car la femme sait que l’homme pardonne difficilement l’adultère chez sa femme » souligne Kouamé Patrice fraîchement divorcé. La deuxième raison et surtout la plus importante est l’impuissance sexuelle de l’homme. Et à ce niveau les femmes ne le cachent pas. « La vie de couple c’est aussi ce côté des choses. Si la femme ne trouve plus son compte et que le compteur enfant est à zéro depuis 5 ans de mariages mais elle se cherche. On ne passe pas sa vie avec un vendeur de Bonbon glacé ! » nous lance très clairement Yasmine Bamba. A ce niveau certains accusent l’Eglise et son principe de chasteté. Des hommes de Dieu poussent des jeunes filles entre les mains de personnes qui connaissent leurs problèmes de santé mais qui souvent refusent de se soigner. Après le mariage on le découvre et les problèmes commencent !

« Un homme qui ne t’a jamais touché et tu acceptes de l’épouser sous prétexte que c’est un frère en Christ. C’est quand même risqué ce genre de chose et quand les femmes le découvrent elles préfèrent partir » souligne Agnès Kouamé commerçante. Le problème d’infidélité et d’impuissance sexuelle peuvent se régler. Selon l’Evangéliste Dion Privat « quand on aime on ne trompe pas son partenaire ou sa femme et quand on est impuissant on a le courage de se soigner ou de prier pour recevoir la guérison divine ! ». L’Evangéliste conclue en nous disant que le divorce est le symbole du manque d’amour ou de l’amour qui n’a jamais existé entre deux individus. Pour lui quand on aime c’est pour la vie.

Suy Kahofi 

Ces femmes qui apprennent ‘’des métiers d’homme’’

Rivaliser avec les hommes sur tous les plans

L’enseignement technique et la formation professionnelle sont des branches de l’éducation qui donnent l’opportunité à tout apprenant de pouvoir s’insérer plus rapidement dans l’univers du travail une fois sa formation achevée. La théorie ne représente que ¼ du temps de cours et la pratique fait l’essentiel du programme. Les diplômes sont bien différents du système de l’enseignement général : ici on parle surtout de Certificat et de Brevet. Les métiers de la liste de ce système d’enseignement sont multiples : elle part des filières bureautiques (secrétariat, comptabilité) aux métiers du bois, de la construction, de la soudure, de l’électricité pour ne citer que ceux là. Si certaines filières ont été féminisées par l’opinion publique, il n’en demeure pas moins que celles qui semblent être réservées aux hommes sont de plus en plus envahies par les femmes. Pour découvrir ces femmes qui apprennent des métiers d’homme, nous avons fait le tour des Lycées d’enseignement technique pour les voir à l’œuvre. L’exemple précis de l’une d’entre elle nous a permis de mettre en lumière les difficultés qu’elles vivent.

Tournevis et boulons en mains Yah Lydie achève la réparation d’un ventilateur dans l’atelier dont elle est la responsable. Cette maman de 30 ans est titulaire d’un BT en électromécanique qu’elle a obtenu au Lycée Technique de Jacqueville dans le sud de la Côte d’Ivoire. Elle livre ici sont témoignage. « Lorsque j’étais en classe de Première, j’ai décidé de quitter l’enseignement général pour une filière technique. Je ne voulais pas être comptable, aide soignante ou secrétaire. Je voulais faire quelque chose qui me distingue nettement des autres amies. J’ai choisi d’être électromécanicienne. J’aime ce travail et l’apprendre est une chose passionnante. Lorsque j’arrivais dans l’enseignement technique, il n’y avait pas beaucoup de femmes dans les filières mécaniques. Mais aujourd’hui elles viennent. Ici on ne nous considère pas comme des femmes. Nos formateurs nous disent ceci : l’enseignement technique est unisexe, les femmes sont des hommes. Je me rends compte que c’est vrai. En ateliers je manœuvre ma lourde meule toute seule. La galanterie n’existe pas ici ! Les femmes aussi souffrent énormément. Elles sont victimes de harcèlement : elles ne sont pas aussi nombreuses dans les centres et certains professeurs veulent tout de suite coucher avec elles. Certains te proposent des notes, si tu refuses ils tombent dans les menaces et tu finis par être l’ennemi de tout le corps professoral, solidarité du corps oblige. Le plus important je le dis aux autres filles c’est de savoir pourquoi tu viens apprendre ce métier. Ici une fille s’impose, ou elle se fait marcher dessus. Rien n’est impossible et j’invite mes sœurs à nous rejoindre pour montrer aux hommes que nous aussi nous pouvons rivaliser avec eux sur tous les plans ».

SUY Kahofi

La production de l’attiéké

L’attiéké en pleine cuisson

L’attiéké est le plat national en Côte d’Ivoire. Ce met originaire du sud de l’Eburnie est fait à base de manioc et sa production est une activité exclusivement féminine. Il faut au minimum cinq jours pour que les paniers d’attiéké atterrissent sur le marché. Une fois le manioc déterré au champ ou acheté chez les cultivateurs, la première étape est celle du concassage. Les tubercules de manioc sont épluchés et cassées en petits morceaux pour ensuite être broyés à la machine après lavage. Dans certains villages où il n’y pas de broyeuses, les tiges sont râpées à la main pour obtenir la pâte de manioc. Pour obtenir une pâte au goût légèrement relevé les femmes ajoutent généralement une ou deux tiges de manioc fermenté. Cette pâte est mise en sac et mise sous pressoir. Une fois le jus d’amidon totalement passé, la pâte devient compacte : les femmes la retirent et passent à l’étape du calibrage. La pâte solidifiée est réduite en semoule par le canal d’un tamis. Les grains sont séparés par taille et mis à sécher sur des toiles en plastique. Une fois sec, les grains sont portés à la cuisson dans un dispositif qui pourrait être comparé à une couscoussière (voir photo). C’est grâce à la vapeur d’eau que les semoules arrivent à cuire comme avec le couscous. Une fois la cuisson achevée, l’attiéké est retiré. On le laisse refroidir un moment en le retournant régulièrement avec un manche. L’attiéké est ensuite conservé dans des paniers ou des petits sachets et livré sur le marché. L’attiéké s’accompagne de poisson fris, de sauce ou de poulet. Il est conseillé de le manger la journée pour faciliter sa digestion. Faire un séjour en Côte d’Ivoire et ne pas manger un bon petit plat d’attiéké c’est comme visiter Paris et refusé de lever la tête pour admirer le Tour Eiffel. L’attiéké est une source de revenu importante pour plusieurs familles. Le village de Boly Gare au centre de la Côte d’Ivoire est un exemple de réussite par la commercialisation de cette denrée. De nombreuses femmes ont modernisé ce village en construisant des bâtiments neufs et en développant plusieurs autres activités avec l’argent de leurs ventes. En Côte d’Ivoire comme partout dans le monde les activités de femmes font vivre un nombre important de personnes !

Suy Kahofi